‹ Les réflexes conditionnels: Leurs rapports avec l'immunitéChapitre 6 sur 24 · REV · texte numérisé non relu

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eux aussi des réflexes. Entre les réflexes habituels et les instincts, il n’y aurait aucune différence fondamentale. Réflexes et instincts représentent des réactions régulières de l'organisme à l'action d'agents déterminés : il n’est donc pas nécessaire de les désigner par des mots différents. Aussi emploiera-t-on dans les deux cas le mot réflexe, à sens plus strictement scientifique. |

L'étude de ces réflexes complexes que sont les instincts, . il convient de le signaler avant d'aborder notre sujet, est

encore dans son enfance.

Méthodes employées.

Les réflexes congénitaux, précédemment envisagés, ne permettent pas à eux seuls la conservation de la vie de l’animal. La partie supérieure du système nerveux central est nécessaire pour le contrôle et la mise en train des agents conditionnant les réflexes congénitaux : cette activité des hémisphères à été nommée par Pavlov «activité de signalement ».

Il s'agissait donc d'explorer le cortex, dont le rôle est, comme On le voit, primordial dans l’activité nerveuse supérieure. Ce fut là un rude problème technique à résoudre.

Pavlov partit de l'étude de deux réflexes : le réflexe alimentaire, le réflexe de défense à l'introduction d'aliments impropres dans la cavité buccale du chien. L'un comme l’autre se compose de deux éléments : une activité musculaire, un travail sécrétoire. C’est surtout le travail sécrétoire, facilement mesurable, qui permettra l'étude des réflexes conditionnels; l’activité musculaire, plus difficilement analysable, ne servira qu'exceptionnellement.

Le chien sera l’animal d'expérience. Dans un premier temps, on réalise opératoirement sur l'animal une fistule salivaire permanente, par fixation à la peau d’un segment

et, fe

de muqueuse portant l’orifice du canal excréteur. L’orifice fistulisé du canal de Sténon est recouvert d’une cupule emplie de liquide, réunie par un tuyau de caoutchouc à un tube plongeant dans un flacon. Le flacon est muni d’un index capillaire liquide que chaque goutte de salive mobilise et dont on peut inscrire les déplacements. L'opération, extrèmement bénigne, aura permis d'observer avec précision le . fonctionnement des glandes salivaires. "Des dispositifs colorimétriques et électriques, enfin, amplifieront et préciseront les mesures.

Second temps, plus difficile de l’expérimentation, il s'agira de mettre les animaux à l'abri des excitations extérieures variées qui peuvent les influencer. Comme le dit Pavlov, «il est indispensable de simplifier l'ambiance ». L'animal est suspendu à un bâti de bois par des sangles qui passent sous son Corps, l’expérimentateur est placé dans une pièce contiguë. Par ailleurs, le laboratoire lui-même est, grâce à des arrangements spéciaux, isolé en quelque sorte du monde extérieur. Les différentes pièces sont de même soigneusement mises à l’abri des influences extérieures, grâce à un capitonnage épais. Pour agir sur l’animal, pour noter ses réactions, sont utilisées des transmissions aériennes et électriques. L’investigateur, de son côté, doit avoir à sa portée un nombre considérable d'instruments, afin de pouvoir se servir tantôt de l’un, tantôt de l’autre des excitateurs et de pouvoir en faire des combinaisons variées « telles qu'en fait la vie elle-même ».

Il réalisa ainsi des chambres d'expériences que l’on a appelées « tours de silence », grâce auxquelles il put étudier et définir les lois des réflexes conditionnels, les règles suivant lesquelles ces réflexes s’élaborent, s’établissent, persistent, s'affaiblissent et disparaissent.

La principale méthode technique ainsi décrite, passons à la première expérience de Pavlov, expérience qui demeurera cruciale dans la longue suite de recherches entreprises par l’auteur et ses élèves :

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L'animal préparé (on a agi sur lui à plusieurs reprises à l'aide du son d’un métronome, puis on lui a donné immédiatement après de la nourriture, d'où le réflexe alimentaire congénital), sa glande salivaire étant au repos, on agit sur son oreille à l’aide du métronome. Au bout de neuf secondes, commencera la sécrétion salivaire, et, en quarante-cinq secondes, s’écouleront onze gouttes de salive. |

Cette sécrétion, obtenue en dehors d’une.excitation étrangère à l'alimentation, doit être envisagée en tant qu'élément du réflexe alimentaire. C’est un phénomène central accompli par les hémisphères. La preuve en est qu'un chien privé de ses hémisphères ne présentera pas de sécrétion dans les mêmes conditions.

