‹ Les réformateurs avant la Réforme. XVe siècle. Jean Hus et le Concile de ConstanceChapitre 12 sur 274 · PRÉFACE. XXV · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XXV

signe indélébile, au mépris, au rire implacable dont ils poursuivent quiconque lente de relever vers Dieu la face d'un grand peuple : ils ont rejeté l'antique croyance et ils n'en veulent pas d'autre; ils haïssent cette Église vieillie où ils sont nés, et ils attendent sa chute; il y a cent ans qu'ils l'attendent, et la voyant debout ils s'étonnent; ils ne savent pas que, dans l'ordre des idées, rien n'est détruit que ce qui est remplacé, et qu'un culte ne se remplace que par un culte.

Si une foi aveugle et imposée peut suffire à un peuple asservi, un peuple libre a besoin de convictions; sans convictions la liberté de conscience n'est rien, et aucun peuple n'en a besoin plus que la France, surtout si l'horizon devient sombre.

Lessignes du temps peuvent tromper; j'ignore, si la tempête suivra l'éclair : quoi qu'il arrive, ce ne sont pas ceux qui élèvent le plus haut la voix qui me semblent les plus redoutables : l'ardente parole des apôtres de la Ligue ou des séides de l'inquisition n'a point d'échos sérieux en France. La liberté religieuse a des ennemis qui

Page 1