‹ Les régimes légaux des coopératives en TransylvanieChapitre 13 sur 64 · ENT · texte numérisé non relu

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exagérées, tout a contribué à rendre illusoire l’indépendance politique et économique du peuple, — et DoBROGEANO-GHEREA nous donne un tableau saisissant et trop vrai, dans son livre intitulé « Le néo-servage ». — Il est inutile de récapituler ces tristes feuilles de l’histoire. Qu’il nous suffise de ne pas oublier les nombreuses petites émeutes paysannes et le grand soulèvement de 1907, dont la conséquence fut le manifeste du roi Charles [°° et, par la suite, un certain nombre de lois destinées à relever l’état matériel et moral des petits agriculteurs.

Parmi ces lois figurent : la loi des contrats agricoles, la loi constituant la Caisse Rurale, la loi contre les trusts des fermiers, l2 loi pour l’affermage des propriétés de l'Etat et des institutions de bienfaisance aux « obstii » des paysans, la loi pour le calcul du revenu de la propriété paysanne sur les mêmes bases que celui de la grande propriété pour l’établissement de l’impôt foncier.

Depuis ce temps, les milieux officiels ne cessent pas de s'occuper du mouvement coopératif, qui est considéré dès maintenant officiellement comme capable de contribuer à l’amélioration de la situation du pays.

De plus en plus la liaison de l'Etat et de la coopération devient plus étroite, et il n’est pas de champ d’activité plus vaste que le champ d’activité de la coopération roumaine. (130)

Le développement du mouvement coopératif dans ce temps est considérable, ainsi que le montre le tableau comparatif suivant :

Capital versé

Coopérative Nombre des sociétés Nombre des membres nulles ie (de 1907 1910 1912 1907 1910 1912 1907 1910 1912 Crédit 2.223 | 2.656 | 2.862 | 295.325 |454.187 | 563.270 | 29.877 Consommation 91 276 294 | 3.925 | 11.616 | 13.105 435 | 1.490 | 1.698 Production 13 84 110 404 | 3.591 | 5.656 33 359 699 Forestier 9 86 143 330 | 4.382 | 8.208 49 648 | 1.059 Afferma ven 65 274 389 | 6.359 | 37.564 | 55.707 409 | 1.925 | 3.323 Achat de terre — 8 45 — 919 1.442 — 398 506 Total : 2.401 3.384 | 3.813 | 306.343 | 512.259 | 647.388 | 30.803 | 70.951 | 114.384

(130) C. Georgesco : La réforme agraire en Roumanie. (Thèse, Paris, 1908, p. 220.)

Dans cette statistique, les Banques Populaires sont prépondérantes ; elles correspondent d’ailleurs aux nécessités et aux besoins du pays. En ce qui concerne leurs membres, ces banques se composent à peu près exclusivement de paysans; d’ailleurs, la proportion des différentes classes est la suivante:

BÉVSADS ET RRRNET ALRRELTE 90,9% AUS ARS OR RQ Ders e JEr 2,6% Fonctionnaires nm MT on 24% COMMERCANIST NUS TN 1,8% Prêtres et Instituteurs ........ 15% Grands propriétaires ......... 0,8%

La principale opération de ces institutions consiste à employer leurs fonds, pour subvenir aux besoins des sociétaires en leur accordant des prêts qui s'élèvent, dans l’année 1913, à 149.247.549 lei et se répartissent d’après le but pour lequel on les avait accordé, de la manière suivante:

Pour : Achat de bétail et instruments agricoles, à 35%

REP NA SC OIONLELTES 1 nue 16% AE TT CUS NE RP CI 14% Achat de fourrages et aliments .......... 14% LORS TT RER ME Re 21%

Ainsi les banques populaires roumaines étant mises exclusivement au service de la population rurale, revêtaient un caractère éminemment agricole. Leur développement marque l’augmentation de leur puissance financière et l’emploi de leurs capitaux nous montre quelle est leur importance dans la vie économique de ce temps. Après la multiplication de ces coopératives a commencé leur concentration qui permet alors leur renforcement financier. C’est le 8 juillet 1907 que fut créée, dans la commune de Gaiceana (département de Tecuci), la Banque Centrale Fédérale « Concordia », avec un capital de 50.000 lei, par l’affiliation des neuf banques populaires des localités voisines.

