LA NATIONALITE FRANÇAISE
Les conditions géographiques ont longtemps dominé et dominent encore les destinées de la nationalité française.
La France est située à l'extrémité occidentale du plus grand continent de la terre, puisque l'Europe et l'Asie sont réunies entre deux mers dont l'une, la mer Méditerranée, la met en rapport immédiat avec l'Afrique et l'Asie, et dont l'autre, l'Océan atlantique, lui ouvre la route des deux Amériques.
Elle forme comme une sorte de pentagone séparé de l'Espagne et de l'Italie par de hautes montagnes, et du centre de l'Europe par le grand fleuve qui descend des Alpes, le Rhin.
Son territoire est d'ailleurs uniforme, coupé par
des montagnes sans importance , sillonné de nombreuses rivières qui se dirigent vers les deux mers.
Les conséquences de ces conditions se font apercevoir sur-le-champ et l'histoire de la France nous les développe en enseignements irrécusables.
La France , accessible par le nord-est et par l'est et par deux mers, est une contrée ouverte et dans des conditions d'autant plus défavorab'es qu'elle forme l'une des extrémités du continent. Elle a donc pu difficilement échapper aux mouvements généraux des diverses migrations humaines dans les temps anté-historiques ou dans les temps historiques, et, dans ces derniers temps seulement, à l'action des peuples ou États voisins. Elle doit donc avoir de fortes institutions militaires, plutôt-pour se défendre que pour attaquer. La mer doit être pour elle un très-puissant élément de puissance , de richesse et de civilisation.
Ces inductions ne sont pas nouvelles, ce sont celles que Thucydide plaçait, il y a vingt-deux siècles, en tête de son immortel ouvrage.
Et l'histoire nous apprend, en effet, par des documents qui remontent à peu près aussi loin, que le territoire de la France a été envahi et conquis plusieurs fois par des populations différentes de celles qui l'habitaient. Elle ajoute que, déjà, plusieurs espèces de populations coexistaient sur ce même territoire appartenant à des couches humaines d'époque
et de race diverses et que ces populations avaient toujours à lutter contre de nouvelles migrations venant de l'est.
Bien plus, une autre science, une science toute nouvelle , mais éminemment française , soit parce qu'elle compte un grand nombre de Français parmi ses plus habiles organes , soit parce qu'elle a fait sur le territoire français ses plus célèbres découvertes, l'anthropologie, ouvre et fouille le sol môme sur lequel ont vécu, presque sans y laisser de traces, ces populations que nous indiquent les monuments historiques et y découvre d'autres couches humaines, bien autrement anciennes, aussi profondément dissemblables et qui paraissent s'être successivement arraché cette terre qui les recouvre toutes aujourd'hui.
Dans les temps purement historiques , la France a été envahie quatre fois, conquise deux fois, et les autres fois elle n'a échappé à la conquête qu'au prix des plus grands sacrifices.
De là des conséquences inévitables qui sont , pour ainsi dire des lois de la nationalité française :
1° La nécessité d'une cohésion énergique entre les diverses parties du territoire et le principe monarchique.
Ce n'est point, en effet, seulement à raison de l'intolérance des éléments sociaux que le principe monarchique a pris une prépondérance si extaordinaire
dans la direction de la société française, mais à raison de la nécessité de constituer la nationalité dont l'histoire n'a longtemps fait qu'une seule et même chose avec celle de la Royauté. 2° La nécessité d'institutions militaires puissantes. Et l'histoire enseigne encore que ce n'est que par la féodalité militaire que les invasions germaniques ont été arrêtées , que ce n'est que par les armées permanentes que le territoire a été délivré au quinzième siècle, et qu'en 1815, quand l'Europe victorieuse a imposé à la France le traité de Paris, elle a limité les forces militaires de la France sans limiter les siennes. 3° La nécessité d'une action politique, plutôt défensive qu'offensive, parce que le territoire de la France n'est pas en proportion de forces avec les forces de ses divers voisins.
