CHAPITRE I
« Peut-être ni'opposerez-vous la coutume, disait 0 le pape Grégoire, mais notre Seigneur a dit: Je « suis la voie, la vérité, la vie^ et non pas : Je suis la « coutume {i). Trois autres papes, Urbain II, Mar- « celin, Symmaque et aussi saint Augustin, ont af- « firme qu'il n'était permis ni à pape, ni à empe- « reur, de rien changer à ce qui est prescrit dans la « loi et dans l'Evangile. Le blâme est donc à ceux « qui ont retranché la coupe au peuple contre l'in- « stitution de Jésus-Christ et la pratique de l'an- «cienne Eglise. Il esta ceux qui ont supprimé la a communion sous les deux espèces, et non à ceux « qui veulent la rétablir. »
Prenant ensuite la défense de l'Université de Prague, qui paraissait vouloir revenir à l'institution primitive de la Cène, Jacobel n'épargna point de vives censures à ses adversaires. « Les raem- « bres de notre Université, dit-il , ne se pavanent a point dans un costume éclatant et fastueux, afin « de faire ressortir davantage leur dignité; ils ne « sont pas de ceux dont le Seigneur a dit : Ils ai- « ment les premières places dans les festins et les «synagogues, afin d'être salués dans les places pu- « bliques et de s'entendre appeler maîtres. N'est- « ce pas une honte pour l'Eglise , comme le dit
(1) VoiiilorHai(It,t.!ll,p. 608.
10 LIVRE lli.
« saint Jérôme , de prêcher Jésus-Christ pauvre, « crucifié, manquant de tout, avec des corps char- « g^és de g raisse , avec des faces bien nourries et « des lèvres vermeilles? Si nous sommes à la place « des apôtres, ce n'est pas seulement pour prêcher « leurs doctrines, mais c'est aussi pour imiter leur « vie. Et de pareils hommes osent affirmer que ceux « dont les conclusions ne sont pas les leurs sont « punissables comme hérétiques ; mais dans la pri- « mitive Eglise les hommes qui suivaient Jésus- « Christ, ses disciples, ses apôtres, et Jésus-Christ « lui-même, n'ont-ils pas été tous déclarés héréti- « ques par les prêtres et suppliciés comme tels? »
Jacobel cite Esaïe, Ezéchiel, saint Cyprien, saint Ghrysostôme, pour démontrer que les prêtres de l'Eglise romaine se comportaient comme les prêtres de l'Eglise juive, en persécutant les vrais disciples, les fidèles serviteurs de Dieu.
« Si, par impossible, dit-il, le Christ se présen- « tait au milieu du concile de Constance avec les « membres de l'Eglise primitive, et s'il répétait à « l'assemblée ces paroles prononcées par lui à Caa pernaum : .SV vous ne mangez la chair du Fils « de V Homme et si vous ne buvez son sang^ etc., et « s'il voulait accomplir en ce lieu le sacrement tel « qu'il l'a institué, pensez-vous que les assistants