L'autre part de coopérative qui jouait le même rôle important, c'était celles d’« obstii » pour l’affermage de terres, qui ont affermé jusqu’à 1913 une surface de 375.000 hectares, pour lesquelles elles payaient un fermage annuel de 13.500.000 lei; —

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donnant à leurs membres une étendue de terre de 5,15 hectares en moyenne.

Le développement de cette forme de coopératives commence durant la deuxième moitié de l’année 1907, mais il est dû surtout à la disposition de la loi du 10 avril 1909, qui donne l’impulsion aux coopératives d’affermage de terres, qui influence même le développement des coopératives d’achat de terres. Cette loi dispose que les terres appartenant à l'Etat et aux personnes morales ne pourront être affermées qu’à des associations d’affermage. Un semblable avantage a été accordé aux coopératives forestières par la loi du 12 février 1910, par laquelle le ministre de l'Agriculture et des Domaines était autorisé à vendre aux coopératives forestières des petits lots de forêt pour l’exploitation, du domaine de l'Etat.

Le développement rapide de ces trois catégories de coopératives, qui sont d’ailleurs les formes caractéristiques de la coopération du pays, a contribué beaucoup à l’amélioration du sort du paysan et résolu en grande partie la question sociale de la population d'avant la guerre. Leur développement ne cesse pas jusqu’au moment de l’entrée en guerre de la Roumanie, — le 15 août 1916.

La guerre mondiale — avec ses conséquences, — a transformé profondément la Roumanie.

La superficie du territoire du pays est passée de 137.786 km? à 294.967 km?; le nombre de la population, de 7.538.000 habitants à 17.393.000 habitants. (131)

Différents territoires, différents peuples, avec différents développements économiques, juridiques, sociaux, ont été liés dans un cadre commun.

Les peuples des régions rattachées avaient eu une vie coopérative développée, mais étaient très différents en ce qui concerne

(131) Le nombre des habitants, d’après le recensement de 1930, est de 18.025 237. (Géographie Universelle, tome IV, Europe centrale. Paris, 1931.)

leurs passés, leurs caractères, leurs structures. Leur unification demandait du temps, — et surtout beaucoup de prévoyance.

L’unification juridique des coopératives est bien difficile à réaliser. Pour la solution correcte, on demandait un système juridique correspondant à toutes les coopératives des régions. En même temps, on proposait la solution d’un problème depuis longtemps discuté, — l’autonomie de l’organisation de la coopération roumaine.

L’unification économique des coopératives — également difficile — était compliquée encore par un fait imposé impérieusement au gouvernement par les événements passés, et qui comportait la reconstruction économique du pays et la justice sociale du peuple; — c’est la nouvelle réforme agraire.

La réforme agraire était attendue depuis longtemps, lorsqu’au début de 1914 elle fut réclamée par les paysans qui revenaient de la guerre balkanique, mais sa réalisation se trouva imposée par la guerre mondiale. En 1917, le gouvernement, réfugié à Jassy, après la revision de l’article 19 de la Constitution, imposa l’expropriation des grandes propriétés et le partage des terres entre les travailleurs du sol, — aussitôt que les événements le permettraient. Le roi Ferdinand I* chargea le Prof. N. JorGA de rédiger le manifeste relativement à l’expropriation et à la mise en possession des paysans combattants sur le front, manifeste publié dans les journaux « Neamul Romänesc » et « Romänia » le jour de la Saint-Georges, et envoyé sur le front, pendant la défection de l’armée russe qui était sur le front roumain. (132)

Après la rentrée du gouvernement dans la capitale, la décision fut mise en vigueur par le décret-loi N° 3697 du 15 décembre 1918 (133), qui fut refondue dans la grande loi agraire du 14 juillet 1921. (134) (435)

A cette date, la coopération roumaine entre, comme un organe apprécié, dans la vie juridique et économique du pays.

(132) C. C. Damian: Les Banques populaires en Roumanie, p. 79.

(133) Publié par le « Moniteur Officiel », n° 215, du 16 décembre 1918.

(134) Promulguée par le « Moniteur Officiel », n° 82, du 17 juillet 1921.