Et ici encore les leçons de l'histoire n'admettent point de réplique.
Lorsque César entra dans les Gaules, il en trouva les frontières nettement délimitées. Le Rhin séparait la race germanique des Gaulois. L'Empire romain maintint cette situation jusqu'au jour où les populations du centre et du nord de l'Europe et de l'Asie septentrionale franchirent le Rhin. L'Empire romain et la Gaule disparurent en même temps.
Le long effort des populations qui furent alors vaincues a été de reconstituer leur autonomie et de lui rendre ses anciennes limites.
Elles en ont eu l'occasion au douzième siècle, et de siècle en siècle, à partir du seizième.
Au seizième, à l'époque des guerres de religion.
Au dix-septième, à l'époque de la g-uerre de Hollande et de la g-uerre de la succession d'Espagne.
Au dix-huitième, après Fontenoy.
Au dix-neuvième, en 1802 et en 1813.
A chacune de ces époques, la même cause a amené les mêmes résultats. De défensive, la politique nationale est devenue offensive, et jamais dans l'offensive elle n'a pu résister à la coalition des intérêts qui lui sont opposés.
Au douzième siècle, les croisades ont été une faute irréparable ; la France eut constitué sa nationalité avec le dixième des pertes que les croisades lui ont coûtées.
Au seizième siècle , elle a préféré aller chercher en Italie une influence lointaine et précaire, inquiéter l'Allemagne, lutter contre le principe de la liberté religieuse que de prendre en mains la cause des Pays-Bas.
Au dix-septième siècle, la même intolérance religieuse lui a fait refuser un traité définitif avec la Hollande, et la même imprévoyance politique l'a entraîné en Espagne et en Italie.
Au dix-huitième siècle , mêmes causes , mêmes résultats après Fontenoy.
Enfin, est-il nécessaire de rappeler que, si la Ré-
publique et l'Empire n'avaient point voulu, l'une entourer la France d'états républicains et l'autre de monarchies napoléoniennes, la nationalité française eût été constituée à jamais de l'assentiment de l'Europe entière?
Les conditions de la nationalité et partant de la politique extérieure de la France ont-elles changé? L'indépendance territoriale de la France est-elle à l'abri de toutes les agressions1? Les mouvements des populations sont-ils à jamais arrêtés? La France a-t-elle quelque intérêt à une politique offensive, quelque espoir d'en profiter?
La situation réciproque des grands États de l'Europe ne semble comporter, quant à présent, aucun intérêt hostile à la France. Depuis 1815, ces États, à l'exception de l'Autriche, ont vu augmenter plutôt que s'amoindrir les causes de leur prépondérance.
Par ses immenses richesses, sa grande population, ses magnifiques colonies, l'Angleterre conserve la place que lui ont donnée les luttes victorieuses contre la République et l'Empire.
Malgré la guerre de Crimée, la Russie occupe dans l'Est une position menaçante, non-seulement par le courant de sa politique, mais par l'accroissement annuel de sa population et par l'exploitation de toutes les ressources de son vaste territoire. Dans quelques années, sa population s'élèvera à 100 millions d'hommes.
La Prusse a doublé ses forces en 1815, et depuis 1815 elle les a quadruplées, soit par leur développement normal, soit par la guerre de 1866. Elle est à la tête de la civilisation germanique, et les esprits les moins prévoyants prévoient le jour où tous les États germaniques accepteront ou subiront son patronage et son empire.
Ni l'Angleterre, ni la Eussie, ni. la Prusse, ne peuvent donc être mécontentes des résultats des traités de 1815 et des événements qui les ont suivis; leur part est restée la meilleure.
D'un autre côté les mouvements des populations sont depuis longtemps impuissants à modifier les conditions politiques des États et trouvent, dans les colonies de l'Amérique et de l'Océanie, des champs de travail et d'activité sans limites.
