‹ Les réformateurs avant la Réforme. XVe siècle. Jean Hus et le Concile de ConstanceChapitre 29 sur 274 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

de Jésus et de ses apôtres est pour Jean Hus la source d'une poignante douleur. L'indignation qu'il éprouve arme sa parole de traits mordants et acérés; souvent alors, trop vivement subjugué par son émotion impétueuse, il montre dans son langage moins de mesure que de fougue , et l'on y reconnaît plutôt l'emportement téméraire d'un sectaire que la sagesse d'un apôtre. Mais ces fautes mêmes étaient produites par une cause honorable; ces imperfections, tribut qu'il payait à la faiblesse humaine, étaient l'abus d'un zèle trop ardent, trop oublieux de sa propre sûreté, des passions du monde, des intérêts du siècle; et, chaque fois qu'un retour de sa pensée le rendait au calme , chaque fois qu'il était question de montrer la voie du salut et de s'y affermir luimôme, il retrouvait des paroles vraiment évangéliques, et tirait à grands flots de son cœur des expressions brûlantes de charité , de piété , de dévouement pour Dieu et les hommes, comme d'un ardent et inépuisable foyer de foi et d'amour. Les humiliations, les souffrances volontaires et les douces paroles du Sauveur sont toujours présentes à sa pensée , et il y trouve des consolations et des forces.

a Mes bien-aimés, dit-il dans une de ses plus

JOO LIVRE I.

« admirables lettres {\),ne vous laissez point abat- « tre par la terreur, ne vous épouvantez point si le « Seigneur tente quelques-uns d'entre vous. Dieu « lui-même a dit à son serviteur (Prov., ch. III) : « Ne crains pas lorsque la puissance des impies « fondra sur toi, car je serai à ton côté; » et il a 0 dit par la bouche du prophète David : « Je serai « avec lui dans son épreuve, je le délivrerai, je le

a glorifierai » Le Créateur, le Roi, le souve-

« rain maître du monde, sans y être forcé par sa « nature divine, s'est humilié, malgré sa perfec- « tion, dans notre humanité. Il est venu en aide à « nous pauvres pécheurs , supportant la faim , la « soif, le froid, le chaud , l'insommie, la fatigue; « il a souffert, en nous donnant ses divins ensei- « gnements, des douleurs et de graves opprobres de « la part des prêtres et des scribes, à ce point qu'ils « l'ontappelé démoniaque et blasphémateur, disant « qu'il n'est pas Dieu celui qu'ils ont excommunié « comme hérétique , qu'ils ont chassé de leur ville « et crucifié comme et un maudit. Si donc le Christ « a supporté de telles choses, lui qui a guéri toutes « les langueurs par sa seule parole, sans aucune « récompense terrestre , lui qui a chassé les dé- « mons , ressuscité les morts et enseigné la loi

(1) Epist, VI, p. 1!'.>.

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