‹ Les regicides etude historiqueChapitre 6 sur 22 · IG · texte numérisé non relu

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Sur ces entrefaites, une nouvelle ligue s’organisa contre elle, ligue puissante qui la vainquit.

Marie, tombée au pouvoir de ses cruels et impitoyables ennemis, fut enfermée au château de Loch-Leven, où on la força de signer son abdication en faveur de son fils.

Étant parvenue à fuir, elle réunit ses amis fidèles, nobles cœurs, dévoués dans l’adversité comme dans le succès, et un instant la pauvre reine parut reconquérir un semblant de puissance, mais ce ne fut qu’un éclair. — La fatalité, qui, toute sa vie, la poursuivait, lui inspira l’idée de se confier à la reine d’Angleterre qui la fit perfidement emprisonner.

Toutes les tentatives de ses dévoués partisans pour la sauver ne firent qu’avancer sa perte. Élisabeth vainquit ces bras dévoués et poussa la cruauté jusqu’à faire périr dans les plus horribles tortures un grand nombre de prêtres catholiques, saints martyrs de la foi, courageux champions de la religion.

Élisabeth n’attendait qu’une occasion favorable de se débarrasser de son infortunée cousine ; le complot de Babington la lui fournit. La noble captive, bien que complètement étrangère à cette conjuration, fut accusée de complicité.

Elle fut jugée par des hommes vendus, et condamnée à payer de sa vie les crimes des autres.

Jamais Marie Stuart ne montra autant de courage que dans ces jours de malheur et d’épreuve; elle entendit avec un calme héroïque la lecture des faits qui lui étaient imputés et la condamnation de mort qui s’ensuivit.

Marie fut forte et intrépide jusqu’au dernier moment ; son courage et sa résignation ne l’abandonnèrent pas un seul instant.

La tolérance protestante lui refusa brutalement les secours de la religion catholique quelle réclamait. Ah! c’est que ces misérables n’en voulaient pas seulement à son corps !

En marchant à l’échafaud, Marie rencontra sir Melvil, son maître d’hôtel :

« Adieu, mon cher Melvil ! lui dit-elle, adieu ! Dis à mon fds qu’il se souvienne de sa mère ; dis-lui que, malgré mes malheurs, je n’ai ja-

mais rien fait qui put porter préjudice au royaume d’Écosse. »

Elle s’avança ensuite d’un pas ferme vers le lieu du supplice, et, repoussant avec douceur les insistances déplacées du doyen de Péterborow, elle s’approcha majestueusement de l’exécuteur :

« Faites votre devoir, mon ami, lui dit-elle,

je vous pardonne et à ma sœur aussi. »

Puis, baisant le crucifix qu’elle avait eu grand’peine à garder, la royale victime se plaça elle-

même sur le billot, et

Elle recevait de Dieu, pauvre martyre, le

royaume que les hommes lui avaient refusé

(18 février 1587.)

L’exécution de Marie Stuart souleva d’indignation toutes les cours chrétiennes. Elisabeth, cruelle et fausse, écrivit à Jacques VI, fils de sa victime, qu’elle était étrangère au meurtre de sa mère.

Elle mentait !

Digiti

Elle-même avait demandé à Davison l’ordre d’exécution, et l'avait signé avec un empressement étrange, en recommandant bien que le grand sceau d’Angleterre y fût appliqué; elle eut même l’infâme courage d’ajouter en plaisantant :

« Portez cette bonne nouvelle à Walsingham ; il en mourra peut-être bien de chagrin. »

Femme sans cœur, sans mœurs, dénuée de tous les sentiments de la nature, elle put, la malheureuse ! faire assassiner sans remords une femme, sa sœur !

Après l’exécution, elle feignit le plus violent désespoir ; mensonge ! mensonge ! Sa dissimulation grossière et maladroite ne trompa personne que Jacques VI, aveuglé par la douleur.

CHAPIT11L V.

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