(135) L. Lazar: La mise en œuvre de la réforme agraire en Roumanie. (Thèse, Paris, 1924, p, 75 et suiv.)

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Le décret-loi attribue à la coopération une activité importante en créant la « Caisse Centrale de la Coopération et de l’'Impropriation ». (136)

Ce décret-loi est suivi de quatre lois, qui tiennent compte de la conformation différente du relief du sol et de l’évolution économique particulière des quatre grandes régions, et mettent en application la réforme agraire dont le but : corriger la répartition de la propriété rurale dans un sens plus conforme à l'équité et aux conditions sociales du pays.

Les quatre lois comportent les généralités suivantes:

1° Seront expropriés intégralement:

a) Les terrains cultivables appartenant au domaine de la couronne, à la Caisse Rurale, aux personnes morales, personnes publiques et fondations;

b) Les propriétés rurales appartenant aux propriétaires absents depuis cinq années au moins, aux étrangers.

2° Seront expropriés partiellement:

a) Tous les domaines au-dessus de 100 hectares dans les régions de la montagne;

b) Tous ceux au-dessus de 150 hectares dans les régions de la plaine où les paysans à « improprier » sont nombreux;

c) Tous ceux au-dessus de 200 hectares dans les régions de la plaine où les paysans à « improprier » ne sont pas nombreux;

d) Tous ceux au-dessus de 250 hectares dans les régions où les paysans ont déjà reçu de la terre.

Quant aux pâturages communaux: expropriation, en cas de besoin des grandes propriétés au delà de la limite de 100 ha.

Quant aux forêts communales: expropriation des forêts qui dépassent 100 arpents dans la plaine et 200 arpents dans la montagne.

3° Le paiement de l’indemnité aux propriétaires expropriés, après la constatation du prix de leurs terres par la Commission Départementale, est effectué par l'Etat, en titres de rente 5 % amortissable en cinquante ans (en Bessarabie spécialement, 40 ans).

(136) « Impropriation » est antonyme du terme « expropriation » et veut dire: Donner à quelqu'un la proprété d’un bien par voie légale,

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4° Comme organe d'application de l’expropriation, la loi crée le Comité Agraire, dominant les commissions départementales de toutes les provinces.

C’est la partie d’« expropriation » de la loi. La partie d’« impropriation », la mise en propriété de la terre expropriée aux paysans, comprend :

1° En général, tous les paysans possédant moins de 5 hectares de terre recevront la portion complémentaire. Ce principe général comporte des différences d’après les régions et d’après les disponibilités de terrains expropriables.

2° Le paiement de la valeur des lots par les paysans « impropriés » — à l'Etat — se fera en vingt ans.

3° Les lots sont inaliénables pendant les cinq premières années.

Cette réforme a profondément modifié la structure agraire du pays. Après la répartition de 6.008.098 hectares entre 1.825.660 paysans, la petite propriété paysanne comprit les 89% de la superficie totale des terres et la grande propriété de plus de 100 hectares n’engloba plus que le reste, 11 %. La Roumanie devint ainsi un pays de petite propriété. (137)

Les conséquences de cette « révolution agraire » apparurent dès les premières années de son application et probablement se manifesteront encore longtemps. Cette loi donne lieu à d’innombrables observations en ce qui concerne les conséquences de l’expropriation. En voici quelques-unes:

l'insuffisance du lot en certaines régions (188) ;

les méthodes imparfaites de la culture (139);

la diminution de la production du pays (140);

le fléchissement de l’exportation du pays (141);

la crise du blé (142).

(137) L’Agriculture en Roumanie. Album statistique de l’agriculture, publié à l’occasion du XIV® Congrès international d’agriculture de Bucarest (7-10 juin 1929).

(138) V. Bergheano: Colectivizarea agriculturii (« Furnica », n° 13, 1933).

(139) L, Lazar : La mise en œuvre de la réforme agraire en Roumanie (Paris, 1924, 10) é 0 V. Bercariu : La Réforme agraire en Roumanie. (Thèse, Dijon, 1928, p. 65.)

(141) M. Cecropid: La loi agraire en Roumanie et ses conséquences économiques (Pars, 1924, p. 90).

(142) G. Seulesco : Coopératives et ententes agricoles pour la vente du blé (Paris, 1931, Introduction).

