‹ Les réformateurs avant la Réforme. XVe siècle. Jean Hus et le Concile de ConstanceChapitre 200 sur 274 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

Le juge ecclésiastique absoudra gratis^ et, s'il impose une amende, il emploiera cette somme à des usages pieux, sous peine de privation de ses charges et bénéfices. Les prélats, prieurs, archiprétres et autres, ayant juridiction ecclésiastique, ne choisiront pour juges et pour officiaux que des gens habiles dans le droit, d'une probité reconnue, non mariés et non suspects par alliance ou parenté avec i'évêque.

Les synodes nationaux et provinciaux pourvoiront au maintien de la liberté ecclésiastique et de l'union entre les prélats. Il est défendu à ceux-ci d'entreprendre aucune guerre à moins qu'ils n'y soient obligés par l'autorité de leurs souverains ou que l'offenseur n'ait pu être ramené par la voie de la justice et des censures ecclésiastiques.

Le collège réformatoire porte ensuite toute son attention sur les mœurs des prêtres; il prescrit aux évéques de surveiller les coupables et de les punir. Tout prêtre concubinaire perdra ses bénéfices si dans l'espace d'un mois il ne renvoie sa concubine ; les enfants des prêtres ne seront point reçus aux ordres ; ils ne posséderont ni bénéfices ni prébendes, à moins d'une dispense du siège de Rome pour motif extraordinaire.

La résidence est ordonnée aux curés; ils conser-

veront toujours l'habit ecclésiasque, et nul ne sera curé dans une paroisse s'il n'en parle pas la langue.

Le collège règle ce qui touche l'état des chanoines, leur âge(l), leurs revenus, le mode des élections; il casse tous les serments injustes imposés comme la condition du choix qu'on aura fait d'eux. Si les évéques ont eu le malheur d'en prêter de semblables ils ne seront point tenus de les observer. A la mort d'un évêqueles chanoines ne s'empareront ni de ses meubles, ni de ses joyaux, ni de son argent.

Le clergé unissait sa voix à celle des laïques pour dénoncer la corruption presque générale des moines, et des conflits d'autorité s'élevaient perpépéluellement entre eux et les prêtres séculiers : le collège réformatoire les soumit à des règlements sévères. Il casse d'abord toutes les exemptions accordées depuis le schisme aux monastères et à toute maison religieuse sans le consentement des ordinaires. Il prescrit aux moines sous de fortes peines d'observer leur institut, et de s'en tenir aux trois choses essentielles, qui sont V obéissance ^ la charité et la pauvreté ; il ordonne la convocation régulière des congrégations capitulaires dont l'objet est la visite et l'inspection des couvents; il défend de recevoir personne dans les couvents à moins (l) Le collège décide qu'ils n'auront pas moins de dix-huit ans.

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