‹ Les recluseriesChapitre 44 sur 112 · CHAPITRE v. III · texte numérisé non relu

CHAPITRE v. III

pour in recevoir une réponse aussi brève; mais elle n'en est pas moins sage pour être courte et moins précieuse pour être dure. C'est une de ces perles brutes qu'on trouve an fond des mers.

La troisième pièce se compose des trois lettres de Godefroy de Vendôme à Hervée et à sa femme , Eve , tous deux reclus.

La première, est une pieuse exhortation pleine de foi à continuer leur vie sainte. Les motifs qu'il fait valoir sont généraux : la brièveté de la vie, la récompense future, l'incertitude où l'on est, même dans l'état le plus sublime , de posséder la grâce de Dieu. Voilà ce que l'abbé de Vendôme retrace avec beaucoup d'àme à nos reclus, sans qu'une seule parole y ait trait à la spécialité de leur profession.

La seconde épître est encore adressée au reclus Hervée; c'est une réponse à une consultation concernant des religieux.

La troisième , est une justification d'Hervée contre les accusations de prosélytisme dont le reclus était l'objet. Elle est intitulée :

» Godefroid, inutile serviteur du monastère de Vendôme à son cher reclus Hervée, heu-

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reux d'être enfermé clans des murailles de [lierres, pour n'être pas atteint par les cailloux des mauvaises langues.

» Vous nous avez appris, très-cher fils en Jésus-Christ , que l'un de nos frères vous a accusé d'avoir déshonoré notre congrégation par les Bretons que vous avez envoyés pour se faire religieux dans notre monastère. En même temps vous avez cru devoir, nous ne savons pourquoi, taire le nom de votre détracteur. Nous protestons , en toute sincérité , contre les paroles inconsidérées de ce frère infidèle et nous déclarons que , loin d'être déshonorée , notre congrégation n'a qu'à se glorifier de votre sympathie et des sujets que vous nous avez envoyés. Celui qui parle avec tant de méchanceté , non-seulement vous accuse , vous , mais encore plus particulièrement nous calomnie, nous : car vous n'avez violenté, vous, personne, pour les faire entrer en religion chez nous, et nous, nous avons accueilli volontiers ceux que vous avez pu arracher au monde. Si dans cette conduite, qui nous est commune à vous et à nous, il s'est passé quelque chose de répréhensible, c'est plus sur nous que sur vous que cela doit retomber. Portons ensemble et

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