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Certainement, la loi agraire a omis de nombreuses questions de première importance et créé des situations semblables à celles de la première réforme agraire.

La transition du régime de la grande propriété au régime de la petite propriété a été très brusque, alors que la loi transitoire, dite « loi Garofild », qui visait le fermage obligatoire — une sorte de stage d’éducation du peuple — loi votée à Jassy en 1918, n’a pas été appliquée (143). On a oublié que « la propriété individuelle, comme la liberté, exige un apprentissage et ne peut que provoquer des désastres chez les peuples qui ne sont pas prêts à la recevoir. » (144)

Le législateur ne répara cette omission qu'après douze années. Pourtant le paysan manquait de moyens de culture et n’avait pas la possibilité d’en acquérir. On n’y prêtait pas l’attention à ce moment; c’est seulement après des années qu’une enquête en Bessarabie avait permis de constater que, sur 60.000 paysans dans un département, 35.000 seulement possédaient des charrues de fer; les autres n’avaient que des charrues de boïs, — ou rien du tout. (145)

Cette situation dans l’agriculture indiquait une mission à la coopération roumaine d’après la guerre. Mais, dans cette œuvre, son plus grand obstacle était, cette fois, comme toujours, le manque de capitaux pour aider les paysans. Pour sauver la situation, le gouvernement accordait certaines avances aux paysans. Il chargeait les coopératives de la répartition de ces sommes — mais naturellement sous un certain contrôle.

Peu à peu, l'Etat se mêlait ainsi profondément aux affaires de la coopération, bien que cette intervention du pouvoir public dans les affaires des coopératives soit loin d’être en concordance avec les sains principes de la Coopération. |

Les personnalités marquantes du pays, qui ont dirigé la coopération, ont relevé leur veto. Les coopérateurs ont protesté contre cet état de choses. C’est à cette époque que se réfère

(143) C. Garofild : Le rôle social de la propriété moyenne (Bucarest, 1926, p. 15).

(144) L. Baudin: Le régime des terres au Maroc et la colonisation française. (Revue de Science politique, 1926, p. 196 )

(145) G. I Bàlan: Educatiune agricolà si asociatiile cooperative (« Furnica », 15 Iulie 1933).

l'observation de Charles GIpE : « En Roumanie, la coopération sous la tutelle de l'Etat est devenue une branche de l’administration publique. C’est là un régime tout à fait spécial : il n’y a aucun pays, que je sache, dans lequel la Fédération nationale des Coopératives ait un directeur nommé par le gouvernement et un conseil d'administration dont la majorité est nommée par l'Etat. » (146)

Etant donné les mauvaises conditions dans lesquelles les paysans se trouvaient avant et après la réforme agraire, on admit que c'était même un devoir de l'Etat de suppléer à l’insuffisance des initiatives isolées et d'organiser un mouvement qui, par ses multiples manifestations, poursuivrait le relèvement économique et le développement de la solidarité sociale de la population. Dans ce sens était la réponse du Congrès des sociétés coopératives tenu en 1925 : « L'aide de l'Etat ne fut pas seulement une nécessité pour le passé, mais elle est un devoir pour lavenir. » (147)

On convenait que l'Etat moderne démocratique n’ayant pas de tendances économiques et sociales opposées, l'éducation coopératiste et d'acheminement du mouvement coopératif est peut-être pour lui un devoir.

Cependant, l’autre tendance pour diminuer l'influence étatiste n’a pas cessé de protester. Elle a donné comme premier résultat la loi coopérative intitulée « Code de la Coopération », votée le 12 juillet 1928.

Mais, peut-être, rien ne montre mieux quel rôle important jouent les partis politiques, même dans la vie économique de la Roumanie : c’est que, peu après le début de l’application de la loi qui fut votée par le gouvernement libéral, le nouveau cabinet du parti national paysan fit voter la nouvelle loi sur la coopération, « la loi pour l’organisation de la coopération ».

Cette trop grande immixtion des partis politiques dans les organisations économiques peut devenir facilement dangereuse.

La coopération roumaine n’a jamais cessé d’affirmer son désir de rester hors de ces tendances politiques. La motion du

(146) La Coopération dans les Pays latins (Paris, 1926-27, pages 207-208). (147) Motion votée le premier jour du Congrès (3 janvier 19925).

