‹ Les réformateurs avant la Réforme. XVe siècle. Jean Hus et le Concile de ConstanceChapitre 241 sur 274 · CHAPITRE 111. 3i ûf · texte numérisé non relu

CHAPITRE 111. 3i ûf

qui l'avait affranchie. Il emporta son secret dans la tombe, et, après avoir vécu pour ruiner les projets de l'empereur, il mourut trop tôt pour les servir. La peste qui désolait la Bohême le frappa au siège d'une petite place, sur les confins de la Bohême et de la Moravie (t). Il expira le 11 octobre 1424, en prescrivant à ses soldats d'abandonner son corps aux oiseaux de proie et de faire de sa peau un tambour dont le bruit seul répandrait la terreur parmi les ennemis (2).

Ainsi tomba ce guerrier auquel on chercherait en vain un semblable parmi les plus fameux , cet aveugle qui exécuta contre l'ennemi d'aussi grandes choses que ceux dont le regard fut le plus rapide et le plus pénétrant (3). Il résista aux forces de toute l'Allemagne , délivra son pays, contint les factions et vainquit onze fois en bataille rangée (4). Il ne fut point redevable de ses succès à un en-

(t) Przibislaw, selon Théobald, Bell. Huss.,p. ll5;Presiovic, selon yEneas-Sylvius, Hist. Boft., p. 98.

(2) Mêmes auteurs, mêmes pages.

(3) Cochlée, l'historien le plus passionné contre Ziska, a dit qu'on peut non-seulement l'égaler, mais le préférer aux plus grands capitaines. (Hisl. Huss., p. 217.)

(4) Dans les batailles, il se faisait conduire sur son char auprès du principal drapeau; là, d'après le compte qui lui était rendu, il

-disposait son armée, donnait le signal et remplissait les autres devoirs de chef. (Balbinus, p. i56.)

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thousiasme religieux et personnel : subordonnant sa religion à sa politique, il se déclara pour les Thaborites parce que la force populaire était en eux et parce qu'ils ne voulaient pas d'un roi; mais seul, peut-être, dans une guerre religieuse, il osa se montrer l'implacable ennemi du fanatisme en menant au combat des fanatiques (1). Son ascendant provint de son génie , de son audace , des incroyables ressources que l'on trouvait en lui. Ziska, au dire des historiens, n'était pas moins remarquable par la prudence et la ruse que par le courage et l'activité, et ses stratagèmes sont aussi célèbres que ses exploits. Esprit inventif et fécond, il donna pour armes aux Hussites le bouclier long et la lance armée du croc qui désarçonnait les cavaliers ; il inventa les redoutes mobiles formées avec des chariots liés les uns aux autres par des chaînes de fer (2), et il enseigna l'art d'opposer des

(1) Ziska écoutait la messe dans son camp selon l'ancieii rituel, et voulait que le prt'tre officiât revêtu du surplis et dos orricmeiils qui, aux yeux des soldats thaborites, e'taient les pompes du démon ; toutefois, tant qu'il vécut, la majeure partie de son armée admit le dogme de la présence réelle. — Voyez Beaussobrc , Suppl. de la prem. partie de la dissertation sur les Adamiles.

(2) Ces chars, remplis de soldats, étaient disposés de manière à présenter au dehors un mur de défense, et au dedans des rues sinueuses tracées sur le modèle de chiffres ou de lettres, signes connus des défenseurs, mais ignorés de l'ennemi.

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