CHAPITRE V
clarèrent pour ou contre les doctrines des nouveaux réformateurs, non suivant qu'elles leur parurent conformes ou opposées aux principes du christianisme, mais selon qu'elles étaient avantageuses ou nuisibles à leurs intérêts temporels.
Il fallait qu'il en fût ainsi pour que la réforme s'affermît et ne fût point étouffée dans son germe au milieu des orages.
Ainsi donc, le grand schisme eut pour principaux résultats, d'abord l'affaiblissement du principe d'autorité dans l'Église, et par suite une forte impulsion donnée à deux tendances d'affranchissement trèsdiverses : l'une conduisait, comme on l'a vu, à la réforme du clergé par le clergé, à la substitution du principe aristocratique au principe monarchique 5 ses grands actes furent les décrets de Constance et de Bâle, la Pragmatique de Charles YII et la déclaration de 1682; elle eut, pour principale sphère d'action, la France, et pour ses plus illustres représentants, au XV^ siècle, Gerson et d'Ailly, au XVIIe, Bossuet.
La seconde tendance fut celle qui substitua l'autorité de la Bible, interprétée par le sens individuel, par la conscience, à l'autorité du sacerdoce ; elle amena la grande guerre de Bohême, au XV*^ siècle,
LIVBE IV.
et la réforme du WV\ dont les principaux foyers furent l'Allemagne et l'Angleterre, révolution jusqu'alors sans exemple, qui eut Wycliffe pour père, Jean Hus pour précurseur, et à laquelle Luther attacha son nom après l'avoir accomplie.