CHAPITRE IV
de la paix l'emporta dans cette ville, et députa au concile pour en rédiger les clauses définitives, qui furent signées l'année suivante, et qui sont célèbres dans l'histoire sous le nom de Compactata.
A l'occasion de ce pacte projeté, la guerre civile éclata plus furieuse que jamais dans le royaume. Les catholiques, unis aux grands et à l'ancien parti utraquiste ou calixtin (1), dirigé par Rockizane et par les seigneurs de Neuhauss et de Rosemberg, voulaient la paix ; les Thaborites, les Orphelins, les Orébites, sous les deux Procope, opinaient pour la guerre, et montraient combien les concessions du concile étaient insuffisantes et illusoires pour garantir l'observation des quatre articles. Ils n'avaient point tort en cela, mais le souvenir d'innombrables violences s'élevait contre eux : leur sauvage fureur, si redoutable aux ennemis, n'avait pas été moins terrible à la Bohême, et celle-ci s'insurgeait enfin contre de si dangereux défenseurs.
La vieille Prague, où dominait toujours le parti calixtin, se soulève contre la nouvelle, qui est au pouvoir des Orphelins et des Thaborites sous Procope-le-Petit ; une sanglante bataille s'engage : les Thaborites sont vaincus, ils laissent vingt mille
(1) On nommait les callxtins utraquistcs parce qu'ils communiaient sous l'une et l'autre espèce.
hommes sur la place, et les survivants rejoignent le grand Procope devant Pilsen qu'il assiège.
Le siège est levé ; Procope se dirige sur Prague comme autrefois Ziska; mais toute la noblesse de Bohême est unie aux catholiques et aux calixtins contre les Thaborites; une armée formidable sort de la ville et marche au-devant d'eux sous Rosemberg, Neuhauss et Koska. Les deux armées se rencontrent dans une vaste plaine à quatre milles et demi de Prague, entre Broda et Kursin.
Procope avait défendu de livrer combat à moins qu'il ne s'offrît une occasion de vaincre; son intention était de se présenter devant Prague, convaincu que la nouvelle ville lui ouvrirait ses portes (1). L'action s'engagea fortuitement par des chariots de guerre lancés les uns contre les autres avec des défis insultants ; les nobles, par une fuite simulée, entraînèrent après eux les Thaboritesdont un grand nombre quittent leurs chars et s'élancent sur leurs chevaux pour rendre la poursuite plus vive; mais les nobles s'arrêtent : ralliés sous la bannière de Rosemberg , ils se retournent et fondent sur les Thaboriles avant que ceux-ci aient pu reformer le redoutable retranchement des cha-
(0 /Encas Sylviiis, Hisl. Bohem., p. Ili.