Sans appréhensions quant à elle, la France a-t-elle quelque intérêt à modifier les conditions politiques de l'Europe et quelque espoir sérieux de réussir dans une politique offensive? La politique défensive n'estelle pas encore pour elle la meilleure, la plus profitable de toutes?
En ce qui concerne l'Angleterre et la Russie, la France n'a rien à demander, rien à obtenir. L'Angleterre exerce son action politique en Asie ; c'est une puissance essentiellement commerciale et coloniale que la France rencontre sur les marchés du globe, mais avec laquelle elle n'a aucune question
diplomatique immédiate. Leur sphère d'action n'est pas la même. — Il en est ainsi pour la Russie. La Russie est séparée d'elle par l'immense massif des populations germaniques. La Russie étend son influence en Asie, dans des centres où le nom français n'est point connu.
Restel' Allemagne.
C'est toujours avec l'Allemagne que la France a eu ses plus grandes luttes, ses plus grandes difficultés politiques. L'Allemagne entoure la France de toutes parts. Longtemps divisée, morcelée, affaiblie par sa constitution féodale, l'Allemagne marche à grands pas vers l'unité et elle réalisera cette unité à la première occasion qui lui sera offerte. Le moindre acte offensif de la politique française serait une occasion si naturelle, que les chefs du mouvement n'auraient qu'à laisser faire les populations.
Or, l'unité de l'Allemagne, c'est un nouvel État de 50 à 60 millions sur les frontières de la France.
Il est évident que la formation de cet État modifierait la situation politique de l'Europe en ce qui concerne la France.
La France peut-elle s'opposer à ce grand fait , fait incontestable, fait presque accompli? En a-t-elle les moyens, y trouverait-elle des avantages?
L'Allemagne est en rapports étroits de sympathie, de religion, de race, de culture intellectuelle, d'intérêts commerciaux avec l'Angleterre; une lutte aussi
terrible que celle qui s'engagerait pourrait peut-être détourner l'Angleterre de la direction suivie par sa politique depuis longtemps et la décider à joindre ses forces à celles de l'Allemagne. Aux questions d'intérêt général s'uniraient les questions de personnes, de dynasties par suite des alliances de la royauté anglaise avec la royauté prussienne. Enfin, derrière elle, l'Allemagne depuis longtemps étroitement alliée à la Russie, en contact avec elle d'intérêts de toute nature et de souvenirs patriotiques, trouverait encore des ressources considérables contre lesquelles la France n'aurait de compensation dans aucune alliance.
Ni la Hollande, ni la Belgique, ni la Suisse ne consentiraient à renoncer à leur neutralité. Pour longtemps l'Espagne et l'Italie sont hors d'état d'intervenir, avec efficacité et sans danger pour elles, dans les affaires générales de l'Europe ; quant à l'Autriche, nul doute que l'élément germanique qui entre dans la confédération ne maintînt au moins sa neutralité, et que les autres éléments ne refusassent de s'occuper de différends auxquels ils sont évidemment étrangers.
La France serait donc seule, tandis que l'Allemagne ne le serait pas et dès lors les conditions de la lutte seraient les mêmes que celles des diversos coalitions devant lesquelles la France a déjà reculé plusieurs fois.
Et la France serait d'autant plus seule qu'aucun des peuples qui l'entourent n'a souci de changer les institutions politiques qu'il possède contre celles de la France, et que la France, au lieu de les attirer vers elle, même en temps de paix, les repousse par la différence radicale de leurs institutions respectives.
D'où la nécessité pour la France d'une politique pacifique.
Ce n'est pas qu'elle doive renoncer elle aussi à exercer autour d'elle, en Europe, sa part d'influence. Un groupe de 40 millions d'hommes aussi fortement uni, aussi heureusement placé, se compte toujours; mais ce n'est pas par l'offensive, par la violence, par la guerre que la France maintiendra, augmentera cette influence ; c'est en prenant de nouveau en mains la cause de la liberté , en ressaisissant la direction morale de la civilisation en Europe, et la première condition de cette transformation de sa politique, c'est de se transformer elle-même.
