DE LA CONDITION DU GOUVERNEMENT DANS LA FRANCE ACTUELLE
(jue T administration soit intervenue directement dans les élections, qu'elle ait inspiré, dicté, imposé les choix, qu'elle n'ait laissé aux maires, qui sont, plus que tous autres fonctionnaires, en rapport avec les électeurs des campagnes, aucune liberté d'action ; qu'elle ait exercé sur eux et aussi sur tous ceux qui dépendent d'elle, comme les juges de paix, une surveillance inquiète, incessante et sans merci; que, dans les faveurs qu'elle octroie, les facilités qu'elle accorde, les licences qu'elle tolère, les places qu'elle distribue, les fonds qu'elle répartit, elle ait toujours, et sans hésiter jamais, eu en vue les élections de tous les degrés et de toute nature ; qu'elle ait la précaution de tout rapporter, permissions , secours, avan-
cément.?, retraites, chemins vicinaux, chemins ruraux, chemins de fer, aux candidats à son gré qui, souvent, se trouvent avoir connu et vivement appuyé des solliciteurs dont ils n'ont jamais entendu parler, qu'en un mot les élections, surtout celles au Corps législatif et aux Conseils généraux, soient la permanente et unique occupation des préfets et comme le phare immobile qui leur sert de point de repère invariable au milieu de tous les imprévus, soubresauts, surprises de la politique, c'est ce que le gouvernement a toujours reconnu et accepté.
Et quand on lui demande la cause d'une pareille conduite, si contraire à la gestion des intérêts publics, si opposée à la Constitution qui a organisé des pouvoirs solidaires mais indépendants les uns des autres, si peu favorable à la bonne harmonie entre ia nation et le gouvernement, puisque le gouvernement court évidemment le risque de n'avoir dans les corps délibérants que les doublures des préfets et partant de ne plus être suffisamment en rapport avec le fond du peuple, auquel les préfets et leurs doublures sont parfois aussi étrangers qu'un métayer du Morbihan à un bordier ou à un vigneron de la Gironde, le gouvernement répond que telle est la condition actuelle du gouvernement dans la société française, que le mécanisme du suffrage universel l'oblige, par ses proportions gigantesques et ses mouvements extraordinaires, à tenir tout prêt, dans l'in-
térêt de la société, un autre mécanisme non moins gigantesque , non moins redoutable , non moins extraordinaire, destiné à contre-balancer, 9. modérer, à assouplir, à combattre et, au besoin, à dompter les brusques fantaisies, les passions imprévues mais effrayantes, les roideurs, les résistances de cette force inconnue et, pour employer le mot officiel, de cette horlogerie nouvelle.
De manière que , tant que cette immense horloge du suffrage universel ne marquera pas les heures de la politique avec une parfaite et absolue régularité, il faudra un horloger vigoureux qui, d'une main ferme et impérieuse, dirige lui-même les aiguilles, sous sa responsabilité personnelle.
L'intervention de l'administration dans les élections nous amène donc à examiner la condition actuelle du gouvernement dans la société française. Nous aborderons cette grave question sans appréhension, parce que nous comptons rester sur le terrain de la loi et nous demanderons pardon à nos lecteurs de faire cette lettre plus longue que les autres, parce que le sujet est le plus important que nous puissions traiter.
Deux partis politiques , appartenant à des idées opposées, ont contribué à introduire le suffrage universel dans la société française, le parti de la Légitim itè et le parti de la République. Chacun d'eux a admis la nécessité de confier le droit de suffrage à
tous les citoyens, dans l'espoir que les masses des villes et des campagnes rétabliraient la monarchie des Bourbons de la brandie aînée ou la République. Le premier comptait sur les masses des campagnes, le second sur celles des villes ; celui-ci considérait le suffrage universel comme un élément de révolution ou toutx au moins de rénovation ; celui-là comme un élément de tradition et d'ordre. Des besoins de la société, des conditions générales des sociétés et des gouvernements dans l'Europe occidentale, des précédents historiques et politiques de la France, des faits nouveaux qui s'étaient produits dans son organisation, ni l'un ni l'autre parti n'en tenait compte. Ils ne songeaient l'un et l'autre qu'à reconquérir, fût-ce même aux dépens de la France, le pouvoir qu'ils avaient perdu.
