CHAPITRE m
après la mort de Wcnceslas -, car aux intérêts religieux se joignirent les intérêts politiques; mais ceux-ci furent d'abord subordonnés à ceux-là. Les trois principaux partis étaient ceux des catholiques, des Calixtins et des Thaborites. Les catholiques avaient perdu toute influence ; les plus zélés se tenaient immobiles et attendaient, les autres se rapprochaient des Calixtins et faisaient cause commune avec eux. Ceux-ci étaient surnommés IIussiies clochants par les hommes qui allaient plus loin qu'eux dansleurs réformes, et, quoique accusés d'être infidèles aux doctrines de leur maître, ils les reproduisaient au contraire dans un formulaire trèsconcis qui se réduisait à quatre articles, savoir :
1° La communion sous les deux espèces, d'où ils reçurent le nom de partisans du calice ou de Calixtins (I);
2° La libre prédication de la parole de Dieu;
3<* La punition des péchés publics sans privilèges du clergé;
4" La non-possession des biens temporels par les prêtres ouïes religieux, avec l'administration civile et à titre de propriété indépendante.
La plupart des hommes influents en Bohême adoptèrent ces quatre articles, et, dans la suite,
(1) Ils admellaient la présence réelle et la transsubstantiation.
l'archevêque Conrad se joignit à eux et se tléclara calixlin.
Les Thaborites furent ainsi nommés parce qu'ils composaient la majeure partie de l'armée qui fonda la ville de Thabor et restèrent seuls maîtres do cette place jusqu'à la fin des troubles religieux. Ils n'admettaient dans l'Église ni la hiérarchie du sacerdoce, ni les pratiques purement cérémonielles, ni l'ornement extérieur; ils maintenaient la communion du calice, comme les Calixtins, mais un grand nombre rejetaient le dogme de la présence réelle (1). La doctrine de ces derniers était la pure
(I) Un écrivain célèbre, qui a publié dans la lievue indépendanle {n\v\\ et mn\ 1843) quelques brillants articles sur la guerre des Hussites, attribue à la question du calice, en Bolièine, une importance que nous croyons exagérée. Voici ses termes : « Le rétablissement ou le retranchement de la coupe était la <• question vitale de l'Église constituée comme puissance polili- « que... c'était la question vitale des peuples constitues comme « membres de l'humaniti', comme êtres pensants civilises par le " chrislianisme, comme force ascendante vers les conquêtes des «vérités sociales que l'Évangile avait fait entrevoir (tome VIII, « page 36). » Selon nous, le peuple de Bohême ne voyait pas si loin. Nourri des Écritures, il protesta contre le retranchement de la coupe uniquement parce qu'il trouva dans l'Évangile la pratique contraire appuyée de Tautorilé de Jésus-Christ. La question du calice, d'ailleurs, n'a de l'importance dans l'ordre des idées que lorsqu'elle se lie à la négation de la présence réelle. Or, la grande majorité du peuple de Bohème, converti au christianisme par des moines grecs, professait sur le sacrement de l'autel a doctrine de rÉglise<rOricnl : elle admellnitla Iranssulstanlia-