CHAPITRE IV. I4S
reur des prêtres qui se vantaient de faire le corps de Jésus - Christ dans la messe , et d'être le créateur de leur Créateur. La seconde consistait à dire : Je crois aux papes et aux saints : Jean Hus soutient qu'il ne faut croire qu'en Dieu. La troisième était la prétention des prêtres de pouvoir remettre la peine et la coulpe du péché à qui il leur plaît. L'obéissance aux supérieurs, quelque chose qu'ils commandent, était la quatrième erreur. La cinquième consistait à ne point distinguer dans l'effet une excommunication juste d'une autre qui ne l'est pas. Enfin la sixième erreur, c'est la simonie, que Jean Hus appelle une hérésie, et dont il accuse la plus grande partie du clergé.
Ce petit ouvrage, qui attaquait surtout le clergé, fut affiché à la porte de la chapelle de Bethléem ; il parcourut rapidement toute la Bohême, et son succès fut immense.
Jean Hus écrivit aussi à cette époque son traité de V Abomination des moines^ suffisamment expliqué par son titre, et enfin les Membres de V Antéchrist ^ violente et fougueuse diatribe contre le pape et sa cour. Ses épreuves , les obstacles qu'il rencontra et les persécutions auxquelles il fut en butte paraissent avoir aigri son humeur, dont l'a-
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merlunie passa toute dans ces derniers écrits. Son style, fortement nourri des Écritures, inspiré par une passion ardente, qui, trop souvent, dégénère en colère , présente alors des mouvements et des tours que répudierait la délicatesse du goût moderne ; il abonde aussi très-fréquemment en figures et en images qui rappellent les grands prophètes dont il s'inspirait, et surtout Ézéchiel; il s'emporte , il éclate contre toutes les inventions qui grossissaient les coffres de l'Église : les images , les reliques, les légendes , les canonisations sont tour à tour l'objet de ses véhémentes attaques. Il compare ceux qui persécutent et font mourir les saints vivants aux chasseurs qui se nourrissent de ce qu'ils ont tué et qui en font ensuite l'éloge ; aux juifs qui, après avoir fait mourir les prophètes, ornaient et blanchissaient leurs tombeaux ; aux Romains, qui tuaient leurs empereurs, puis leur dressaient des statues et les mettaient entie les dieux. Il flétrit le culte des saints qui sont morts, comme une invention du diable pour détourner les hommes de l'amour et de la charité prescrite, dans l'Évangile, envers les saints qui sont vivants. Il termine par ces paroles remarquables : « Ce culte 0 immodéré des saints, vraie invention de l'hypo- « crisie, est une source inépuisable de supersti-