Le hasard des événements, qui a, de tout temps, exercé une si grande influence sur les destinées de la France, servit mieux le second parti que le premier, et le parti républicain proclama sur-le-champ le suffrage universel. Il lui parut que c'était surtout dans le peuple que les principes de liberté, de justice, de progrès avaient leur force , que les classes riches ou aisées étaient essentiellement contraires à la république. Il appliqua trois fois le suffrage universel et à chaque fois le suffrage universel se montra ingrat envers le donateur, accentuant davantage, à chaque reprise , ses mauvaises dispositions à l'endroit de la
République. Il fallut bien reconnaître que si le second parti avait eu la chance de doter la France du suffrage universel, le premier avait vu beaucoup plus juste quand il avait considéré que le suffrage universel serait un élément d'ordre et de tradition au lieu d'être un élément de révolution ou de rénovation.
Seulement le premier parti commit, lui aussi, une erreur fondamentale, car il arriva que de même que le suffrage universel ne voulut pas de la République, il ne voulut pas davantage de la branche aînée des Bourbons. De sorte que le suffrage universel méconnut les vœux de ses pères, ceux du parti républicain en renversant la République, ceux du parti légitimiste en élevant une autre dynastie.
La France a donc eu de 1848 à 1868 à organiser le suffrage universel et à asseoir une nouvelle dynastie.
On ne saurait nier que ce ne soient deux graves problèmes politiques. L'établissement d'une dynastie a été de tout temps un fait d'une difficulté majeure, et cette difficulté a plutôt augmenté que diminué de nos jours, par les conditions générales de la Royauté dans l'Europe occidentale. D'autre part, l'exercice du suffrage par plusieurs millions d'hommes, dont un tiers ne savait ni lire ni écrire , n'estce pas une affaire moins considérable. Enfin, il est bien permis de se demander si les deux prin-
cipes du suffrage universel et de la royauté pourront toujours être associés, sans péril, pour l'un ou pour l'autre.
De ce que la société française a eu, depuis vingt ans, à pourvoir à l'organisation du suffrage universel et à l'installation d'une dynastie, s'ensuit-il qu'elle ait dû, qu'elle ait pu, qu'elle ait voulu abandonner en même temps les conditions générales de sa vie politique et nationale qu'elle poursuit lentement, mais avec persistance, au milieu des changements des rois et des mœurs depuis tant de siècles !
Là est le véritable problème de notre époque.
D'un côté on dit : Tout est contenu dans la dynastie et dans le suffrage universel, l'une garantit l'ordre et la stabilité, l'autre le contrôle et la liberté. Dès lors, tout doit être sacrifié, du moins quant à présent, à ces deux éléments de la vie politique de la France. Tel est le langage des orateurs du gouvernement ; telle est leur explication de l'intervention excessive de l'administration dans les élections.
D'un autre côté, on répond : La dynastie est assise; elle est acceptée par l'immense majorité de la France; les classes riches et aisées ne cherchent, en aucune manière, à la contester ; elles peuvent réserver leur concours ; elles peuvent conserver des préférences et des affections ; elles n'ont point fait un seul acte d'hostilité; elles jouissent d'une sécurité qu'elles recherchent; elles n'ont point quitté le territoire;
elles ont pris leur part dans le mouvement des affaires ; elles réclament seulement en faveur d' une participation quelles croient leur appartenir , dans la marche, l'action et L'influence du gouvernement. Demander cette participation, c'est accepter la dynastie.
Quant aux autres classes, on peut dire que, dans les campagnes, la popularité de la dynastie est toujours grande, et que, dans les villes, à l'exception des grandes cités où les mauvaises passions comme les fausses idées auront toujours un ardent foyer, les idées de stabilité, d'ordre, de travail, s'associent à celles de liberté et de progrès.