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Congrès des coopérateurs, tenu à Craïova en 1927, proclamait « la nécessité de conserver la plus parfaite neutralité en face des luttes politiques ».

Grâce à cette neutralité et à cette impartialité, des personnalités marquantes, appartenant à tous les partis politiques du pays (148), ont depuis longtemps collaboré pour le progrès du mouvement coopératif.

C’est seulement très récemment que la vie politique a commencé à s’infiltrer dans la vie coopérative. Ses résultats se manifestent déjà à l’heure présente, — mais contre eux la coopération, comme toujours, proteste même à présent.

Par l’impartialité de la coopération, tous les gouvernements ont reconnu ses mérites et ont assuré son développement. Celuici, après la guerre mondiale et après l'unification des mouvements coopératifs des régions nouvelles, devint si considérable qu’il est à peu près impossible de le comparer avec la situation d'avant la guerre.

Après la guerre, dans le cadre unifié, se placent les coopératives des nationaux minoritaires, qui, tant du point de vue économique, que du point de vue moral, contribuent au renforcement du mouvement coopératif du pays.

Pour se représenter le développement de la coopération roumaine d’après la guerre, nous donnons les tableaux suivants.

(148) Parmi les principaux partis de la vie politique roumaine, on distingue :

Le parti National Libéral — qui était un parti d'évolution de gauche modérée, mais fut poussé de plus en plus vers la droite par les événements politiques d’après la guerre et devint un parti conservateur. Les libéraux ont à cœur de maintenir les institutions créées par eux, de défendre les intérêts de la grande industrie et de la haute finance nationale.

Le parti National Paysan — constitué en 1926 par la fusion de deux partis politiques, le Parti National Roumain de Transylvanie et le Parti Paysan. Le parti ainsi formé est le défenseur des intérêts de la petite propriété rurale, qui, sans prêcher la révolution sociale, préconise des principes assez avancés, pour faire de lui un adversaire redoutable des partis oilgarchiques.

Le Parti du Peuple — défenseur de la propriété moyenne, est composé surtout des anciens combattants groupés autour d'un ancien général de la guerre. C'est le parti qui occupe la place entre les deux partis précités.

Le parti National Démocrate — représente une occidentalisation de la vie politique du pays; il est formé surtout de l'élite intellectuelle roumaine, groupée autour d’un professeur distingué.

A côté de ces partis, il y a encore le parti Social Démocratique, le Parti Paysan, la fraction dissidente du part National Libéral, le parti National Paysan de Bessarabie, la Ligue de la Défense Nationale, la Ligue Agraire et enfin les Partis Nationaux des peuples minoritaires, mas qui n’entrent pas dans les luttes politiques et servent exclusivement les intérêts des peuples respectifs.

Coopérative de NN ES 1921 1924 1927 1930 1931

Nombre des sociétés . 3.956 4.766 4.679 4.742 Nombre des membres : 847.217] 962.515| 994.224! 994.269 Capital verse (149) : 584.03511.265.46511.986.62212.047.315 Réserves à 102.210! -317.52211.005.470|1.171.305 S 498.380! 964.84911.616.557|1.578.062 .59011.552.93613.537.33716.869.18717.103.024

