LA COOPÉRATION TRANSYLVAINE
La Transylvanie, cette magnifique citadelle montagneuse de l'Europe centrale, dont les habitants si longtemps avaient veillé à la paix de l'Occident contre les invasions de l'Orient, n’était qu'une notion géographique jusqu’à la formation de la Principauté transylvaine indépendante; depuis le XVL: siècle, elle fut connue comme une notion historique; depuis le XVII siècle, elle passe comme facteur politique, et ensuite, pendant le siècle dernier, elle est reconnue même comme facteur économique.(153)
Le territoire de la Transylvanie, avec ses bornes montagneuses, s'étend entre le bas et le moyen Danube, la Moldavie et la Valachie d’un côté, la plaine pannonique de l’autre. Un cercle complet de chaînes élevées, les Carpathes au sud, à l’est et au nord, le massif du Bihar à l’ouest, entoure des collines coupées de larges vallées traversées de nombreuses rivières : Somes, Mures, Jiu, Olt. Les sapinières des montagnes alternent avec les champs de blé des plaines, les vieux chalets avec les cheminées des fabriques modernes; — c’est un point pittoresque du globe.
Ce territoire se partage en deux aspects; deux types de pays aussi différents au point de vue physique qu’au point de vue économique, — au point de vue social et même au point de vue éthique : la montagne au relief tourmenté, forestière et pastorale, avec la population roumaine; les collines et les grandes vallées industrielles et agricoles, avec la population allemande et hongroise. Ses trois peuples, quelquefois isolés par petites régions, plus souvent mêlés, vivent ensemble depuis des siècles, comme nous raconte leur histoire, qui se déroulait dans ce magnifique amphithéâtre des Carpathes. (154)
(153) J. Acsàdy : Notre situation économique aux XVIe et XVII® siècles. (Budapest, 1899, texte hongrois.)
(154) Szilàgyi S.: Erdélyorszàg tôrténelme. Histoire de la Transylvanie, (Budapest, 1866 Tome I, livres I et II.)
N. Jorga : Istoria românilor din Transilvania si din Ungaria, (Bucuresti, 1919, T. I,
chap, IL.) G. D. Teutsch: Geschichte der Siebenbürger Sachsen. (Hermannstadt, 1899, T. I,