La môme difficulté s'est présentée dans la société française depuis deux cents ans.
L'ancien régime n'a voulu attribuer aucune part, dans le gouvernement, aux classes nobles et riches; la République n'a voulu accepter le concours que de quelques républicains qui croyaient à la République. Xapoléon a voulu faire tout et tout seul, guerre, armée, diplomatie, code, administration, religion, police, il n'y avait que lui et toujours lui.
Même faute de la part du gouvernement de Charles X, même faute de la part de celui du roi Louis- Philippe, et enfin, qui ne se rappelle le général Cavaignac, compromettant sa destinée et perdant la République, parce qu'il n'en voulait en confier le sort qu'à des républicains.
Les orateurs du gouvernement tiennent le même Langage que M. de Yillèle, que M. Guizot et que le général Cavaignac; comme eux, au lieu d'élargir, ils ne cherchent qu'à rétrécir la sphère de son action.
Ils se figurent que tout sera accompli quand chaque Français aura déposé son bulletin de vote dans l'urne électorale et que les candidats du gouvernement auront été élus : quand ces candidats, devenus députés, auront acclamé les discours et approuvé les actes du gouvernement.
Les idées, les discussions, les système.-, les critiques qui se manifestent dans le corps social, les réformes qui y sont demandées, les hommes qui s'y produisent, les modifications qui y éclatent ou s'y préparent, ils n'en prennent garde.
Cependant il est bien facile de reconnaître que l'organisation du suffrage universel et l'intronisation d'une nouvelle dynastie n'ont pas changé la composition de la société française, la nature de ses tendances et les conditions générales de la société européenne; que, par sa composition, la société française comprend une quantité considérable d'individus dont l'activité ne saurait être négligée sans danger, et des intérêts qui ont droit à des garanties ; que, par la nature de ses tendances, depuis longtemps, elle marche vers un gouvernement où l'action individuelle sera plus grande, et que la société européenne tout entière est dans les mêmes voies; que
ces faits généraux dominent tous les autres et que l'œuvre de la dynastie comme celle du suffrage universel doit être de reconnaître la puissance de ces faits et d'y donner satisfaction.
Qu'un jour ou l'autre l'exercice du suffrage universel ait pour conséquence une action décisive du pays sur le gouvernement, c'est ce qui ne peut être mis en question par aucun esprit politique; dès les prochaines élections, le fait se manifestera de telle manière que les plus difficiles à convaincre seront convaincus; et en 1875, dans six ans seulement, l'opinion publique sera maîtresse du gouvernement. Pour s'en assurer, il suffit de se rapporter à l'état des choses en 1857, puis en 1863, de compter les étapes de la route que nous avons parcourue.
Quant à la dynastie, elle est assez solidement établie pour accomplir sa mission, qui consiste, après avoir garanti l'ordre en France, à préparer les voies à la prise de possession du gouvernement par le pays et à modifier, au fur et à mesure des nécessités, les institutions qui, si elles ont convenu à un ancien état de choses, peuvent ne plus être en complète harmonie avec l'état de choses nouveau.
On ne saurait trop le redire, il s'opère tous les vingt ans dans l'organisme des sociétés, comme dans celui des individus, des modifications, des changements, une sorte de renouvellement de la sève vitale, qui éclate dans les idées, les mouvements de
l'opinion, les croyances et les tendances des esprits. Les gouvernements qui ne tiennent pas compte de ce travail latent des sociétés humaines s'exposent à de grands périls en contrariant le mouvement incessant qui les transforme, les vivifie. Les hommes qui ont acclamé la grande réaction de 1852, comme ceux qui en ont été les victimes, ont succombé en partie ; ils ont été remplacés par d'autres générations qui n'ont ni les mêmes craintes, ni les mêmes passions, et que le gouvernement ne pourrait traiter de la même manière.
Ces générations seront, dans quelques années, maîtresses de l'opinion publique par leur activité, leur initiative, leur poids dans la balance du suffrage universel.
