CHAPITRE IV. fS
« de prêcher la parole de Dieu sans l'autorisation » du siège apostolique ou de l'évêque; enfin tout sei- « gneur temporel, tout prélat, tout évêque en pé- « ohé mortel, n'est ni seigneur temporel, ni prélat, « ni évêque (I). »
Hus tempère ces doctrines par l'explication qu'il en donne. Son opinion sur le dernier point, prise à la lettre, ne comporterait pas une réfutation sérieuse; mais il ajoute que la puissance des méchants n'est pas approuvée de Dieu, et qu'ils ne sont ni rois ni évêques selon son cœur.
Jean Hus prêchait encore, aux applaudissements du peuple, contre le culte des images; il enseignait que les prêtres devaient être pauvres; que la confession auriculaire était inutile; qu'il n'était pas nécessaire d'enterrer les morts dans les cimetières pour le bien de leur âme ; que l'observation des heures canoniales et l'abstinence des viandes n'étaient que des traditions humaines sans aucun fondement dans la parole de Dieu. Les prêtres catholiques déclamèrent avec une violence égale : toutes les têtes semblaient en feu; la ville était chaque jour le théâtre <le scènes sanglantes; il n'y avait plus dans Prague de sécurité pour personne; le roi lui-même en sortit et courut de lieu en lieu,
(t) Hus. m. t. ei Mnium.. t. f. p. J;)9 154.
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Cependant plusieurs docteurs de la faculté de théologie formèrent à Prague une puissante ligue contre Jean Hus; les plus célèbres parmi eux étaient Etienne Paletz, déjà cité, André Broda et Stanislas Znoima, professeur en théologie, ancien maître de Jean Hus, autrefois admirateur, comme lui, de Wyclilfe, auquel maintenant il insultait. Les docteurs , dans leurs écrits, accusèrent Jean Hus d'appartenir à la secte des Arminiens, qui ne s'appuient que sur l'autorité de l'Écriture et non sur celle de l'Église et des saints Pères. Hus répondit qu'il partageait sur ce point le sentiment de saint Augustin , de saint Jérôme et de saint Grégoire, qui ne reconnaissaient que les Écritures pour fondement de leur foi. Les docteurs disaient encore que Jean Hus professait une grande erreur sur l'autorité des puissances spirituelles et temporelles. «A l'entendre, disaient-ils, il ne faut obéir « aux ordres des papes, des empereurs, des rois, « des princes et autres supérieurs, que s'ils sont « fondés sur l'évidence et sur la raison, ce qui ne a tend à rien moins qu'au bouleversement de l'or- « dre établi. » Argument redoutable, en effet, auquel Jean Hus oppose l'exemple des Machabées, répondant qu'il ne faut point obéir aux ordres des princes lorsqu'ils sont contraires à ceux de Dieu.