centimètres
usés sont e^cpulsés dehors, par les poumons, les reins et la peau. L'apport constant se fait jiar le sang et la mise en œuvre des substances alimenlairfts constitue l'assinailatioD.
Ce q^uc nous mangeons doit donc : 1" restaurer l'organisme et l'accroître; 2° développer les calories nécessaires pour maintenir constante la température du corps dans un milieu à température variable (mo}'enne pour l'hommo : 37" centigrades); enfin, 3" pourvoir à toutes les énergies nécessfiircs aux multiples labeurs que nous avons à accomplir..
Grâce à une alimentation rationnelle, le corps se transforme, s'améliore, se répare et agit )>Iijsiquement et intellectuellement.
La science permet d'apprécier, actuellement, combien de calories sa développent dans noire organisme, par la consommation d'un gramme de sucre, d'albumine, de graisse ou de toute autre substance alimentaire. Ainsi :
1 gramme d'albumine = ■l.O calories 1 n de graisse =8,0 "
Nous avons dit à combien de kilogrammes de force vive correspond une calorie. Il est donc possible, aujourd'hui, de déterminer approximativement la quantiti! de travail qu'il est permis de fournir movennànt la consommation a une quantité etd'unequalilé déterminées d'aliments. Ceux-ci, d'ailleurs, ne sont pas également digestibles et assimilables. Dès lors, l'homme doit se' composer une alimentation mixUî, variée, répondant aux considérations que nous venons de développer, en tenant compte aussi du climat, de la saison.
D. — Il faut donc prévoir, dans l'alimentation journalière, la niparation des pertes subies par l'organisme, l'accroissement normal du corps et la somme d'é qui sera dépensée dans le travail nécessaire ?
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L. — Parfaitement. Il faut bien établir la ration d'entretien et la ration de production.
La ration est la somme d'aliments que l'homme doit prendre en vingt-quatre heures.
Pour l'homme sain et robuste, c'est: 130 grammes d'albumine, 80 grammes de matières grasses, 500 erammes de substances amylacées etsuerées, 5 litres l/2a'eau; 30 à 35 grammes de sel.
M. leD' Slosse détermine, comme suit (1), la ration alimentaire moyenne :
Albumine, 75 gr. à 100 gr. donnant cajories 300 à 400
Graisse, 60 gr 534 534
Hjdrocarbones,350 gr. à400gr. . . . 1400 1600 2234 2500
L'apport d'albumine dans l'énergie totale varie d« 13.4 a 16 "!„. La grandeur do la perte doit régler la quantité nécessaire d'aliments.
La ration d'entretien est celle qui est destinée à réparer les pertes occasionrfèes par le travail intérieur et par la production do la chaleur, sans donner aucune espèce de produit.
L'artisan, le' penseur, l'enfant qui étudie, la femme
aui donne le sem ont besoin, d'après le travail qu'ils oivent fournir, d'un surcroît d'alimentation qui constitue la ration de production. 11 y a intérêt pour le travailleur à élever cette ration au masimun. (2)
(1) Pourquoi nous mangeons, par le D' A. Slosse. (Publicafion de l'Institut Solvay, à Bruxelles.)
(21 L'alimentation joui-nalière doit fournir : a) à un ouvrier de tuille moyenne et pesant 75 kilogs, ouvrier exécutant des travaux de force ; charpentiers, terrassiers, ouvriers du fer, etc.. . iS calories par kilogramme de poids soit .3fi00 calories; 6) pour les
ajusteurs, etc., de taille moyenne et pesant 65 kilogs, 40 calories par kilogramme de poids, soit 2600 calories; c) pour employés sédentaires; poids moyen, 60 kilogs, 35 calories par kilogramme de poids, soit 2100 calories; d) pour ouvrières et employées :
Si la ration d'entretien était trop petit*, une partie de l'afbumine du corps se décomposerait, alors même que riiomme ingérerait une quantité supérieure d'autres principes alimentaires, des graisses et des hydrates de carbone.
