‹ Les regicides etude historiqueChapitre 20 sur 22 · FERDINAND II · texte numérisé non relu

FERDINAND II

Sa Majesté Ferdinand II, roi de Naples et des Deux-Siciles, est l’un des défenseurs les plus intrépides du principe d’autorité.

Aussi, comme monarque et comme catholique, a-t-il été attaqué avec la dernière violence par les écrivains hérétiques et révolutionnaires, et désigné spécialement au poignard des assassins des sociétés secrètes.

En 1848, alors que la révolution, un moment victorieuse, se souillait, dans toute l’Europe, des excès inhérents à sa nature, ce souverain la dompta seul.

Ce grand roi vainquit les ennemis de la civilisation, de la liberté et du repos publie, quoique, à Naples, comme partout ailleurs, une partie de la garde nationale ait poussé l’aveuglement jusqu a faire cause commune avec les conjurés.

Sur ce point, force resia au droit.

Après la défaite des conspirateurs, on put connaître leurs projets.

Dans des réunions clandestines, ils avaient décidé l’établissement d’un comité de salut public , la mise à mort du roi, de saTamille, des principaux fonctionnaires publics, des riches et des prêtres.

Ferdinand II, qui, l’un des premiers de tous les princes d’Italie, avait octroyé une Constitution à ses peuples, se montra à la hauteur des événements.

Il dompta la vile multitude des démagogues soulevée pour le pillage et la tuerie ; il la dompta avec le canon, de là le surnom de Roi Bomba qui lui fut donné par les révolutionnaires, — surnom qu’il a vaillamment mérité, et qui est l’un de ses titres de gloire auprès des honnêtes gens de tous les pays.

Plus tard, il donna à S. S. le pape Pie IX la plus respectueuse, la plus noble hospitalité,

Sa chevaleresque et si chrétienne attitude auprès du Saint Père lui gagna le titre de fils aîné de V Église.

Tout cela explique la fureur des révolutionnaires et de leurs hideux complices contre ce roi, ami, protecteur des bons, ennemi, exterminateur des méchants.

Au mois de décembre 1 836, une bande de socialistes, ayant à leur tète un nommé Francesco Bcntivegna, s’abattit sur la Sicile pour l’insurger, s’efforçant de prouver aux populations fidèles qu’elle levait l’étendard de la révolte sous le patronage de V Étranger. Les brigands ne purent entraîner le peuple, et ils furent dispersés, après avoir pillé quelques caisses publiques.

§£ La seule vigueur de l’attitude du gouvernement suffit pour apaiser ce fantôme d’insurrection sans avoir à tirer un coup de fusil et à verser une goutte de sang.

Quelques jours après, un agent des sociétés secrètes, un soldat du nom d’Augusto Milano, tente d’assassiner le roi Ferdinand II en lui portant un coup de baïonnette. Heureusement, le prince voit le régicide, fait reculer son cheval, et la baïonnette, glissant sur le flanc de Sa Majesté, touche la fonte du pistolet contre laquelle elle se force.

L’assassin a glissé, est tombé à terre, et a été arrêté sur-le-champ. Comme on l’entourait : • — « Ne lui faites pas de mal ; livrez-le aux gendarmes, » dit le roi.

Ferdinand II montra, cette fois encore, un courage et un sang-froid admirable. Il fit une salutation de la main à la reine pour lui donner l’assurance qu’il était sain et sauf et fit continuer la revue.

Interrogé, le régicide exprima son vif regret de n’avoir pas réussi : — « Depuis 6 ans, dit-il, je nourris un ressentiment contre Ferdinand IL J’appartiens à la catégorie des insurgés de Calabre de 1 848. C’était mon intention de purger la terre de ce monstre.

Je n’ai pas la moindre intention de révélef les les noms de nos frères qui conspirent comme moi pour débarrasser le monde de ce tyran ; mais l'occasion viendra où leurs poignards nous vengeront tous ! »

Le généreux monarque voulait pardonner à son assassin ; mais tout le monde, dans le palais, et aussi parmi le peuple, qui avait illuminé ses maisons en signe d’allégresse, se récria contre un pareil acte de clémence.

Le roi fit examiner le régicide par un médecin, afin de voir s’il était fou ou non. Mais celui-ci déclara que non-seulement Milano était parfaitement sain d’esprit, mais encore qu’il était doué de beaucoup d’intclligcnae.

11 fut condamné et pendu, châtiment des régicides à Naples.

Il avait 2G ans.

Il ne nous appartient pas ici de raconter la récente expédition dirigée, au mois de juin 1 857, par les passagers révolutionnaires du navire Sarde le Cagliari contre le gouvernement de Sa Majesté Ferdinand II.

Nous renvovons nos lecteurs à l’acte d’accusation publié (février 1858) contre les détenus inculpés dans les événements de Ponza et de Sapri, par le procureur-général près la Cour criminelle de Palcrme.

Nous rappellerons seulement qu'il résulte des lettres saisies, par la justice, que les démocrates insurgés n’avaient aucune chance de rencontrer des sympathies dans le royaume, et que toute la réussite de leur complot était basée sur l’espoir de se procurer des complices en se rendant maîtres des bagnes à Ponza et à Vendoticnnc. C’était

donc à l’aide de ce contingent recruté parmi des condamnés pour crimes, que les chefs du mouvement de Sapri voulaient procéder à la régénération des Deux-Siciles !

Enfin la correspondance des insurgés, agents des sociétés secrètes, se distingue par un grand dévergondage de pensée et de style.

Ce sont aussi des régicides, ces révolutionnaires qui écrivent qu’Augusto Milano « est un héros qu’il faut citer à l’admiration de l’humanité. »

Régicides, hommes impies et sans mœurs, — tous les révolutionnaires sont les mêmes.

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