‹ Les réformateurs avant la Réforme. XVe siècle. Jean Hus et le Concile de ConstanceChapitre 93 sur 274 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

navunl élire pour pape messire Balthazar Cossa , dit Jean XXIIl, ni Pierre de Lune, auparavant nommé Benoît XIII, ni Angelo Corario , surnommé Grégoire XII; défense fut faite à toute personne impériale, royale, cardinale ou pontificale, de désobéir à ce décret sous peine de damnation éternelle.

Les commissaires entendirent ensuite trentesept témoins, dont douze évêques ; tous les autres étaient également des hommes de poids et d'une grande distinction. La liste des accusations sur lesquelles ces témoins furent entendus contenait soixante-dix faits dont il ne fut lu que cinquante en plein concile. On supprima les autres pour l'honneur du Saint-Siège et des cardinaux, et l'on peut juger des articles que l'on tint secrets (1) par ceux que l'on osa produire. Ces derniers furent lus et examinés dans la onzième session, qui fut l'une des plus solennelles.

L'empereur, les princes, les cardinaux et les

(1) On trouve la liste des crimes secrets du pape Jean XXIlI dans divers manuscrits extraits par Von der Hardi, t. IV, p. 196, 228 et 248. Nous ne les révélerons point au lecteur; nous dirons seulement que, parmi ces crimes, dontdes te'moins déposèrent et sur lesquels le concile crut devoir jeter un voile, se trouve celui d'enipoisonneuieut sur la personne du pape Alexandre V.

ambassadeurs étaient présents ; le cardinal de Viviers présidait. La messe étant célébrée, l'évêque de Posnanie donna lecture des articles prouvés devant les commissaires , à l'exception de ceux que l'on avait résolu de Supprimer. Jean XXÏII fut ainsi publiquement convaincu de simonie et d'autres pratiques criminelles dans l'acquisition ot l'exercice de ses charges, d'une affreuse tyrannie accompagnée de brigandages et de meurtres dans sa légation de Bologne, d'usurpation du pontificat par l'intrigue, de dissipation des biens de l'Église romaine et de ceux des autres Églises de la chrétienté. Il fut établi qu'en 1412 il avait envoyé en Brabant un marchand laïque avec pouvoir de lever les dîmes des revenus ecclésiastiques dans plusieurs diocèses, et de faire excommunier ou interdire par des subdélégués les personnes et les provinces qui refuseraient d'obéir; qu'il avait permis à ce marchand de choisir à son gré, pour les personnes de l'un et de l'autre sexe, des confesseurs qui leur donnaient l'absolution générale moyennant une certaine taxe, et qu'il en avait ainsi tiré des sommes énormes. Il fut dit enfin dans ces mêmes articles que Jean XXIII était regardé de tout le monde comme l'oppresseur des pauvres, le persécuteur de la justice, l'appui des simoniaques, l'idolâtre de

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