‹ Les réflexes conditionnels: Leurs rapports avec l'immunitéChapitre 5 sur 24 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Introdaction.

La psychologie n’est, de toute évidence, qu'une science morte si elle ne demande secours aux sciences exactes et, plus précisément, à la physiologie. C’est cette remarque qui amena Pavlov à entreprendre l’étude scientifique rationnelle des hémispères. De la sorte, la psychologie deviendra une science, et non plus « l’espoir d’une science », comme l’appelait William James. |

La notion du réflexe, première notion se rapportant à l’activité nerveuse, remonte, on le sait, à Descartes, qui faisait du réflexe l’acte fondamental du système nerveux. Cette notion fut appliquée au cours des siècles à tout le système nerveux central, à l'exception cependant des hénmiisphères. C’est cette lacune que voulut combler Pavlov, dont le but fut de mettre en relations avec la simple activité réflexe les actes dits «psychologiques ».

A vrai dire, la première tentative dans ce domaine revient à Setchenoff, et Richet également fit un essai de ce genre. Mais toutes ces recherches n'étaient que théorie : l'analyse expérimentale, dans ce domaine, date de Pavlov, qui s’appuyait notamment sur les recherches de J. Loeb, de Thorn- . dike, et d’autres auteurs américains, tous: véritables pionniers de la psychologie comparative.

C’est une discussion de laboratoire avec un de ses collaborateurs qui conduisit Pavlov à renoncer au point de vue psychologique pour étudier objectivement les réactions d’un

animal face à des excitations psychiques destinées à déclencher chez lui le fonctionnement des glandes salivaires. De celte discussion naquirent les recherches de Pavlov, qui .S échelonnent sur vingt-cinq années.

À ces travaux contribuèrent quelques centaines de collabo- .rateurs, sans compter les nombreux psychologues américains, qui firent également avancer la question de l'étude du cortex cérébral. Russes et Américains envisagent cependant la question d’une manière différente : les seconds — du moins pour la plupart — pensent en psychologues; les premiers s’en tiennent strictement au point de vue physiologique, étant résolument matérialistes.

Ces diverses recherches montrèrent que le cerveau est organisé de la même façon que les autres parties du système nerveux, c'est-à-dire comme un système de connexions. Le cerveau, comme la moelle, fonctionne par le mécanisme des réflexes. Les réflexes dont il est le centre obéissent à des lois particulières, qui leur donnent précisément un caractère de variabilité qu'on retrouve dans le comportement des individus.

Mais, avant d'entrer dans le vif de la question, il convient de préciser la notion de réflexe. L'organisme, en tant que système déterminé, ne peut exister qu'autant que tous ses éléments se trouvent en équilibre avec les conditions environnantes. Dès que cet équilibre est rompu, il cesse d'exister en tant que système déterminé. Le réflexe sera l'élément et la source de cet équilibre.

Les réflexes sont de deux ordres : les positifs et les négatifs ou inhibiteurs, tantôt provoquant une activité, tantôt l'interrompant. L'étude des réflexes est loin d’être terminée, et les physiologistes en découvrent chaque jour de nouveaux. En dehors de ces réflexes habituels existent des réactions congénitales, dépendant aussi de conditions déterminées et se produisant également par l'intermédiaire du système nerveux : ces réactions entraînent une activité qui porte une dénomination spéciale : les instincts, qui, pour Pavlov, sont

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