‹ Les réformateurs avant la Réforme. XVe siècle. Jean Hus et le Concile de ConstanceChapitre 55 sur 274 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

était devenu en France le dernier asile de la gloire nationale.

Une foule d'hommes de toute profession suivirent à Constance les membres du concile ; il y eut là aussi un concours immense d'étrangers, et on évalue à plus de cent mille le nombre de personnes qui s'y rendirent de toutes parts. Les regards de l'Europe s'arrêtèrent sur une petite ville où l'assemblée la plus imposante, véritable congrès de la chrétienté, allait décider des plus graves intérêts. L'extinction du schisme et de l'hérésie, l'union et la réformation de l'Église étaient les plus sérieuses questions que le concile eût à résoudre. D'autres encore devaient lui être soumises, moins importantes peut-être, et qui, cependant, préoccupaient tous les esprits.

L'une d'elles était la révision du jugement rendu par l'évêque de Paris, en 1413, contre la célèbre défense de Jean-sans-Peur , duc de Bourgogne, par le docteur Jean Petit, apologie prononcée en présence du Dauphin , à l'occasion du meurtre du duc d'Orléans (1). Jean-sans-Peur en appela au pape, et Jean XXIII commit l'affaire à trois cardinaux, qui cassèrent l'arrêt prononcé à Paris.

(1) Voy. l'introduction, p. 36.

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Charles VI porta la cause au concile et demanda confirmation de la sentence.

Une autre cause, d'un grand intérêt national, était celle des Polonais contre les chevaliers teutoniques ; ceux-ci, appelés en aide par les premiers contre les Prussiens, encore païens et sauvages, s'étaient jetés sur les Polonais eux-mêmes après avoir tout mis à feu et à sang chez leurs voisins. II s'ensuivit une guerre d'extermination entre les Polonais et l'ordre teutonique, et le concile fut pris pour arbitre entre les deux partis.

Outre ces grands objets de délibération, le concile avait encore beaucoup d'autres intérêts à régler; mais le plus grave, le plus pressant était l'extinction du schisme; il y donna d'abord, avec une louable ardeur, toutes ses pensées et tous ses soins.

L'empereur avait invité Benoît XIII et Grégoire XII à se faire représenter au concile : Benoît, qui comptait encore dans son obédience les royaumes d'Espagne, l'Ecosse, et les comtés de Foix et d'Armagnac , fit proposer à l'empereur une conférence dans une ville où il pourrait se rendre en compagnie du roi d'Aragon.

Grégoire déclara qu'il était prêt à résigner si ses deux concurrents résignaient avec lui.

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