‹ Les recluseriesChapitre 84 sur 112 · CHAPITRE VIII. l'.l'.l · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII. l'.l'.l

recouvre tout entière, un long voile cache à demi son front, que ceint une couronne de Heurs blanches et bleues. Rodolphe ne lit qu'entrevoir sans la démêler cette radieuse figure, et le clergé qui la suivait, et le vieil évoque de Tolose qui présidait la cérémonie. Il reprit au milieu du groupe, que la curiosité avait notablement diminué, ses chants de guerre et ses brillants récits. -Mais l'attention s'allanguissait, et plus d'une voix se mêlait inharmoniquement à la mandore, répétant le nom de sœur Richilde. Islutegarde elle-même avait disparu de sa fenêtre , après avoir envoyé par son varlet l'obole du pèlerin au fier Rodolphe, presqu'outragé par cette modique et dédaigneuse offrande. Il dépose donc aux mains d'Herbert sa mandore et se mêle à la conversation vive et tumultueuse de la foule. On n'y parlait que de Richilde, fille venue de lointains climats, selon les uns; selon d'autres, orpheline en naissant, elle était née sur les bords de l'Océan. Tous admiraient le dévouement de cette jeune vierge, qui s'allait reclure et qui cachait pour toujours, entre quatre murailles étroites, la fraîcheur de sa jeunesse et l'éclat de sa beauté.

I '«'pendant un homme du plus menu peuple se

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trouva là , qui hochait la tête et souriait d'une façon amère. C'était sans cloute quelque mér créant de mauvais lieu et àme damnée , car il osa blasphémer tout haut contre la sainte réclusion. A cette voix sinistre, il se fit dans les groupes un moment de silence, puis la rage populaire se courrouçant comme une tempête, le mécréant qui vit se lever l'orage, prit promptement la fuite. Rodolphe se sentit ému. Tant de générosité de la part d'une jeune fille, tant d'enthousiasme chez le peuple témoin de son sacrifice enflamme sa vive imagination, il reprend la mandore et, entonne à la recluse un chant d'adieu. »

« Je ne suis pas poète , messieurs, dit le vieillard en interrompant sa lecture, mais les quelques lignes, où l'auteur latin a renfermé le chant de Rodolphe, m'ont aussi inspiré. Voici tant bien que mal l'imitation que j'en ai faite, je l'ai retenue par cœur :

Ainsi la fleur vit sous l'ombrage,

Ainsi derrière le nuage

Pour d'autres yeux l'étoile luit .

Ainsi la colombe timide,

Au moindre bruit, d'un vol rapide

Revient se cacher dans son nid

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