" L'homme qui a mî^ngé 300 grammes de pommes de terre, écrit M. le D'" Slosse, sent son estomac rempli davantage que celui dont le repas était composé de 100 grammes de viande et de deux œufs.
■• Et pourtant,' 300 grammes de pommes de terre bouillies coiiiiennent 7.5 grammes d albumine et 62,7 grammes d'hydrocarbonés, dont la valeur énergétique Brute est de 280,8 calories; 100 grammes de viande de bœuf cuite contiennent en moyenne 26,2 grammes d'albumine et 34,9 grammes de, graisse, La valeur énergétique brute de ce repas est de 415,41 calories. Cet exemple montre combien il est imiiortant d'établir la valeur nutritive des aliments. "
Il faudrait manger 7 kilogrammes de pommes de terre pour introduire dans le corps 100 grammes d'albumine, en tenant compte des déchets ; un homme d'appétit robuste, qui mangerait des pommes de terre toute la journée, ne pourrait guère en absorber plus de 3 k. 1/2. Cet homme se verrait condamjié à une mort prématurée, par une lente inanition.
Une nourriture composée exclusivement de pain est aussi insuffisante, affirme M. le D'' Slosse.
Sauf iK)ur le nouveau-né, qui trouve dans le lait pur tous les éléments actifs de sa nutrition, l'enfant en âge d'école, l'adolescent et l'homme fait ont besoin d'une . alimentation mixte, qu'ils ne peuvent trouver q ue dans des repas complets, dont on apprend la comjiositiou et la préparation pratique dans les écoles ménagères, là où U s'en trouve.
modistes, couturières, etc., de liiLlle moyenne et pesant 55 kilogs,
"" ' * '" - ^- - 's, 2090 calories. (rAiimen-
', PatIs. Alcan, 19(11, pages
1). — Ce que vous venez de dire est précieux. Ce sont' là des choses essentielles et elles sont mal connues. Elles justifient amplement les efforts que font le gouvernement, la province de Hainaut et notamment Ta com-, mune de Marcinelle pour développer l'enseignement
IV. — Il faut donc essayer d'améilârer l'alimentation des enfants pauvres des écoles.
D. — Nous venons d'établir : 1" que, dans Imtérêt de l'école, les enfants doivent être convenablement nourris ; 2° qu'un grand nombre d'enfants ne le sont pas. La conclusion se dégage d'elle-même et je vous laisse le plaisir de la formuler. /
L. — Il faut donc essayer d'améliorer l'alimentation des enfants pauvres des écoles. Vive le réfectoire' scolaire ! , '
D. — Je crois notre démonstration assez solide, en eilet, et nous pouvons poursuivre. Mais vous désirez, je le vois, ajouter quelques mots encore avant d'aller plus loin.
L. — Oui, je n'ai parlé jusqu'ici que du côté , gique. Je voudrais dire aussi l'utilité du réfectoire s wire au point de vue hygiénique, comme a« point de vue supérieur de la race et de l'avenir du pays.
D. — Nous vous écoulons.
L. — Une alimentation défectueuse engendre pour l'homme, pour la na*ion, pour la race, les conséquences les plus redoutables.
Le manque d'albumine laisse, dans l'estomac, une sensation gênante de vide, que l'alcool supprime momentanément.
Aussi, les peuples les plus mal nourris sont-ilsceuxqui ont le plus de propension à boire, Oii sait que l'alcoo-
lisme est le plus grand des fléaux modernes et qu'il engloutit le plus clair des ressources de la natioD. Le budget de l'aicool dépasse, cliaque année, un demi-mil- •liard de francs.
L'absence d'albumine provoque encore l'arrêt de la croissance ; elle condamne les classes pauvres à un faible développement, les rendant moins aptes à résister aux maladies ; Itiur mortalit^^ est plus grande.