On obtiendra un résultat identique à celui donné par le métronome en « montrant » simplement à l'animal des aliments.

La réponse du chien doit être envisagée dans un cas comme dans l’autre comme un phénomène de signalisation, c’està-dire comme le résultat du travail des hémisphères : même dans le second cas, il ne s’agit pas d’une réaction congénitale (cf. l’expérience de Tsitovitch : il nourrit une portée de petits chiens exclusivement au lait; au bout de quelques mois, il constate que la salivation ne se produit chez les jeunes animaux que lorsqu'on leur montre du lait, et jamais lorsqu'on leur présente de la viande ou quelque autre aliment). |

La signalisation est, de toute évidence, un acte réflexe : comme le réflexe, elle est une réaction régulière et indispensable de l'organisme à l'agent extérieur qui se réalise à l’aide d’une partie déterminée du système nerveux; comme le réflexe, elle est déclenchée par une excitation externe (cf. le métronome dans l'expérience décrite).

Ainsi signalisation : réflexe. La signalisation différera des rétlexes habituels simplement par le fait qu’elle est un mécanisMme acquis,

AT ride Ainsi nous sommes amené à distinguer, avec Pavlov :

I. Réflexes innés, ordinaires, congénifaux, absolus, que l'on peut subdiviser, selon Hoffmann, en :

1° Eigenreflex; 2° Fremdenreflex.

II. Réflexes acquis, conditionnels, n'apparaissant que conditionnellement. Ils ne sont donc :

— ni immuables:

— ni communs à l’espèce;

— ni Caractéristiques de celle-ci; — ni héréditairement transmis.

Ils sont liés à l’histoire antérieure d’un individu isolé: ils sont liés à la présence du cortex.

Le réilexe conditionnel.

Le fait du réflexe conditionnel est un fait journalier, répandu. C’est ce que nous connaissons par rapport à nous et aux animaux sous la dénomination de dressage, discipline, éducation, habitude.

La première condition fondamentale pour la formation d'un réflexe conditionnel donné, c’est la coïncidence, ou, du moins, la succession rapide du temps d'action de l'agent jusque-là indifférent et de l’agent absolu qui provoque un réflexe déterminé absolu. |

La seconde condition importante est la suivante : l'agent indifférent doit précéder de peu l’action de l’excitateur absolu. Si, au contraire, on fait agir d’abord l’excitateur absolu et seulement ensuite l’agent indifférent, le réflexe conditionnel ne se forme point.

Dernière condition, enfin, l’animal doit être parfaitement réveillé. En effet, si l'animal d'expérience est plus où moins somnolent, la formation du réflexe conditionnel, ou se pro-

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longe et se complique ou bien même devient tout à fait impossible.

Par ailleurs, les hémisphères doivent être libres de toute autre fonction au moment de la formation d’un nouveau réflexe conditionnel. 3

Enfin, l'animal doit être ‘en bonne santé.

Quant aux agents entraînant la formation des réflexes conditionnels, ils sont plus ou moins indifférents. En principe, en effet, n'importe quel excitant peut devenir un excitant conditionnel. Pavlov utilisa les excitants auditifs, visuels, cutanés (tact, chaud, froid, douleur), musculaires (une cerlaine position donnée à une articulation) et olfactifs. Ses expériences ayant porté principalement, comme on le voit, sur le réflexe salivaire, il n’a point étudié de réflexe à point de départ gustatif, les excitations gustatives évoquant par elles-mêmes un réflexe inné qui aurait été le même que le réllexe conditionnel.

La cessation d’une excitation sensorielle permanente peut aussi devenir un excitant conditionnel. Un chien est placé en position d'expérience et un diapason émet constamment Ie même son. On fait cesser ce son et on introduit de la viande dans la gueule de l’animal. Au bout d’un certain nombre de répétitions, on constate que la cessation du son suffit à provoquer la sécrétion salivaire (la comparaison du meunier endormi qui se réveille quand son moulin s'arrête de tourner vient aussitôt à l’esprit).

Pavlov a recherché également si un excitant douloureux pouvait devenir conditionnel. Il a d'abord essayé de faire coïncider des réactions douloureuses (l'animal se débat, il a des troubles du rythme respiratoire et du rythme cardiaque), provoquées par des excitations électriques où mécaniques (piqûres, pincement) de la peau avec l'introduction d’aliments dans la gueule. Après quelques répétitions, il observa : les phénomènes suivants :

1° L'excitant, douloureux aù début, paraît avoir perdu ce

caractère. [Il ne provoque plus de réaction motrice, respiratoire où cardiaque quand on l’applique;

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