II
« treté des consciences, c'est refuser à la société «son lendemain, c'est ouvrir à la civilisation un «profond et silencieux tombeau... Il faut dire à « ceux pour qui le silence est la paix , pour qui la « mort est l'ordre, que les vrais protecteurs de la « société sont ceux-là mômes au nom desquels « se rattachent dans l'histoire des souvenirs de «lutte, de persécution, de martyre. Chacun de « leurs sacrifices nous a valu un des biens de notre « civilisation, chacun de leurs combats un des ga- « ges de notre paix (1).» « Il faut se fier, dans le « christianisme, dit plus loin le môme auteur, au 0 principe secret et puissant d'unité (2). »
En jugeant les diverses communions chrétiennes sur les points apparents qui les divisent, on n'a point donné assez d'attention, on n'a point fait une part assez large aux grands principes qui peuvent
(l)Quel pays dans ces derniers temps a rendu plus que l'Ecosse te'nioignage à cette vérité ? Les plus magnifiques triomphes de Tancierine Rome n'offrent rien de comparable en grandeur à ce simple et pieux cortège de ministres presbytériens qui, en 1843, traversa paisiblement Edimbourg, mettant toute leur confiance en Dieu, après avoir sacrifié leur position, leur bien-être et celui de leur famille à leur conscience. Etranger, je ne décide pas la question enelte-même,je n'examine point si la séparation était un devoir: il suffit que des chrétjens l'aient regardée comme telle pour être tenus de l'accomplir.
(2) Vinet, uhi $upra, p. 369.