L. — Lesquelles
D. — A la vérité, il en est fort peu. Et quand on les regarde en face, elles apparaissent assez puériles. Je veux parler du principe, Dien entendu ; en ce qui concerne les questions (l'organisation, il y a des conHils épineux et de solution incertaine. Nous en dirons quelques mots«tantot. Mais constatons que, relativement au principe même de la soupe scolaire, je n'ai guère entendu que ces ohjections-ci : c'est un acheminement vers le collectivisme; c'est enlever les enfants à leur famdle; c'est usurper le rôle de la bienfaisance; c'est favoriser la paresse des mères.
L. — Dsuriier le rôle de la bienfaisance, nous en avons déjà parlé !
D. — 1/ acheminement vers le collectivisme me fait sourire. La commune a bâti des écoles; elle donne aux enfants les fournitures classiques; elle les réchauffe dans ses classes ; les œuvres privées donnent des cabans et des souliers ; qui donc a songé à voir là-dedans du collectivisme?
L. — Cette objection-là, ce sont des mots sonores. Pour moi, qui ne veux voir que les réalités, je ne me demande qu une chose : est-ce utile, oui ou non? Et M
D,c,i,icd..,GoOQlc
c'est utile et que ce soit du collectivisme, ça m'est bien égal. ■ •
D. - Et vous avez raison. Les systémali<iues sont des gens néfastes. Le coUeclivisme n'est pas pour m'effrayer, vous le savez, mais je n'en suis pas encore à recommander, parce qu'elles seraient étiquetées collectivistes, des solutions que je jugerais mauvaises. Il est tout aussi absurde de condamner des choses qu'on juge bonnes parce qu'elles paraissent cadrer avec un système qui vous déplaît. Laissons donc cela ; mais que
fiensez-vous de dette autre objection mirifique : favoriser a paresse des'mères? /
L. — Les mamans aiment bien leurs enfants et sont fort en peine lorsqu'elles les voient souffrir. Ce n'est pas par paresse qu'elles ne font pas une cuisine convenable, c'est par ignorance ; cUe-memes se nourrissent préférablemcnlde pommes de terre, mais surtout de tartines et de café. Pour cUes, manger c'est prendre des aliments. Absorbées souvent par mille travaux :1a buée à faire, le raccommodage des liardes, le jardinage, les enfants souvent nombreux, le temps faisimt défaut, les femmes courent au plus pressé.
Il faut tenir compte encore des ménagères qui vont travailler au dehors, qui partent le matin et qui rentrent le soir, à l'afiùt d'un surcroît de salaire. La nichée pousse alors comme elle peut.
Et puis, même en admettant que la faute soit la paresse des mères, allons-nous en punir les enfants ?
D. — Il reste enfin que nous enlevons les enfants aux douceurs du foyer'familîal ?