‹ Les réformateurs avant la Réforme. XVe siècle. Jean Hus et le Concile de ConstanceChapitre 165 sur 274 · CHAPITRE XL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XL

Jérôme de Prague.

La lettre menaçante des grands de Bohême causa une vive agitation au concile, et tint d'abord les Pères irrésolus touchant la conduite qu'ils auraient à tenir envers Jérôme de Prague, qu'ils gardaient toujours enchaîné dans la tour du cimetière de Saint-Paul.

Irrités du contenu de cette lettre, ils auraient volontiers envoyé Jérôme au supplice, mais ils craignaient aussi que la vengeance ne suivît la menace, et ils cherchèrent d'abord un prétexte pour être

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dispensés de punir. Tout fut donc mis en œuvre pour obtenir que Jérôme abjurât (1).

II languissait depuis six mois dans les fers, aucune rigueur ne lui était épargnée dans son cachot infect, et déjà ses pieds étaient atteints d'une plaie incurable (2). On espéra que des angoisses si prolongées auraient abattu son âme et dompté son courage ; il fut tiré de prison et sommé, sous peine du feu, d'abjurer, de souscrire à la mort de Jean Hus.

La fragilité humaine l'emporta : Jérôme eut peur, et signa un écrit par lequel il se soumettait au concile et approuvait ses actes. Cette rétractation de Jérôme témoigne, par les restrictions même qu'elle renferme, combien il en dut coûter à ce malheureux homme pour s'y résoudre : il souscrit, il est vrai, à la condamnation des articles de Wycliife et de Jean Hus , mais il n'entend porter d'ailleurs aucun préjudice aux saintes vérités que ces deux hommes ont enseignées ; et, quant à Hus surtout,

(1) Concilii Paires, viso ex novissimis Bohcinoruni liUcris pcr Bohemos ex Hiissi cineribus orto inceiidio, Hieronynuini ad rccaiitandum omnibus modis invitare, coque Hue e carcere in cœuioterio Sancti-Pauli sito productum, coucilio ssepius sistcrc, ne novostatimfuso sanguine oleuin denuo igni affundcrent.

(Msc. Hclmst. Ap. Von der Hardt, t. IV, p. 497.)

(2) Theobald., Bell. Hussil., cap. xx.

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