MARIE STUART
A peine au berceau, et comme par une fatale prédestination, cette femme, aussi intéressante que courageuse et résignée, fut disputée par tous les partis, comme un aliment aux discordes civiles. En effet, son père, mort quelques jours après sa naissance, n’était plus là pour lui servir d’égide. Les Anglais vinrent fondre sur la fière Écosse pour enlever cette enfant et la soustraire ainsi à la fureur des Écossais. Sa mère, inquiète, la cacha avec un soin tout maternel.
Henri VIII voulait la main de Marie pour son fds, et, afin de mieux réussir dans son
projet, il exigeait quelle lui fut remise jusqu’à l’époque où le mariage pourrait être consommé. Prières et menaces, il employa tous les moyens imaginables pour arriver à son but.
Mais la mère de Marie, pieuse catholique, préférait l’alliance française, et obtint des États, 16 février 1548, que la petite Marie fut renvoyée dans la patrie maternelle, c’est-à-dire en Lorraine, pays le plus anciennement allié et le plus fidèle à l'Écosse, pour y être élevée chrétiennement et y être fiancée au Dauphin de France, fds de Henri II, qu’elle épousa, en effet, le 24 avril 1558.
Tout allait au gré des désirs de sa mère. La jeune princesse débarquait quelques mois après sur le sol français. — > Jeune, belle, intelligente, plus même qu’on ne devait attendre d’une jeune fille presque encore enfant, tous les cœurs se tournaient vers elle avec amour et espérance. La cour élégante de Saint-Germain, les fêtes galantes et somptueuses, pouvaient être dangereuses pour cette jeune fille ; elle fut alors placée dans un couvent destiné aux demoiselles de la plus haute noblesse. Là, elle augmenta encore ses charmes naturels par l’étude des arts, de la musique. L’art de versifier la séduisit aussi, et
elle s’y livra avec un abandon bien naturel chez une femme destinée au rôle politique le plus poétique et le plus romanesque des temps modernes.
Veuve à 1 8 ans, après deux années de mariage, Marie s’embarqua à Calais, le 15 août 1 561 , pour retourner en Écosse. En s’éloignant des côtes de France, montée sur la poupe du vaisseau qui l’emportait, elle ne cessait de répéter, les larmes aux yeuxj Adieu, France! adieu ! C’est en ce moment qu’elle fit ce joli poëme, qui commence ainsi :
Adieu, joli pays do France!
O ma patrie,
La plus chérie! etc.
Quelque temps après, elle épousa le jeune seigneur Darnley, qui, plus tard, bien que catholique, se réunit aux calvinistes pour comploter contre Marie, et fit assassiner David Rizzio. Le 15 février 1566, Darnley fut lui-même tué dans les environs d’Edimbourg.
Bothwell, amiral héréditaire d’Ecosse, fut accusé de ce meurtre, puis reconnu non coupable. Marie Stuart l’épousa quelque temps après.