‹ Les réformateurs avant la Réforme. XVe siècle. Jean Hus et le Concile de ConstanceChapitre 35 sur 274 · CHAPITRE ill. UÔ · texte numérisé non relu

CHAPITRE ill. UÔ

Jean Hus rappelle encore d'autres textes de saint Jérôme, de saint Augustin, de saint Bernard ; et, sur ce que plusieurs disent que Jésus-Christ a accordé à son Église l'usage des deux glaives, il cite ces paroles de saint Bernard à Eugène IH : « Vous domp- « terez les loups, mais vous ne dominerez pas sur « les brebis ; elles vous ont été données pour les « paître, non pour les opprimer. Si vous avez le « coeur saintement ému, servez-vous de votre lan- « gue et ceignez le glaive, le glaive de l'esprit, « qui est la parole de Dieu. » Hus soutient que l'usage du double glaive appartient seulement à l'Église universelle, parce qu'elle est composée indistinctement de tous les fidèles. « Or, dit-il, « comme les séculiers, à qui le seul glaive temporel « convient, ne doivent pas entreprendre de manier «le glaive spirituel, de même les ecclésiastiques, « contents du glaive spirituel, ne doivent point se « servir du temporel ; car, si un homme qui a con- « tribué à la mort de quelqu'un par voie d'insinua- « tion seulement, fût-ce un malfaiteur, ne peut être « admis aux ordres sacrés sans dispense, c'est, de « la part d'un homme déjà ordonné prêtre, une « l)eaucoup plus grande infraction de tuer des bom- « mes, soit par lui-même, soit par d'autres.»

cSi le pape et ses cardinaux eussent dit au

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«Christ : «Seigneur, si tu le veux, nous exhorte- « rons le monde entier à la destruction de Ladis- « las, de Grégoire et de leurs complices, » le Sau- « veur leur eût sans doute répondu comme il fit à « ses apôtres, qui le consultaient pour tirer ven- « geance des Samaritains : « Je ne suis pas venu « pour détruire, mais pour sauver (Luc, IX). » Jésus « n'a point frappé son ennemi qui marchait contre « lui, le serviteur du grand-prêtre, mais il a guéri « sa blessure.

« Dise donc qui voudra qu'il doit obéir à la bulle «jusqu'à l'extermination de Ladislas et des siens ; « pour moi,je ne voudrais pas, sans une révélation, « sans un ordre positif de Dieu, étendre la main « contre Ladislas et ses partisans; mais j'adresse- « rais une humble prière à Dieu pour qu'il ramenât « dans le chemin de la vérité ceux qui s'égarent ; « car celui qui est le chef de toute l'Église a prié « pour ses persécuteurs, disant : «Père, pardonne- « leur, ils ne savent ce qu'ils font (Luc, XXIII)! » et je « pense que le Christ, sa mère et ses disciples étaient « plus grands que le pape et ses cardinaux. »

Après avoir démontré combien de semblables croisades sont inhumaines et antichrétiennes , Hus attaque les indulgences comme une profanation de la grâce évangélique. « Dieu seul, dit-il, a le pou-

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