CHAPITRE IV
« que le péril où je suis est nécessaire à votre « sanctification et à la mienne; car, pour ceux ♦« qui demeurent fermes dans la vérité, la tentation « opère le salut (1). »
Hus était en prison depuis trois mois lorsqu'un grand événement répandit le trouble et la terreur dans le concile. Le 20 mars 1415, au milieu d'une fête donnée à dessein par l'archiduc d'Autriche, Jean XXIII s'évada sous un vil déguisement, et s'enfuit à Schaffouse ; il s'y mit sous la protection de l'archiduc, qui le rejoignit dans cette ville dont il était le maître. Plusieurs cardinaux et tous les officiers du pape quittèrent aussitôt Constance pour le suivre.
La fuite de Jean XXIII rompait toutes les mesures prises pour l'extinction du schisme ; mais, en voyant leur puissant adversaire leur échapper, les Pères du concile redoublèrent de rigueur envers le prisonnier sans défense. Les officiers du pape, avant de rejoindre leur maître, avaient remis Jean Hus à la garde de l'empereur et des cardinaux; ceux-ci la commirent à Tévêque de Constance. Des hommes armés le transférèrent par l'ordre de ce
(l)Epist. X.
prélat au château de Gotleben, sur les bords du Rhin. Il fut enfermé dans une tour, les fers aux pieds, et la nuit une chaîne scellée dans la muraille le retenait captif sur sa couche (1).
(1) Voyez la note H.