‹ Les réformateurs avant la Réforme. XVe siècle. Jean Hus et le Concile de ConstanceChapitre 220 sur 274 · CHAPITRE f · texte numérisé non relu

CHAPITRE f

Suite et fin du schisme.

Cet ouvrage, dont le sujet principal est l'exposé des doctrines produites durant le schisme et des grands événements accomplis au concile de Constance, aurait pu se terminer à la clôture de cette assemblée célèbre. Cependant, pour que le tableau d'une époque soit complet, il faut compléter l'histoire de ceux qui occupaient alors la première place. Nous dirons donc, avec la fin du schisme, celle des deux derniers pontifes qui avaient contribué à l'entretenir; nous rappellerons la destinée si diverse des plus éminents entre leurs adversaires ; nous suivrons l'empereur sur les champs de bataille où il usa sa vie, et Gerson dans la re-

traite où il acheva de sanctifier la sienne ; nous ferons connaître enfin les hommes terribles qui vengèrent ceux que le concile immola.

Le schisme, comme on l'a vu , ne fut pas entièrement éteint à Constance : Pierre de Lune, sous la protection d'Alphonse V, protestait à Péniscole, et Balthazar Cossa, captif à Heidelberg(l), sous la garde de l'électeur palatin , se faisait craindre encore. Il avait dans son trésor un auxiliaire puissant dont il fit usage pour s'affranchir : il acheta, diton , sa liberté de l'électeur pour trente mille écus d'or, et se rendit aussitôt en Italie.

Plusieurs petits tyrans qui s'étaient emparés des terres de l'Eglise dans le Bolonais, dans le duché de Spoléte et dans la Marche d'Ancône, l'excitèrent à reprendre la tiare, s'olfrant à l'assurer sur sa

(1) 11 avait été, pai- l'ordre de l'empereur, transféré de Gotlebcn à Heidelberg, où il était honorablement traité,

(Theod. Niem, de VHa Joh.) Dans une ancienne chronique, Jean XXIll déplore ainsi son infortune :

Qui modo summus eram, gaudens de iiomine, Praesul,

Trislis et abjectus nunc mea futa gemo. Excelsus solio niipcr versabar in alto,

Cunctaque gens pedibus oscula prona dabat ; Nunc ego pœnarum fundodevolvorin imo, Et me deiormem quemque videre piget.

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