Si le gouvernement a su leur ouvrir les voies, leur intervention rafraîchira et fortifiera le corps social sans l'arrêter dans son développement; s'il n'a su rien prévoir, comme les ministres du Roi en 1848, de nouvelles difficultés amèneront de nouveaux dangers.
La condition actuelle du gouvernement n'est donc point celle que les orateurs officiels nous indiquent et sur laquelle ils insistent avec tant de complaisance. La dynastie n'est point contestée, du moins par l'immense majorité de la France, celle qui ne veut ni nouvelle révolution, ni république, ni socialisme ; le suffrage universel n'est point un élément
perturbateur : il a, au contraire, merveilleusement obéi à l'impulsion qui lui a été communiquée.
Cette condition est tout autre : elle consiste à suivre, dans ses diverses évolutions, le mouvement des générations depuis 1818; à accepter les idées nouvelles, les hommes nouveaux que ce mouvement a produits; à solliciter le concours de ces classes conservatrices et intelligentes que les actes de 1852 ont éloignées; à conserver une part dans le gouvernement à ceux qui sont le plus en état d'en apprécier comme d'en diriger et d'en favoriser l'action ; à grouper toutes les forces vives de la nation par des transactions avec les traditions et avec les hommes ; à attribuer, dans la vie politique du pays, à chaque influence réelle le rôle qui lui appartient; car il n'y a pas d'exemple, du moins dans les sociétés qui ne sont pas déchues à jamais, que les forces légitimes de ces sociétés puissent être négligées, sans grand dommage.
Bien des amis sincères et loyaux du gouvernement partagent ces convictions, mais ils n'osent ni les défendre ouvertement, ni les faire prévaloir. Leur conversion est secrètement accomplie, leur foi demeure encore inactive. Quand on les interroge dans les derniers replis de leur conscience, ils paraissent inquiets; ils croient facilement à des complots , à des projets de renversement, à des insurrections, à des révolutions, à des compétitions dynastiques; et si la
formule n'était bien vieille et tout à fait passée de mode, ils répéteraient encore la phrase célèbre que tous les gouvernements se transmettent depuis quatre-vingts ans : « Les partis n'ont pas désarmé. »
Il importe de bien s'expliquer à cet égard.
Combien peut-on compter en France de partis politiques? Un observateur superficiel en comptera six : les légitimistes, les orléanistes, les bonapartistes, les républicains, les socialistes, les communistes.
Mais, si l'on veut descendre au fond des choses, on reconnaîtra qu'il n'y a plus en France que deux partis : le parti conservateur, le parti démocratique. Le premier comprend tous ceux qui ne pensent pas que le gouvernement républicain convienne à la France etqui,dans leurs aspirations politiques, ne veulent, à aucun prix, sacrifier les intérêts de la société et de la nationalité à des théories et à des utopies aussi dangereuses que chimériques. Ce parti se divise en deux branches : l'une qui donne au gouvernement actuel un concours sans restriction et qui ne lui demande que Tordre matériel. Dans ce parti, qui est le plus nombreux, entrent l'immense phalange des fonctionnaires publics, dirigée par son intérêt, et la majorité des populations des campagnes, hors d'état, par son éducation politique, d'asseoir encore son jugement, et guidée par un instinct bien naturel et très-précieux à assurer, avant tout, la sécurité, condition première du travail dont elle vit. L'autre branche comprend ce
qu'on appelle spécialement les légitimistes et les orléanistes. En 1852, les légitimistes, en majorité, ont appuyé le gouvernement et concouru aux votes qui ont sanctionné la Constitution et la dynastie. Les événements de la guerre d'Italie les ont affligés et éloignés, parce qu'ils ont bien compris que tôt ou tard le Catholicisme aurait à en souffrir.
Ils se sont alors joints à ceux qui ont toujours demandé que le pays fût mis à môme de contrôler les actes du gouvernement.
