CHAPITRE VII
reclus susdits , trente asnées de seigle , sur la dite nostre grenette et dix deniers chacune sepmaine sur le sceau de nostre cour de Lyon à vn chacun d'iceux reclus, par et au nom d'aumosne perpétuellement et à tousiours en témoignage de ce que dessus, nous auons apposé nostre sceau aux présentes. »
s Nous avons vu encore l'église primatiale de Saint-Jean donner une vigne à la recluse de Saint-Epipode.
Les testaments apportaient encore d'abondantes ressources à la recluserie. On rencontre dans les archives de presque toutes les églises des legs faits aux reclus par des mourants ; ainsi Guillaume de la Palud, donne par testament à la recluse de Saint-Barthélémy vingt sous , pour élever une petite construction; ainsi en 1374, Bérald de Lagneu , seigneur d'Izeron , donat cui libet incluso et inclusse civitatis et suburbiis Lugduni. . .
Je trouve dans les actes capitulaires de l'église métropolitaine plusieurs legs faits aux reclus par les chanoines.
Nous avons dit la pension que le roi Philippe-le-Bel faisait à Marie de Liancourt. On appliquait encore aux reclus une partie des
178 RECLUSERIES.
amendes légales : ainsi l'abbé Lebeuf cite sous la rubrique 1231, une amende qui devait être payée aux quatre reclus établis alors à Paris. Tant que dura la vivacité de la foi, ces religieux vécurent, sans jamais souffrir, sur le fonds de la charité publique ; il y eut pourtant des circonstances où il leur fut nécessaire de faire appel à la justice des évêques , comme on le voit par le Mandement, que nous venons de citer, de Guillaume de Thurey, et aussi à la générosité des fidèles qui allait s'allanguissant. Ce n'est pas que la vénération des peuples ait jamais manqué aux reclus ; les romanciers qui ont écrit sur ce sujet ne parviendront jamais à le faire croire. Voici le tableau que trace l'un d'eux : « La piété , peu raisonneuse et peu subtile de ce temps-là , ne voyait pas tant de facettes à un acte de religion, elle prenait la chose en bloc et honorait, vénérait, sanctifiait même au besoin le sacrifice , mais n'en analysait pas les souffrances et s'en apitoyait médiocrement. Elle apportait de temps en temps quelque pitance au misérable pénitent , regardait par le trou s'il vivait encore, ignorait son nom, savait à peine depuis combien d'années il avait commencé à mourir ; et à l'étranger qui les