CHAPITRE Vin
tendant à empêcher les chrétiens d'obéir au pape et à discréditer les statuts et les traditions de l'Eglise.
2° Si quelqu'un^ dans la passion ou par la crainte de la morl^ nie de bouche quelque vérité de foi ^ et qu'il ne puisse et ne veuille pas s'en purger suffisamment^ il ne laisse pas de demeurer fidèle (1).
On est catholique, disait Gerson , dès lors que l'on garde la foi dans l'entendement. Maxime dangereuse, répondit Jean de Rocha, car elle tendait à favoriser l'hypocrisie et l'apostasie.
3" Jésus-Christ, qui est l'époux de l'Eglise , ne peut être ôlé à son épouse et à ses enfants^ de telle sorte que V Eglise demeuiât dans une seule femme ('2).
Cette proposition est jugée téméraire , erronée, scandaleuse , contraire à la foi et à la piété, parce qu'on croit pieusement que, pendant les jours de la Passion de notre Seigneur, l'Église a subsisté dans la seule Vierge Marie.
4" Le retranchement d'un seul membre de V Eglise y met une grande imperfection.
Proposition fausse et scandaleuse , disait-on ,
(1) Gers. Oper.,t. V, p. 453.
(2) Gerson, de Auferibililale, t. IF, p. 212-213. — Gcrsoii dit le contraire dans son traité de Mod. de uniendi ac reform. Eccles., t. II, p. 189.
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parce que l'Église perd tous les jours plusieurs membres par leur obstination et leur impénitence sans rien perdre de sa beauté.
5" Si un ange de Dieu descendait du ciel, et qu'il annonçât à l'auteur de ces assertions quelque chose qui fût opposé à son opinion, il ne le croirait pas, et, ce qui est plus, il li en croirait pas Dieu luimême,
Gerson soutient qu'il a parlé non de ce qui est opposé à une opinion , mais à la foi catholique en général , et il allègue en sa défense l'épitre de saint Paul aux Galates (1). Il y a, dit Jean de Rocha, dans cette proposition, de la témérité et du blasphème. Saint Paul, d'ailleurs, ne parle que d'un ange du ciel et non pas de Dieu (2).
6° Si Jean TIus avait eu de tels avocats , on ne V aurait pas condamné.
Cette proposition, disait Gerson, ne devait point être prise dans sens littéral. Elle est injurieuse au concile, répondait Jean de Rocha; car, en admettant sa sagesse , il était impossible que Jean Hus échappât.
Quel exemple pour le siècle, pour le concile, pour Gerson lui-même ! quelle leçon pour tous, de voir ce grand homme, réputé une des grandes lu- (1) Gai. I, 9, — (2) J. Gerson, t. V, p. 443, 449.