‹ Les réformateurs avant la Réforme. XVe siècle. Jean Hus et le Concile de ConstanceChapitre 91 sur 274 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Soumission de Frédéric d'Autriche. -^ Jugement et déposition de Jean XXIII. — Sa translation à Gotleben.

Tandis que le concile traitait avec tant de rigueur ceux qui mettaient son infaillibilité en cause, il perpétuait dans son sein des débats qui rendaient celle-ci très-contestable.

La grande et sans cesse renaissante question de la supériorité des conciles sur les papes on des papes sur les conciles amena une lutte violente entre le patriarche d'Antioche, qui plaidait pour les papes, et le cardinal de Cambrai (Pierre d'Ailly), infatigable champion des conciles.

« La puissance que Jésus-Christ a donnée au corps

« mystique de l'Eglise, disait le patriarche, réside « tellement dans saint Pierre qu'elle se répand par « lui dans tout le corps : Léon I*^' l'affirme, Nico- « las II, Grégoire I^r et d'autres sont d'accord sur ce « point. C'est d'ailleurs une maxime de droit canon « que le pape juge tout le monde et ne peut être jugé « de personne, à moins qu'il n'erre dans la foi.

« — L'opiniâtreté dans leschisme est une hérésie, « répondait intrépidemment d'Âilly, et même une « idolâtrie. Le pape d'ailleurs n'est-il pas jugé par « un homme dans le tribunal de la conscience? »

Entre d'innombrables témoignages qu'il tira des canonistes, des Ecritures et de la nécessité, d'Ailly fit valoir, pour contester la toute-puissance du pape, le célèbre argument auquel les réformés eurent depuis sans cesse recours pour nier sa suprématie : il cita le concile de Jérusalem, où saint Paul, dit-il, osa résister en face à saint Pierre, quoique ce ne fût point dans un cas d'hérésie.

Cette grande question fut débattue par écrit à Constance entre les deux illustres adversaires; car le concile l'avait tranchée par ses décrets antérieurs, et il se disposait à confirmer ceux-ci par l'acte le plus grave et le plus significatif, la déposition du pape ; mais il fallait d'abord achever de soumettre le prince qui avait prêté au pontife le se-

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