‹ Les regicides etude historiqueChapitre 3 sur 22 · AV. J.-C · texte numérisé non relu

AV. J.-C

Ce grand homme était empereur de fait, bien qu’il ne portât que le titre de dictateur perpétuel.

C’est pourquoi nous l’avons placé dans cette galerie historique.

César, Julius Cœsar, s’associa avec Pompée et Crassus, et forma avec eux ce fameux trium-

virai qui leur assurait un pouvoir absolu, dont César, du reste, fit un excellent emploi.

Après s’être couvert de gloire par de nombreuses conquêtes, il revint à Rome, qu’il embellit.

Il fit creuser un port à l’embouchure du Tibre, réforma les lois, et créa un grand nombre d’établissements utiles.

Il pardonna généreusement à ses plus grands ennemis; cependant, Brutus, Cassius et leurs complices l’assassinèrent lâchement au milieu du Sénat, le 1 5 mars de l’an 44 avant J.-C.

Le héros tomba aux pieds de la statue de Pompée, frappé de vingt-trois blessures, dont plusieurs mortelles.

La plupart des sénateurs étaient résolus de lui déférer ce jour-là même le titre de roi ou d’empereur.

Brutus et Cassius avaient plus de soixante complices, tous sénateurs ou chevaliers, parmi lesquels il se trouvait plusieurs des plus anciens partisans de César. On vit avee indignation Brutus à leur tête, lui qui devait tout à César, dont il était tendrement aimé.

Certains professeurs et certains écrivains nous ont appris dès notre enfance à honorer tous les

Brutus en général, et particulièrement le Brotus régicide.

C’est là un enseignement déplorable, car il a trop souvent porté, ses fruits de mort.

Est-il rien de plus immoral, en effet, que de faire de la révolte et de l’assassinat une vertu?

Le premier Brutus (L. lunius), était un vil hypocrite ; le second (M. Junius), le régicide, était un lâche et un ingrat.

Il conspira dans l’ombre, contre César qui le comblait de ses largesses, et assassina sans pitié son bienfaiteur.

Il faut apprendre à la jeunesse et au peuple à maudire ces hommes funestes, que les républicains modernes leur disent d’honorer.

C’est principalement par ignorance de l’histoire révolutionnaire que les classes laborieuses prêtent parfois l’oreille aux doctrines infâmes de ces bandits hurlants et féroces, de ces monstres sanguinaires de la Montagne, adorateurs de Brutus, qui osent se proclamer les sauveurs de l'humanité, tandis qu’ils en sont les cruels bourreaux.

Le meurtre de César ne profita pas plus au peuple romain, que l’assassinat de Louis XVI ne profita au peuple français.

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Ainsi il est prouvé que ce furent surtout les ouvriers qui périrent sur l’échafaud révolutionnaire.

Le peuple peut juger, l’histoire à la main, de quel côté sont ses ennemis !

Un très-petit nombre de prêtres, de nobles et de riches fut égorgé par la république; en 93, la plupart des victimes étaient des artisants. Sur trois citoyens que le Comité de salut public faisait guillotiner, il y avait deux ouvriers! Les statistiques sont là qui en font foi.

On croit généralement le contraire par erreur.

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