Ces derniers sont ceux qu'on désigne spécialement par le mot orléaniste. Est ainsi orléaniste tout Français qui veut que la France se g'ouverne elle-même. On n'entend plus par là les Français qui auraient des sympathies pour la famille du roi qui a gouverné la France pendant dix-huit ans, mais les Français qui ont des sympathies pour le développement libéral de nos institutions. Sous ce dernier point de vue, légitimistes et orléanistes sont aujourd'hui d'accord, et c'est ce qui fait que le parti conservateur ne comprend que deux branches : l'une se contentant de la sécurité matérielle, l'autre affirmant que l'ordre public n'a de fondement sérieux que dans la liberté individuelle de chacun, dans les institutions libres et dans le contrôle sérieux, permanent et efficace du gouvernement par le pays. Cette dernière branche du parti conservateur est la moins nombreuse, mais c'est la plus importante, parce que c'est celle dans laquelle
se trouvent les hommes et les familles les plus considérables par l'ancienneté de leurs services, par la notoriété de leurs noms, par lïnfiuence de leurs fortunes, par la supériorité de leur intelligence, par l'indépendance de leur caractère et par leur valeur morale, première condition de la puissance politique.
Le second parti est le parti démocratique, ainsi nommé parce qu'il demande sa puissance, qui est grande, plutôt au nombre qu'à l'importance de ses adhérents.
Il renferme trois branches distinctes et mal unies. Dans la première on rencontre tous les hommes qui n'acceptent plus le principe monarchique et qui sont décidés à le combattre, non-seulement en France, mais en Europe : ce sont les hommes qui ont fait une guerre à mort au gouvernement de 1830 et qui ont succombé en 1852. Ils ont été, à cette époque, trèséprouvés, et ils ont donné à la France l'exemple de la fermeté dans leurs convictions. De là l'influence si considérable qu'ils exercent. Ce sont eux qui ont levé les premiers le drapeau de la résistance et qui ont le plus contribué au réveil de l'opinion publique. Ils ont contre eux le souvenir d'événements terribles qui ne sont pas loin de nous, des préjugés dangereux, et leur alliance avec deux autres espèces d'hommes, plus dangereux encore. Ceux-là demandent, les uns par le développement des idées, les autres par la
violence, la refonte de la société en France et en Europe. Ils puisent leurs forces dans le fait que des droits politiques ont été confiés aux classes les plus nombreuses, avant que l'éducation de ces classes leur permette de se rendre compte des conditions d'existence de la société. Tout indique que les passions anarcliiques et les utopies s'affaibliront dans le parti démocratique comme les passions politiques se sont amorties dans le parti conservateur, et que, peu à peu , le parti démocratique se disciplinera, s'affranchira de ses plus funestes éléments et constituera une force importante en état, un jour ou l'autre, de prendre part au gouvernement de la France, sans que ses destinées soient compromises.
Que, si telle est la situation politique de la France, il est bien facile d'en induire la condition du gouvernement.
Il devient de toute évidence que le gouvernement doit élargir sa sphère, car il ne pourrait longtemps laisser en dehors de lui la portion la plus notable du parti couservateur et le parti démocratique tout entier.
Sa fonction actuelle, immédiate, urgente doit être de fondre les deux branches du parti conservateur et, appuyé sur ce parti, le plus considérable de beaucoup en France , de faire, dans les institutions du pays, les changements nécessaires pour les mettre en rapport avec l'état du pays et de l'Europe.
Par ces changements, une place plus considérable appartiendra au parti démocratique. Moins éloigné du gouvernement, ce parti en comprendra mieux les conditions; — il aura plus de force pour résister aux mauvaises passions de quelques-uns de ses éléments; — et si, un jour, les courants du suffrage universel lui donnaient la majorité, ce que les esprits sages doivent prévoir, le gouvernement de la France pourrait lui être confié, sans nouvelle révolution.
Alors, il n'y aurait plus en France, comme en Angleterre, que deux grands partis politiques que la dynastie associerait successivement à la direction de l'État, selon que la nation, librement consultée, aurait librement prononcé entre eux.