Consommation [Nombre des sociétés .311| : : 2.584 2.250 1.154 1.191 Nombre des membres 96.391| 293.802] 257.592] 138.369| 143.446 Capital versé .236 98.575! 162.530| 116.898 Réserves .707 57.606| 120.619 . 308 Stock de marchandises 1201. 229:5741. 329 151 .100 Chiffre d’affaires .b93| 844.32611.212.441 210 Production 131 139 105 12.184 16.189 14.302 35.667 ; 4.907 43.012 Capital investi k 23.645 57.929 Stock des produits : 15.507 26.533 Chiffre d’affaires : 71.185| 158.938 Forestier [Nombre des socictés......... 347 476 452 233 298 Nombre des membres........ 35.000 57.935 61.754 84.478 31.553 Gépitalversé messes ees.cte 17.877 51.580| 106.892 92.207 77.405 RESerVes ee amants 3.658 46.410] 102.016! 129.704! 130.983 GE DEalinvest ere 26.737| 117.614! 127.596! 139.996! 157.062 | Stock des produits ........... 37.082| 167.168| 227.805| 261.302| 141.798 Chiffre d'affaires ............ 18.680| 235.493| 333.561! 305.582! 197.843 Affermage Nombre des sociétés ......... 125 100 50 42 Nombre des membres........ 18.498 12.079 5.740 3.286 PMR OR ere nd icone 3.251| 3.339] 2.969] 1.410 RÉSen Creer ele era e 5.659 5.797 2911 1.329 Valeur immobilière .......... . 819 857 1.201 584 Produits agricoles en magasin. 4 49 287 62 Terre affermée en hectares.... 47.810 37.181 16.685 5.706 Prix d’affermage payé ....... 13.761 17.246 11.996 4.247 Moyenne d'hectares par membre. 2,58 3,08 2,91 1,74 Moyenne de coût d’affermage par ba. 288 464 719 744 Achat Nombre des sociétés ......... 177 343 191 146 Nombre des membres........ 22.069 35.559 21.232 17,225 CS vera mn tien 70 27.765| 91.057] 49.256] 12.831 RES CRVRS MR RON Eye [Ex 12.780 55.918! 214.446! 129.501 Produits agricoles en magasin . 712 129 1.548 898] Prxid'achatpaye +0. 370.485| 985.005! 778.107| 533.483 Moyenne de terre par membre. 2,71 2,33 2,70 2,46 Moyenne de coût d'achat par ba, 5.690 11.893 13.586 12.593

(149) Les sommes en mille lei.

RCE

La situation des coopératives minoritaires en Roumanie au |’ Janvier 1932

Coopératives Total Crédit Consom‘" | Production Nombre des sociétés ...........,... 549 485 51 1.085 Nombre des membres.............. 135.558| 100.458 5.738331" 241 :749 Capital versé ...............,0 0 57.412 26.786 3.007 87.705 RÉSOIVE reed sermet esse 64.165 24.069 497 88.731 Dépots eee ere te Dre 691.511 — — 691.511 Prêts accordés... 0e doses soie 978.272 — — 978.272 Stock de marchandise.............. — 45.083 98 45.181 Chiffre d'affaires... — 341.088 15.343| 356.431

Nombre total dé toutes les catégories de coopérative ................. 7.582 Nombre total des membres des sociétés ......................:...... 1.447.866 Capital versé des coopérateurs .................................... 2902201 Réserves des coopératives........................................ 1.706.958 Crédits accordés en argent, en marchandises et en produits............ 8.950.590 Chiffre d'affaires den recu etec doses dec esUise 1.107.094

La situation des Banques Fédérales le 1’ Janvier 1933

Capital social propre «see... sessesssesesese 103.366 RÉSEVES er rec on ee Diem en esse eee ce ee een eee 212.888 DÉbotat ere ere rumeur cer dr CCC. CD Cei 85.737 Total des opérations de mandat................................... 1.366.859 Total des opérations de commission ............................... 10.039

— Sur la base de la loi du 22 juillet 1931, le ministère de l’Agriculture crée des associations pour l’amélioration de l’agriculture sous forme de coopératives agricoles destinées à obtenir, dans le régime de la petite propriété, les avantages de la grande exploitation. Depuis l’application de la loi, 303 associations ont été créées, avec 11.600 membres et 892.363 lei de capital versé. (151)

La loi du 9 avril 1931 reconnaît l'existence et autorise le fonctionnement de la Société Coopérative d'assurances « Vulturul », qui, le 1” octobre 1931, reprit son activité avec un capital de 7.213.000 lei. À la fin de la même année, elle avait réalisé un bénéfice net de 211.509 lei. La section de transports maritimes, créée en novembre 1931, dans une saison où la circulation tou-

(150) Dates officielles de l'Office National de la Coopération Roumaine. La situation générale pour 1932 publiée dans la revue « Curierul Cooperativ Romän », n° Ne

(151) « Furnica », n° 5, 1933.

Éd.

chaït à sa fin, couvrit en un peu moins de deux mois. les risques de transport maritime des céréales des institutions coopératives qui ont quitté les ports roumains, pour une valeur de 20 millions de lei.

