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CHAPITRE Vil

certain évêque ou concile, établit que nul ne serait reclus sans avoir auparavant justifié d'un fonds de terre ou d'un revenu suffisant pour sa nourriture ; mais en général , les reclus trouvaient leurs plus grandes ressources dans la foi des fidèles , et la pieuse vénération dont ils étaient entourés. Les aumônes abondaient , car dans ces temps de religion vive , chacun sentait le besoin d'appeler sur soi les regards de Dieu, et, pour y réussir, quoi de plus efficace que la prière d'un reclus? On lui demandait donc cette prière , et en échange on lui offrait des dons. Telle fut la générosité des fidèles, que la règle de Grimlaïc et celle du bienheureux OElred donnent toutes les deux de sévères conseils contre l'avarice.

Venaient les donations; les recluseries étaient souvent, comme il arriva pour tant d'oratoires et de monastères , fondées par la munificence et la générosité des princes, des évêques, des seigneurs ; ainsi , nous voyons Charles V créer la recluserie de Béate Marguerite , près de l'église de Saint-Paul, à Paris; à Lyon, saint Eucher; à Agde, Bernard Dieudonné, fondèrent avec des redevances perpétuelles leurs recluseries. Généralement, les fondateurs ne se

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contentaient pas de fournir aux frais de la construction , ils attachaient encore une rente à l'entretien de la recluserie, et cette rente survivait de longs siècles avec elle.

C'est ici le lieu de citer le mandement de l'archevêque Guillaume de Thurey.

« Scauoir faisons que ayant entendu la pleinte des reclus de sainct Barthélémy, apôtre, de sainct Sébastien, sainct Irégny, sainct Epipode et sainct Marcel, martyrs, de sainct Martin et de sainct Hilaire, confesseurs, et de saincte Marie-Magdeleine, saincte Marguerite et saincte Hélène, lesquels seruent à Dieu es lieux susdicts , icelle pleinte contenant que combien qu'ils eussent accoutumé de toute ancienneté, et mesmement depuis le temps que le glorieux sainct Euchère présidait en cette nostre Eglise, d'auoir et perceuoir tous les ans, en tiltre d'ausmone, trente asnées de seigle, sus nostre grenette de Lyon, lesquelles leur estoyent payées , à la feste sainct Martin d'hiuer, assauoir; à chacun d'iceux toutes les sepmaines dix deniers , monnoye courant audict sceau ; et fassent en possession et saisine pacifique , depuis le temps susdict , de ce droit de perceuoir, leuer et auoir par eux ou par autres, iceluy bled et

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argent : toutefois, ayant nostre prédécesseur

Raymond, de bonne mémoire, archevêque de Lyon, esté mal informé, et à la suggestion d'aucuns n'ayant Dieu deuant les yeux, auroit inhibé et défendu que les dicts bled et argent ne fussent payez à iceux reclus, empeschant iceux en la perception de cette aumosne, au grand préiudice , au grand dommage des pauures reclus, lesquels auant qu'ils eussent eu le moyen de faire entendre leurs droits et affaire à nostre dict prédécesseur, il passa de ce monde à l'autre. A ceste cause nous auroyent iceux reclus très-humblement supplié, de leur pouruoir sur ce remède opportun , prenant pitié et miseiricorde d'eux. Parquoy est-il , que nous deuhement et suffisamment informez de la façon de faire de tous les temps passés , et comme sainct Euchère du temps qu'il présidoit en nostre église (comme dict est), ordonna saintement et salutairement être payé aux reclus susdicts ceste aumosne, selon la déclaration cy devant dicte : et comme depuis le temps d'iceluy sainct Euchère , jusques à l'inhibition faite par nostre prédécesseur susdict, cette aumosne avoit tousiours été réalement payée par autres archevesques nos prédécesseurs; ne voulons (comme

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aussi ne deuons) frauder iceux reclus de leurs aumosnes, mais désirant les maintenir en leur pie possession ; mesmement n'ayant iceux d'ailleurs pas de quoy ils puissent viure, et ayant entendu, qu'ils sont bien fondez et religieusement en leurs recluseries, sur la dicte aumosne, d'ailleurs qu'ils sont députés pour faire prières incessamment à Dieu pour les archevesques et pour leur Estât , pour la saincte Eglise , pour la cité et pour tous peuples nos suiets , comme ils font sans cesse : et que leurs prières et deuots suffrages profitent grandement à la charge et régime des asmes lequel nous est commis (combien qu'en soyons indignes) pour le deuoir et office de pasteur, et ont profité à nos prédécescesseurs et encores espérons que seront profitables à nos successeurs , à Fadvenir. Pour oster tout empeschement qui pourroit une autre fois estre mis en avant sur la solution de ceste aumosne, et à ce que iceux reclus ne soyent contraints d'estre vagabonds à la poursuite de leur aumosne et que leurs oraisons et prières tant nécessaires ne cessent en façon que ce soit, nous déclarons par la teneur des présentes, que nous et nos successeurs archevesques de Lyon , sommes tenuz, tous les ans, de payer aux dicts

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