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CHAPITRE V1I

indéfinissable avait succédé au plus épouvantable orage. Ma cellule me redevint chère, délicieuse, je ne pouvais me lasser d'en baiser les murs, d'en arroser le pavé de mes larmes. Je revis mon jardin , le soleil se couchait pur et dorait ma logette de ses derniers rayons. Jamais le ciel ne m'avait paru si beau ! tout à l'heure , mon cœur se brisait d'angoisses, à présent il bondissait de joie. Une voix connue me rappelle à la fenestrelle où vous êtes, c'était celle du frère qui m'apportait les provisions ordinaires. Je soupai gâtaient. Mon sommeil fut doux, croyez-moi, mon fils; » et en disant ces mots, le vieux reclus essuyait son front que l'émotion de ses souvenirs avait couvert d'une sueur brûlante , tandis que l'étranger, lui , essuyait à ses yeux une larme. »

« — Oh ! l'horrible tourment , mon père ! comme vous fûtes heureux d'en être délivré ! Mais depuis , n'avez-vous jamais éprouvé de regrets , ni d'ennuis pareils? »

« — Il y aura demain trois ans de cela; depuis ce jour affreux, dont le souvenir m'humilie, jamais je n'ai ressenti dans la paix dont je jouis la moindre altération. Ma retraite est un lieu de délices. Souvent même je me prive d'aller dans

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mon jardin, de peur que trop de plaisir ne m'enlève devant Dieu les faibles mérites de mon sacrifice.

« — Bon reclus !

« — Oh! vous ne comprenez pas cela, vous autres, qui vivez dans le monde! rien d'étonnant; tous ne sont pas appelés à cette vie. Quelle que soit la carrière que vous suiviez, mon fils...

« — Celle des armes, mon père!

« — A votre âge encore? et le reclus soupira.

Celle des armes, continua-t-il, a ses gloires, ses pièges, ses périls; mais après tout, mon fils, soldat ou religieux, c'est au Ciel qu'il faut penser. Tout le reste passe comme la fumée , frivolité , lorsque ce n'est pas crime. Permettez ces mots à un vieillard, qui lui-même a trop longtemps connu le monde et l'a quitté trop tard. »

« — Je vous remercie , mon Père ; votre parole ne sera point tombée sur un sol aride. Un jour, elle germera sans doute et portera des fruits de bénédiction et de salut. >

« — Dieu vous entende, mon fils! et maintenant que l'orage a cessé, que la lune se lève , permettez-moi de prendre un peu de repos;

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