Les opérations de la Centrale Coopérative d’Importation et d'Exportation englobent: l'exportation des céréales, l’importation des articles nécessaires à l’agriculture, la vente du bois, la participation aux sociétés « Viticola » et « Avicola » pour la vente des vins, des œufs et de la volaille, la fourniture des machines agricoles, l’approvisionnement de l’armée, — son champ d'activité est donc assez vaste. Les moyens nécessaires pour financer les opérations, consiste dans un capital de 5.998.000 lei, majoré d’un fonds de réserve de 7.577.000 lei. Dans son compte de profits et pertes, à la clôture du 1* janvier 1933, le bénéfice net est de 396.000 lei, dont 10% ont été accordés en réumnération du capital et 90% aux ouvres coopératives.

Enfin, le centre financier du mouvement coopératif roumain, la Banque Centrale Coopérative, a un capital social de 981.950.000 lei; les diverses réserves s'élèvent à 698.593.000 lei. Pour l'exercice de 1932, c’est-à-dire en pleine crise économique et alors que la situation est influencée par les mesures d’assainissement des detts agricoles, qui exigent des échelonnements des payements et la réduction des intérêts de 12% à 7%, et bien que pour l’année 1931 1.370.415.425 lei ne fussent pas encore encaissés, il y avait, au 1* janvier 1933, un bénéfice net de 6.729.000 lei, dont le 30% est destiné pour le but de l’éducation coopératiste.

Grâce à ces efforts, il existe dans le pays quatre écoles de comptabilité et d'éducation coopératiste, à Craïova, Chisinau, Lugoj et Ludus, d’où sont sortis jusqu’à présent 3.000 élèves diplômés; l’école pour la formation des vendeurs et des directeurs de magasins coopératifs, à Bucarest; comme établissement supérieur de l’enseignement coopératif, l’« Ecole supérieure de l’enseignement coopératif » de Bucarest, fréquentée par 350 élèves. Enfin, il faut remarquer que l’intérêt montré par l'Office National pour l’enseignement de la coopération, corroboré par l’insistance des coopérateurs roumains, a abouti à la création de la chaire d’histoire et de doctrine coopératiste à l’Académie des

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Hautes Etudes Commerciales et Industrielles de Bucarest et à la création des cours et des conférences coopératistes auprès de la même Académie de Cluj.

Ces œuvres, ces chiffres marquent le chemin parcouru par la coopération roumaine.

Les chiffres statistiques sont ceux du temps présent, d’une époque où l’agriculture du pays, où l’économie du monde traversent une période de dépression générale dans des proportions inconnues ces soixante dernières années. La crise atteint toutes les branches de production, mais surtout l’agriculture et par conséquent tout particulièrement les pays agraires de l'Est et du Centre de l’Europe. La situation est grave et ses causes, profondes. Suivant la constatation de la Conférence économique internationale de Londres, cette dépression est caractérisée par le déséquilibre qui s’est produit entre les prix des produits agricoles et ceux des produits manufacturés. Il se produisait une diminution du pouvoir d’achat des agriculteurs qui à son tour a eu une répercussion sur la production industrielle; la conséquence est le chômage, suivi de la diminution de la consommation, — réduction des débouchés des produits agricoles.

Cette complexité d’aggrave encore en Roumanie. Le revenu de l’agriculture ne fournit plus d’intérêt équitable au travail, au capital, et ne suffit pas pour couvrir les dépenses d’exploitation. On ne peut pas faire face aux charges des dettes agricoles; le crédit est complètement disparu de la vie économique.

La situation a déterminé le gouvernement à avoir recours à des mesures extraordinaires : la conversion des dettes agricoles, ce qui aggravait la situation des institutions financières.

C’est dans cette situation qu’on fait encore appel à la coopération roumaine. « Si l’on veut que l’agriculture roumaine ne tombe pas dans l’anarchie et le paupérisme complet, il faut réaliser plus parfaitement encore le coopératisme dans la vie agraire. On peut affirmer que ce pays ne peut revenir au progrès qu’en lui appliquant le régime qui convient spécialement aux pays de structure agraire et de petite propriété : le régime coopératiste ! » (152)

(152) Conférence du Prof. I. Raducano faite par T'S.F. en Roumanie, le 12 avril 1933, reproduite : Noua orientarea a cooperatiei Române (Bucuresti, 1933, p.932).

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