Citons quelques chiilres à l'appui de dos affirmations. Ils proviennent de l'Annuaire statistique Officiel.
Sur un contingent de 13,300 hommes, tî.'JOO, la moitié, sont exemptés du service militaire pour vices corporels.
Dans l'arrondissement de Cliarleroi, on compte G41 exemptions sur 779 conscrits.
L'on aliiclic, chaque amuL-e, les tares de ces malheureux aux valves communales. C'est terrifiant. . Voilà où s'achemine la race !
Les décès sont plus nombreux dans nos provinces les moins bien nourries : Flandre Occidentale, 17,636 "/o; Flandre Orientale, 21,083 "/„; Hainaut J3,89a "/„; Luxembourg 3,770 "/o, etc.
A l'armée, au point de vue de l'instruction, 2,500 illettrés flamands pour 1,384 illettnis wallons. Or, les monographies agricoles, publiées par le gouvernement, disent que l'ouvrier flamand est plus mal nourri que l'ouvrier wallpn.
Qui peut soutenir que la question de l'alimentation d'un peuple ne soit ])as une question sociale ?
La quantiui oi la valeur du travail industriel dépendent aussi do la richesse de l'alimentation, — Le rendement productif est proportiennel à Ja quantité d'albumine ingéi-ée et digérée.
Les statistiques montrent, par exemple, qu'un ouvrier italien mange la moitié de la viande que consomme un ouvrier français et le quart de la viande que mange un ouvrier anglais. Il faut évidemment tenir compte ici de de la diflérenee des climats.
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Maison constate, néanmoine, q^u'un ouvrier anglais fait le même travail, seul et plus vile, q ue deux ouvriers Dapolitains.. D'après Paul Adam, l'ouvner américain, le mieux nourri de lous, possède une puissance de travail évaluée, machinisme compris, à 9,440 francs; l'anglais à 3,950 francs; le français et l'allemand à 2,050 francs. Cauderlier a écrit qu'un ouvrier américain abat, machinisme compris, autant de besogne en huit heures que deux belges en douze heures. Or, la vie alimentaire n'est
Sas clière aux Etats Unis, qui savent exporter chez nous es viandes, des conserves et les blés de Duluthet de Chicago, M. E. Waxwciler, comparant les budgets ouvriers Itelges et américains, prouve (jue l'ouvrier américain se nourrit incomparablement mieux que l'ouvrier belge. Celui-ci mange moins de viande, de graisse, d'œufs, de beurre, de sucre et de café, mais absorbe plus de farine et de pommes de terre. (1)
En Amérique, les hommes ne se désintéressent pas de la cuisine; il existe des cours pratiques d'alimentation jusque daiis.les universités; 1 Angleterre à elle seule possède vingt écoles normales ménagères ; alors que la Belgique n'a pas, à proprement parler, d'école normale mcnagcrc. mms quelques cours temporaires plutôt insyftisants, comme base scientifique surtout.
La productivité d'une nation, sa prospérité, est donc en relation directe avec le degré de nutrition des individus. Les peuples les moins développés dans les arts, les sciences, l'industrie et le commerce sont les moins bien nourris. Herbert Spencer en tête, les Anglais suies '
it, d'ailleurs, que seules les races bien alimentées sont njaî tresses et dominatrices. Parcequ'ils mangent du nimsteacketnon des farineux, une poignée d'Anglais, dans l'Inde, tiennent dans l'asservissement 300.000 Indous. Le triomphe du Japon sur la Chine en 1895, ce fut la victoire de la viande et du poisson sur le riz.
D. — Etonnante connexité des questions les plus hautes et des questions matérielles.
La masse ie sent bien, elle qui réclame le minimum de salaire pour s'assurer ce minimum d'atimenfation.
Il est donc de bonne et saine prévoyance de veiller à ce que les denrées alimentaires soient à la portée de tous, et à bon compte.
