‹ Les réformateurs avant la Réforme. XVe siècle. Jean Hus et le Concile de ConstanceChapitre 169 sur 274 · II · texte numérisé non relu

II

On fit droit à la demande du promoteur du concile, et la parole ne fut accordée à Jérôme que pour répondre brièvement sur chaque article. Lui cependant était fermement résolu à ne dire sa pensée que lorsqu'il lui serait permis de l'exposer tout entière.

Ayant demandé à s'expliquer librement : « Bor- « nez-vous à répondre , lui cria-t-on , et répondez «sur-le-champ. — Dieu de bonté, dit-il, quelle « injustice! quelle cruauté î Vous m'avez tenu ren- « fermé trois cent quarante jours dans une affreuse « prison, dans l'ordure, dans la puanteur, dans le « besoin extrême de toutes choses ; vous prêtez « l'oreille à mes ennemis mortels , et vous refusez « de m'écouter. Est-il étonnant qu'ils vous aient « persuadé que je suis le plus opiniâtre des héré- « tiques qui ait jamais été dans le monde, l'ennemi « de la foi , le persécuteur des prêtres ? Je n'ai pu « obtenir, par les plus humbles prières, un seul « moment pour me justifier, et, avant d'avoir re- « cherché qui je suis , vous m'avez traité en impie. « Et cependant vous êtes des hommes et non des « dieux ; vous pouvez vous tromper et être trom- « pés. Si vous êtes en effet des hommes sages et les « lumières du monde , prenez garde à ne point « pécher contre la justice. Pour moi , je ne suis

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