XXIV PRÉFACE
C*est ainsi que les cœurs et les pensées tendent à s'élever au-dessus des distinctions de pays et de sectes, et que les peuples s'avancent par la lumière et par la liberté vers l'unité spirituelle, bien supérieure à cette unité extérieure et factice où ils ont été si longtemps retenus par l'ignorance et la servitude (1).
Une telle œuvre est grande et nouvelle; des nations éclairées pourraient y concourir, et au premier rang celle où le lien sympathique est le plus fort, où la liberté fait battre tous les cœurs, où une répugnance invicible pour le joug sacerdotal se combine avec un ardent désir d'unité : c'est désigner la France. Mais la France ne se connaît pas, et plusieurs profitent de son ignorance d'elle-même pour l'en- .traîner à son insu dans un sens opposé à ses tendances, à ses besoins, à ses vœux. D'autres, bien différents de ceux-là , concourent, sans le savoir, au même but 5 on les reconnaît à un
(l)Noiis aimons à nous rencontrer ici avec MM. Edgar Quinet et Michelet,dont la courageuse éloquence a rendu d'c'minents services à la cause de la liberté religieuse.