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2° Cet excitant a acquis la propriété de produire la sécré- - tion salivaire. |
Pavlov s’est demandé alors si toutes les excitations douloureuses peuvent devenir des excitants conditionnels. Il a constaté que la brûlure de la peau le peut et qu'elle perd aussi son caractère objectif d’être douloureuse. Il a fait la même expérience en provoquant des douleurs osseuses (par courant électrique). Dans ce cas, il n’a pu obtenir de réflexe conditionnel et l'excitation a gardé son caractère douloureux objectif.
Interprétant le résultat de ces expériences dans un sens
finaliste, 1l a proposé une hiérarchie des excitants douloureux. Ceux qui tendent à détruire le revêtement cutané peuvent devenir des excitants conditionnels alimentaires et perdre leur caractère douloureux, car il est plus utile à l’organisme d'assurer son alimentation que de conserver l’intégrité de son enveloppe, d’où l’avantage de l’emploi du réflexe absolu alimentaire, qui, selon les termes mêmes employés par Pavlov, «se localise au sommet de l'échelle hiérarchique des réflexes ». Au contraire, les excitants douloureux, qui tendent à détruire la charpente osseuse, ne peuvent devenir des excitants conditionnels alimentaires, car il est plus utile à l'organisme de conserver intact son squelette que de se nourrir.
Si de multiples stimuli peuvent entraîner la formation de réflexes conditionnels, il n’en est pas moins vrai que l’établissement du réflexe conditionnel est plus ou moins facile ou difficile selon la nature du stimulus et surtout selon son mode d'application et l’organe sensoriel mis en jeu. D'une manière générale, on peut établir les règles suivantes :
1° Les réflexes conditionnels se développent plus vite pour des stimuli discontinus que pour des stimuli continus; 2° À l’intérieur d’un même récepteur (tactile, auditif...) le temps d'établissement du réflexe se raccourcit en.
fonction de l'intensité du stimulus;
3 Que l'excitation soit auditive, tactile ou olfactive, la vitesse d'établissement du réflexe conditionnel est à peu près la même. Si l'excitation est d'ordre thermique, l’établissement est plus lent; si le stimulus est d'ordre douloureux, l'établissement est plus lent
encore.
Résumant tout ce que nous venons de dire, nous pouvons définir le réflexe conditionnel un réflexe acquis, spécifique de l'individu considéré et développé par la combinaison répétée d'un stimulus indifférent avec un stimulus inné. Un nombre suffisant de combinaisons rend le stimulus indifférent stimulus « condilionnel » (conditionnel, parce que n’apparaissant que conditionnellement).
Les caractéristiques du réflexe conditionnel seront les suivantes
1° Il ne peut se former, comme Jo dit, que si le « cerveau __est intact; ù
2° Il ne s’acquiert que par le dressage, «par le travail » (Pavlov); :
3° I n'y à aucune proportionnalité entre le stimulus et la réponse obtenue;
4° Il se greffe toujours sur un réflexe inné;
5° Comme déjà vu également, sa formation n’est possible que s'il précède ou accompagne un certain nombre de fois le stimulus absolu, ce que montre parfaitement le tableau suivant, dû à Anrepp : |
Stimulus conditionnel : 637,5 vibrations à la seconde. -
Nombre de combinai- Période latente en seconsons : stimulus condi- Intensité du réflexe en des entre l’application tionnel et aliments nombre de gouttes de ..et l'apparition de la donnés au chien, : salive par 30 secondes. salivation. ;
1 0 Res 9 18 trio 15 30 4 DS 65 2 40 68 1 50 64 2
El; Mer
Les réflexes conditionnels eux-mêmes se divisent en plu-
sieurs types selon le temps qui s’écoule entre l'application de l’excitant indifférent qui deviendra conditionnel et l’excitant spécifique. C’est ainsi qu'on distingue
1° Les réflexes conditionnels simultanés ou présents, déve- Joppés par la répétition simultanée de l’excitant indifférent et de l'excitant spécifique.
2° Les réflexes conditionnels dilués, obtenus par la répétition de l'association excitant indifférent — excitant spécifique, le premier précédant le second d’un laps de temps très court — quelques secondes au plus:
9° Les réflexes conditionnels de trace, beaucoup plus difficiles à faire apparaître, obtenus par la répétition de l’association excitant indilférent-excitant spécifique, le second succédant au premier à des intervalles allant de une à trois minutes. -Ils obéissent à des lois spéciales, au contraire des réflexes dilués, qui obéissent aux lois ordinaires des réflexes conditionnels.
Dans le cas des réflexes de trace, ce n’est pas l’excitateur présent tel qu'il agit à l'instant sur l’animal, mais c’est le reste de son action au niveau du système nerveux, après sa cessation, qui est l’excitateur conditionnel. Ce n’est pas l'agent. indifférent devenu conditionnel qui provoquera la réaction, mais après l'arrêt de son action, surviendra la réaction correspondante (alimentaire ou autre) : « L’excitateur conditionnel sera non l'excitation présente, mais sa trace au niveau du système nerveux central. » (Pavlow.)
Les réflexes de trace eux-mêmes se divisent en réflexes de trace courts ou précoces et en réflexes de trace longs ou tardifs, selon le temps qui s’est écoulé entre la mise en application de l’excitant indifférent et celle dé l’excitant absolu -lors de d'élaboration du réflexe conditionnel. Ce sont surtout les réflexes conditionnels de trace tardifs qui présenteront des particularités intéressantes, très différentes de celles des réflexes conditionnels ordinaires.
M RTEL. F 2
Le réflexe conditionnel étant défini quant à ses principales modalités, nous envisagerons maintenant ses différentes propriétés. É
Propriétés des réflexes conditionnels.
Nous les schématiserons pour les besoins de l’exposé 1° INTENSITÉ.
Elle dépend de l'intensité du stimulus employé pendant l'établissement du réflexe conditionnel et, par conséquent, des conditions de dressage.
Exemple :
637,5 vibrations/sec. d'intensité moyenne : 65 gouttes salive en 30 secondes; 637,5 vibrations/sec. d'intensité faible : moindre quantité de salive excrétée; 637,5 vibrations/sec. d'intensité forte : moindre quantité de salive excrétée également.