‹ Les réformateurs avant la Réforme. XVe siècle. Jean Hus et le Concile de ConstanceChapitre 84 sur 274 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

pas déterminer toute chose pour le plus grand bien général, et sur sa prescience divine et infaillible. Il agitait ainsi dans sa pensée le plus grand problème de la religion chrétienne et de toutes les religions, mystère redoutable dont le voile ne peut être en partie soulevé que si l'on établit la différence infinie qu'il y a entre déterminer d' avance et prévoir.

L'opinion de Wycliffe sur ce point peut induire en de graves erreurs; cependant elle lui est commune avec une foule de grands hommes qui l'ont précédé et suivi ; et, dans sa pensée, elle ne portait atteinte ni à la gloire de Dieu, ni à la liberté de l'homme.

La seconde proposition était celle-ci : Dieu doit obéir au diable y^^cWÏÏQ ne la reconnut jamais pour sienne ; il la déclara lui-même hérétique ; il protesta qu'elle avait été insérée dans ses œuvres par une main étrangère, et qu'elle lui était calomnieusement imputée par de faux témoins. Son désaveu sur ce point doit suffire, puisqu'il est d'accord avec l'œuvre de sa vie entière. Si le reproche eût été fondé, l'article téméraire eût été signalé par Thomas Walden, qui publia la plus complète réfutation des opinions de Wycliffe; on y trouve, au contraire, cetteproposition toute différente : Le diablenepeut 1. 16

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tenter les hommes au delà de ce qu'il plaît à Dieu de permettre.

L'article incriminé demeura néanmoins imputé à Wycliffe et fut condamné comme tel.

Enfin, parmi les propositions attribuées à WycHBb et qui furent condamnées comme fausses à Oxford, à Rome et dans le concile universel de Constance, il en est une que les chrétiens de toutes les Communions, catholiques et protestantes, admettent de nos jours comme véritable : c'est celle qui déclare les décrétâtes apocryphes. L'article fut condamné comme contraire aux décisions de l'Eglise et aux décrets de plusieurs papes. La sentence du concile sur ce point, approuvée plus tard avec tous ses décrets par un pape légitime , sentence universellement réprouvée aujourd'hui , suffirait seule pour détruire toute confiance en l'infaillibilité humaine, s'il suffisait de l'évidence contre l'erreur enracinée dans l'esprit par la double force de l'habitude et du préjugé.

La condamnation antérieurement prononcée à Oxford et à Rome sur ces quarante-cinq articles fut confirmée par le concile de Constance ; défense fut faite, sous peine d'anathème, d'enseigner ces arlicleSj de lire ou de garder les livres qui les contenaient, d'en parler même, à moins que ce ne fût

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