‹ Les recluseriesChapitre 59 sur 112 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

pratiquée, ou du moins plus célébrée par les auteurs.

France.

Nous avons déjà vu saint Aignan , dans le ive siècle, et saint Léonien dans le ve, reclus près de Vienne. On peut ajouter saint Theudère. C'est en parlant de ces illustres saints, que Chorier dit : « Ils ne permettent pas à la ville de Vienne d'envier aux autres ceux qu'elles ont produits. »

On vit en outre, dans les siècles postérieurs , une recluserie sur une colline , appelée Macahre,j. Ce fut près de là que se livra, en 1562, entre les protestants qui occupaient Lyon et les troupes du duc de Nemours, un combat qu'on nomma l'escarmouche de la reclusière. L'oratoire de cette recluserie fut démoli, en 1567; l'autel subsista quelque temps après la ruine du sanctuaire.

Plus loin de la ville et du monde, auprès de la terre de Seissuel, se montrait encore une cellule ; on la nommait recluserie de Cuez. Dès l'an 1293, on voit des reclus d'Arpot de Cuez, d'Arpot de Saint-Germain ; un legs fut fait en 1313, au reclus d'Arpot , nom tiré de la rivière qui coule près de lu.

142 RECLUSERIES.

Une autre recluserie s'élevait au-dessus des ruines et des masures du temple de Mars , dans le chemin de Baumur.

Crémieux avait aussi sa recluserie de saint Hippolyte.

Pierre, abbé de Cluny, écrivant à Gélabert, reclus, lui disait : « Vous vous montrez vraiment mort au monde , vous qui de votre vivant êtes entré dans un sépulcre (1). » Au ive siècle, on admirait dans la ville de Châlon , un saint ermite qui , semblable au phénix , ne vivait que de la rosée du ciel; nous l'avons déjà dit.

Au xiie siècle , Guy, évêque du Mans, soutenait de ses deniers les recluses, qui habitaient le faubourg de sa ville épiscopale.

Saint Adjuteur, saint Adjutre ou saint Ustre , était fils de Jean, seigneur de Vernon, et de Rosemonde de Blaru ; sa pieuse mère se chargea de former son cœur à la vertu. Adjuteur prit d'abord le parti des armes ; croisé avec la noblesse française, il passa en Palestine à la tète d'une compagnie de deux cents hommes, et y donna , en plusieurs occasions, de grandes

(1) Tu autem verè te mundo ostendens mortuum ipsum, adltuc vivens iniras sejndchrum. Epist. 26, lib. 1.

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preuves de valeur, Pris par les Sarrasins, il aima mieux souffrir toutes sortes de mauvais traitements, que d'apostasier. Lorsqu'il eut recouvré sa liberté , il rentra en France , se fît religieux dans l'abbaye de Tiron , et reclus près de Vernon , sa ville natale. Il mourut le 30 avril 1131, et fut enterré dans son oratoire. Son culte se célébrait dans les diocèses de Rouen, d'Evreux et de Chartres.

Dans le pays Chartrain, une sainte veuve, nommée Relvis vécut en recluse. C'est d'elle que parle Dom Mabillon dans le passage que nous avons cité plus haut.

Dans les Trois-Evêchés , Aloswine fut reclus en 1099, au monastère de Saint- Victor, à Verdun.

Hildeburge illustra Pontoise, capitale du Vexin ; cette sainte femme naquit à Gallardon , elle était fille du comte Hervé, et fut mariée au seigneur d'Ivrei , en Beauce. Son époux s'étant fait moine à l'abbaye du Bec, Hildeburge se retira elle-même auprès de l'abbaye de Saint- Martin de Pontoise; bientôt elle se fît construire une cellule où elle s'enferma. Là, elle se livra à la pratique des plus sublimes vertus , et de degré en degré, parvint à une haute sainteté.

144 RECLUSEIUKS.

Sa vie fit longtemps l'admiration de la contrée. Le Seigneur l'appela à lui, le 3 juin 1115.

Saint Rambert, en Bugey, avait une recluserie. C'est au religieux qui l'habitait, que Bernard de Varin , abbé de Portes , adressa l'instruction en forme de règlement, dont j'ai parlé plus haut. La cellule qu'il habitait , et peut-être les cellules qui s'étaient groupées autour, subsistent encore aujourd'hui; elles sont devenues des habitations particulières. La chapelle a été convertie en cellier; on la reconnaît à la forme des fenêtres qni sont ogivales.

Il est dit dans Castel, que Bernard, surnommé Dieudonné, affecta aux recluses, Ermengarde et Aldiarde , l'église de Saint-Victor au territoire de Marceillon , en Languedoc , avec un champ, un pré et un jardin pour leur entretien (1).

Au xme siècle, sous l'archevêque Guillaume II , Besançon comptait deux recluseries : « Ce qui se prouve, dit le P. Chifflet , par le testament d'un chantre de l'église métropolitaine, qui lègue, en 1254, une somme d'argent à trois recluseries, dont deux appartenaient à la ville,

(1) Catel, Mémoire de l'hist. du Languedoc, liv. 5, pag. 071.

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