Il imporie donc que du principe d'autorité la France passe , sans hésiter et sans espoir de revenir encore en arrière, au principe de liberté; que ses institutions soient animées du même esprit qui anime et soutient celles de la Belgique, de l'Allemagne, de la Suisse, de l'Italie: qu'elle offre à ces divers États cette première et indispensable garantie de son action , et alors cette action reprendra l'ascendant
qu'elle a déjà eu; alors le mouvement unitaire de l'Allemagne rapprochera de la France, par un instinct de conservation inévitable, tous les peuples qu'il pourra inquiéter; certains d'être respectés et protégés dans leur autonomie ces peuples seront les premiers à accepter une influence qui sera la meilleure sauvegarde de leurs institutions intérieures et de leur indépendance nationale.
Des nécessités de cette situation , évidentes pour tous les esprits politiques, des écrivains, des orateurs éminents ont conclu, les uns, que les armées permanentes étaient devenues inutiles; les autres, que l'armée française pouvait subir immédiatement de grandes diminutions.
Il n'y a pas de plus dangereuses chimères pour la société française que celle de la suppression des armées permanentes, parce qu'il n'y en a pas qui puissent lui plaire davantage. Le service militaire n'est plus populaire, et combien peu de Français ont conscience de la nature- du devoir public ! Cet affaiblissement de la notion du devoir public a été déjà signalé comme un des mauvais symptômes de l'état actuel de la France.
Comment espérer la suppression des armées permanentes quand, en Europe, les armées n'out jamais été plus nombreuses, mieux organisées, plus rapidement prêtes à agir, mieux en état de frapper, en quelques jours, des coups formidables? Évidemment,
un tel changement dans la situation de l'Europe ne peut résulter que d'un accord, et cet accord, comment l'imaginer, quand il y a de si grandes différences dans les conditions intérieures, dans le développement historique, dans les destinées des États européens ?
Les mêmes arguments s'appliquent à une diminution immédiate et considérable de l'armée; il faudrait en désarmant ne pas désarmer seuls.
C'est encore dans le principe de liberté que cette question pourra recevoir la solution qu'elle comporte. Quand la France aura ressaisi sa légitime influence sur les peuples qui l'avoisinent, en rapprochant ses institutions de leurs institutions , elle trouvera dans cette influence un légitime accroissement de forces, et cet accroissement l'autorisera à diminuer les siennes. Elle sera alors en mesure d'amoindrir les contingents annuels et de revenir du chiffre actuel de 100,000 hommes au chiffre de la Restauration.
On voit que tout se touche , tout s'enchaîne , tout se tient dans la vie des peuples; l'influence extérieure, la politique extérieure, le développement de la nationalité sont en étroite connexité avec la constitution intime, les institutions politiques.
Et de môme de l'influence extérieure, du développement de la nationalité dépendent réciproquement la situation intérieure et la prospérité des États.
Les institutions politiques de l'Angleterre ont fondé son empire maritime et colonial, — et quelles ressources cet empire maritime et colonial ne met-il pas à la disposition des Anglais? Combien ces ressources n'ont-elles pas contribué à leur prospérité, au progrès de la richesse dans toutes les classes et à leur attachement à leurs institutions?
Qui n'aperçoit combien les Allemands ont intérêt à trancher favorablement la crise nationale qu'ils traversent en ce moment au point de vue du développement de leurs relations commerciales et industrielles?