Donner à manger à ceux qui ont faim et à boire à ceux qui ont soif, selon le texte biblique, c'est faire œuvre de prévoyance sociale.
h. — C'est pourquoi les gens oui jugent de fout superficiellement se trompent lorsqu'ils disent : dpnnez-nous des routes bien ])avées, des-égoûts, plutôt que d'alimenter les enfants qui vont à l'école et qui ne vous demandent rien.
Ce que ces misonéistes ne voient pas, c'est l'amélioration du capital humain, de la race, du plus clair de la richesse du pays, par plus de santé et d'instruction.
Ceshommes liàvcs qui , par milliers, sortent de la mine ou de l'usine, où ils ont fourni un dur labeur coupé d'un repas hâtif à midi, c'est l'industrie qui i)a8se. ^
En les voyant, on n'a guère l'impression d'une race forte et robuste, résultante d'une enfance saine et vigoureuse. L'arbre tient ce que promettait l'arbuste frèle et rabougri d'autrefois. Il donne des fruits tout de même, mais il est vite frappé de stérilité.
Ces iiommcs sont vieux avant l'âge. Chez eux, la maladie frappe à cou|»s redoublés, la mort survient prématurément.
Et le paupérisme ne fait que grandir; les budgets de la bienfaisance le prouvent bien.
Nous préférerions voir |»rcvenir le mal que d'avoir à le soulager, à le guérir. L'argent de tous, on ne le plaint pas lorsqu'il va chez le miséreux, par l'entremise des œuvres de bienfaisance qui sont entrées si avant dans nos mœurs. Qu'il serait plus beau, plus humain surtout, de consacrer une partie de cet argent à mettre des esprits sains dans des corps sains, à régénérer la
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race, à la rendre plus forte, plus vigoureuse et plus instruite dès l'enfance, — La larme à l'œil, on s'apitoie sur les misères existantes; il serait plus grand, plus noble, de les prévenir! Aux Etats-Unis, écrit M. Buyse, la gratuité totale existe pour l'écolier parce que, dit rAméricain libre et iier :
" n ne faut pas qu'un seul enfant de la libre Amérique perde la cliance de continuer ses études et de faire son chemin dans la vie pour des raisons d'indigence; nous ne voulons pas qu'ils aient à avouer leur indigence et à solliciter de leurs scrviteure : les fonctionnaires, des ■ faveurs de gratuité, >•
L'enfant qui n'a pas demandéà naître a droit à la vie, et à l'instruction.
Toutes les arguties égoïstes auront beau faire; elles n'entameront pas cetle vériui. Prévenons le mal, nous n'aurons pas à le guérir à grands frais. Orientons . mieux nos efforts, nous en retirerons un double profit.
D. — Voici que vous vous rencontrez, Monsieur Ife Directeur des écoles, avec le grand Directeur de toutes nos écoles; le .Ministre baron Descamps ne disait-il pas dans ses déclarations inaugurales des 18 et 20 mai 1907 :
" La culture intellectuelle du Peuple est souliait<!e par tous ceux qui veulent la patrie içrandeet forte.
"Occupons-nousdu remarquable mouvement littéraire, scientifique, artistique et éducatif qui s'est développé dans notre pays. Travaillons de concert si possible a le développer largement et efficacement. C'est ainsi que nous servirons l'intérêt général du pays, c'est ainsi qu en développant l'avenir intellectuel de fa nation, nous travaillerons à sa grandeur morale en même temps qu'à sa prospérité matérielle. "
La prospérité matérielle du pays est liée à son développement intellectuel. Tout se tient. Et spécialement en ce qui concerne notre situation économique dans le monde, je pense qu'on ne peut mieux la favoriser qu'en assurant à nos travailleurs la force physique par une
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bonne alimentation, !a supériorité teclinique par l'excellence de l'enseignement primaire et professionnel.
L. — Voilà le vrai mojen de faire de l'expansion mondiale : accroître la valeur de la nation en augmentant la valeur de l'individu. Vive la soupe scolaire, vous dis-je encore!