‹ Les réformateurs avant la Réforme. XVe siècle. Jean Hus et le Concile de ConstanceChapitre 28 sur 274 · CHAPITRE il · texte numérisé non relu

CHAPITRE il

• dirent : Jugez vous-mêmes s'il est juste, en pré- « senee du Seigneur , que nous vous écoutions

0 plutôt que Dieu Et ces mêmes prêtres leur

« ayant encore une fois défendu de prêcher, ils « répondirent (Act. V) : Il faut obéir à Dieu plutôt 0 qu'aux hommes. Saint Jérôme a dit : Si le maî- « tre ou révoque prescrit des choses qui ne sont « point contraires à la foi ou aux Ecritures, le ser- « viteur est tenu d'obéir ; mais s'il commande ce « qui leur est contraire, il faut obéir plutôt au maî- « tre de l'esprit qu'à celui du corps. Saint Au- « gustin dit de même dans son sermon sur ces pa- « rôles du Seigneur : « Si une puissance terrestre « vous commande ce que vous ne devez pas faire, « méprisez cette puissance et craignez une puis- « sance plus haute... » Nous devons donc résister « au diable et aux hommes lorsqu'ils nous suggèrent « quelque chose contre Dieu, et en cela nous ne « résistons pas , mais nous obtempérons à l'ordre a de Dieu lui-même. Grégoire dit aussi dans ses « instructions morales : Sachez qu'il ne faut ja- « mais faire le mal par obéissance. Saint Bernard « dit aussi dans une de ses lettres : Faire le mal « d'après l'ordre de qui que ce soit, ce n'est pas € obéir, mais désobéir. » Voilà ce que Jean Hus rappelle pour s'affermir, pour s'encourager lui-

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même dans la prédication de la parole malgré la défense des prêtres. Cependant il trahit aussi dans cette même lettre l'inquiétude de ses pensées. « Il « est vrai, dit-il, que les païens, les Juifs, les hé- « rétiques se fondent tous sur le même précepte de « l'obéissance qui est due à Dieu. Hélas, il aveuci gle ceux qui ne sont pas chrétiens, mais non les « apôtres et les vrais disciples du Christ. »

Qui ne reconnaît dans celte parole un vœu ardent plutôt qu'une conviction sérieuse? Qui ne voit là le cri d'un cœur droit et sûr de lui-même, plutôt que l'argument d'une raison lumineuse et forte?

Jean ÏIus s'appuie plus loin dans cette même lettre de cette parole de saint Paul : « Si un ange « même descendait du ciel et s'il prêchait un « Evangile différent de celui que nous prêchons, « qu'il soit anathème ! » A plus forte raison, pensait-il, doit-il être ainsi à legard de ceux qui ne sont pas des anges, mais des hommes charnels, prêtres, évoques ou papes, et qui enseignent nonseulement un Evangile différent de celui de Jésus, mais qui défendent même d'enseigner, de prêcher celui-ci.

L'opposition si grande entre la vie de tant de papes, de cardinaux, et de prêtres , et l'exemple

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