Quand la Hollande eut vaincu l'Espagne au dixseptième siècle, elle fut récompensée de ses long's efforts, non-seulement par son indépendance, mais par un progrès immense de la richesse publique. Louis XIV ne comprenait rien à la puissance de cette richesse; il n'admit que trop tard pour lui et pour la France que la force de travail, de production et d'expansion des peuples libres est tout autre que celle des peuples livrés aux caprices du gouvernement personnel. Quelques milliers de soldats et de bons marins, bien commandés, admirablement unis, admirablement pourvus tinrent tête aux armées de Condé et de Turenne, et les négociants de Dordrecht et de Rotterdam dictèrent les traités qui permirent au grand Roi de mourir en paix.
La France est dans les mêmes conditions. On affirme que, sous le gouvernement personnel, la richesse
publique s'est développée; cela est exact; mais ce qu'on peut répoudre c'est qu'elle se serait développée davantage avec des institutions libres.
Les peuples ne se rapprochent pas seulement à raison des intérêts matériels; les intérêts intellectuels, moraux, politiques les unissent aussi trèsétroitement, et cette union profite aux intérêts matériels.
Par exemple, la diplomatie française est arrêtée par une question de chemin de fer avec la Belgique. Elle rencontre en Belgique des susceptibilités, des méfiances. Ces méfiances seraient-elles les mêmes si ces deux États avaient les mêmes institutions?
Un exemple plus saisissant, c'est l'expédition du Mexique.
Cette expédition a été l'acte le plus grave du gouvernement personnel. Les assemblées délibérantes l'ont approuvée, l'ont acceptée; l'approbation n'est venue qu'après coup, après que l'on avait engagé la France dans une véritable impasse.
Désastreuse dans ses résultats immédiats, cette expédition a été plus désastreuse encore dans ses résultats indirects. Elle a brisé la vieille alliance, la vieille amitié de la France et des États-Unis.
Qui pourrait admettre que, sur les marchés américains, les produits français n'en ont ressenti le contrecoup et que l'influence légitime, naturelle des idées de la France, de la civilisation française
dans les Amériques , n'en a été douloureusement atteinte !
Le même principe donne à la France la direction de sa politique dans la question d'Orient et dans ses rapports, chaque jour plus importants, avec les peuples d'Afrique et d'Asie.
Cette politique doit être une politique d'émancipation, d'affranchissement, de progrès, de tolérance; elle doit être favorable à l'élément hellénique, parce que l'élément hellénique est encore le seul élément civilisateur en Turquie ; sans lui, il n'en reste aucun autre. C'est dans la Grèce, dans la reconstitution de la Grèce, dans la formation d'une vaste confédération des Hellènes, alliée de la confédération autrichienne, que se trouve la solution de la question d'Orient. Toute idée de convertir les musulmans à la civilisation européenne, en leur laissant le Coran comme critérium de foi et d'intelligence, est une chimère plus impraticable encore que l'abolition des armées permanentes en Europe.
Quant aux relations de la France avec les deux Amériques et les vastes colonies anglaises de l'Asie et de l'Océanie, elles sont subordonnées, dans leur développement futur, au même changement dans ses institutions. En Amérique, la liberté est le principe même de la vie sociale comme de la vie politique, la condition substantielle de la civilisation. L'Angleterre développe le même principe dans ses
colonies; elle a la mission de régénérer l'Inde. Et ce n'est pas avec le principe d'autorité qu'elle entend entreprendre et accomplir sa mission.
Seule , dans l'Europe occidentale , la France ne peut donc, à aucun point de vue, accepter que le principe d'autorité soit et la base de son gouvernement et l'idée-mère de sa civilisation.
Elle est contrainte d'entrer dans le mouvement général des autres peuples et de coopérer, dans la mesure de ses forces, à porter loin d'elle les éléments vivifiants de cette civilisation de l'Europe devant laquelle tremblent, sans la connaître, tous les gouvernements qui en entendent parler, mais vers laquelle, de toutes parts, se tournent, par un instinct providentiel, tant d'iiommes et de peuples qui souffrent encore.
Il faut qu'elle ait sa part dans ce mouvement : il faut qu'en Afrique, en Chine, au Japon, son drapeau soit celui du progrès, de la justice, de la liberté.