IRRADIATION
- Si Fon a développé un réflexe entraînant la salivation du chien par une excitation tactile en un point déterminé (le coude droit par exemple) et que, le réflexe conditionné réalisé, l’on excite le coude gauche, on obtient également un réflexe de salivation. Ainsi, tout au moins au début, le réflexe conditionnel n’est pas absolument spécifique. On le dit « irradié ».
Dans le cas de réflexe conditionnel tactile, cette irradiation est facile à mettre en évidence. Soit un chien sur la peau duquel ont été repérés 7 points situés du même côté, sur une ligne allant de la patte antérieure à la patte postérieure, en passant par le flanc; on élabore un réflexe conditionnel salivaire pour l’excitation d’un de ces points, qu'on nommera P pour les besoins de l’exposé. Lorsque le réflexe conditionnel est formé, l’excitation de P produit 53 gouttes de salive en trente secondes. On excite alors les autres points, et l’on constate que leur excitation produit respectivemerit 45, 39, 33, 23, 21, 19 gouttes de salive en trente secondes; la quantité de salive qui s'écoule diminue avec le degré d’éloignément du point excité par rapport au point P primitivement considéré.
Donc, dans l’ensemble, l'intensité de l'effet obtenu est
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en fonction du rapprochement du point P. Comme la surface cutanée se projette sur l’écorce cérébrale, on peut conclure avec Pavlov que l'excitation a diffusé dans cette écorce autour du point correspondant au point P de la peau.
Mais plus on répète le réflexe, plus l’irradiation se rétrécit. Cependant deux points symétriques du corps — l’extrémité des pattes antérieures. par exemple — répondent très longtemps de la même façon. La différenciation ne devient facile dans ces cas qu'après la section longitudinale du corps calleux. C’est donc grâce aux fibres interhémisphériques contenues dans le corps calleux que s’effectue cette irradiation.
L'irradiation est facile à réduire lorsqu'il s’agit d’un réflexe gonditionnel type; l’irradiation du réfle&e conditionnel dilué, au contraire, demeure toujours beaucoup plus grande. Quant au réflexe de trace, son irradiation demeure toujours considérable, elle diffuse même sur divers organes sensoriels. Les réflexes de trace restent irradiés d’une manière d'autant plus importante que le temps de latence entre l'excitation indifférente et l’excitation absolue est plus long.
Enfin, dernier point, on peut artificiellement réduire l’irradiation en déclenchant la discrimination :
Un réflexe conditionnel est formé après la répétition de la combinaison 800 vibrations/sec.-viande donnée à l’animal; après un certain nombre de combinaisons, l’audition des 800 vibrations/sec. provoquera seule la salivation, mais le réflexe sera encore diffus : c’est ainsi que l’audition de 1.000 ou de 600 vibrations/sec. provoquera également le réflexe. On réalise alors la discrimination : dans ce but, pendant un certain nombre de combinaisons, on ne donne de la viande à l'animal qu'après audition des 800 vibrations, et jamais après celle de 1.000 ou 600 vibrations/sec. Après un temps très court, les 800 vibrations demeureront seules actives. On dit alors qu'on à un réflexe positif (pour 800 vibrations) et deux réflexes négatifs (pour 1.000 et 600 vibrations) : leur mise en jeu signifie, en effet, comme le dit Pavlov, la « non-
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alimentation ». L'animal, conclut l’auteur, analyse donc le son : l’activité cérébrale est ainsi double :
— Synthétique, d’une part (cf. création de nouveaux réflexes);
— analytique, d'autre part (cf. travail de discrimination).
Nous reviendrons d’ailleurs sur ce point dans notre conclusion.