‹ Les réformateurs avant la Réforme. XVe siècle. Jean Hus et le Concile de ConstanceChapitre 9 sur 274 · PRÉFACE. XXI · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XXI

préférables à un seul? si, au point de vue religieux, l'Angleterre, l'Ecosse (I), la Hollande, les Etals-Unis (2) ont quelque chose à envier à l'Italie, à l'Espagne, au Portugal ? Qui oserait le dire ? Qui ne sait qu'un fleuve unique, soit qu'il tarisse ou déborde, met en danger le sol que plusieurs canaux féconderaient sans péril?

La parole révélée, disaient les hommes les plus éminents de l'Eglise catholique de France au XV*^siècle,voilàle véritable fondement, i;o^7à le rocher^ sur Lequel la foi est assise (3); elle est aussi le seul lien d'unité possible entre tous les disciples: elle est déjà mieux comprise, et surtout elle est comprise d'un beaucoup plus grand nombre qu'elle ne l'était en Europe il y a plusieurs siècles; de nouveaux progrès dans la vérité sont prédits à l'humanité; mais la vérité

(1) Voyez dans \cs Archives du Christianisme (1843 et 1844) le tableau du mouvement religieux qui vient de s'opérer en Ecosse, OH une population faible en nombre, mais forte par sa foi, vient de souscrire en moins d'une anne'c l'énorme somme de 10 millions de francs pour la construction de nouvelles e'glises et pour l'entrelien de cinq cents pasteurs dissidents.

(2) 11 faut lire l'ouvrage que le docteur Baird vient de publier sur la religion en Amérique, pour comprendre les étonnants résultats du système libre et volontaire dans un pays religieux.

(5) Pelr.de Alliac, Gers. oper. t. 1, p. f)04.

XXn PRÉFACE.

tout entière, la vérité une, complète, absolue, cette vérilé-là n'est pas du domaine de ce monde, un grand apôtre l'a dit(l), et les hommes se seraient épargné de grands mécomptes et d'effroyables malheurs s'ils s'en étaient souvenus.

Ces assertions seront mieux entendues de notre âge que d'aucun de ceux qui l'ont précédé; l'abaissement des barrières morales entre les peuples, la chute d'une foule de préjugés qui les séparaient, et l'extension des idées générales qui les rapprochent, sont autant de signes particuliers des temps où nous vivons : on comprend mieux aujourd'hui que le genre humain n'est qu'une famille, que ce ne sont pas les noms qu'ils portent qui séparent réellement les hommes, que les distinctions véritables entre eux reposent sur l'absence ou sur la possession des facultés qui les font hommes, et sur les divers degrés de ces facultés en tous ; on sent qu'il y a

(I) «Nous ne connaissons aiijourd'tiui qu'imparfaitement; mais quand la perfection sera venue, alors ce qui est imparfait sera aboli ; nous voyons confusément, mais alors nous verrons face à face.» (iCor. XIll,9,I0, 12.)

Page 1