PREFACE XV
fin dans le mode de délibi'^ratioa le plus mauvais et le plus dangereux ; la séance du 4 août en était la preuve (l).
Tel est Tuniversel et éternel refrain : (( Nous ne sommes pas Anglais et nous n'avons que faire de ce que font les Anglais ! »
Quand Rrissot parlait de constitution, sa phrase familière était : « Voilà ce qui a perdu l'Angleterre ' » Sieyès, Dupont, Condorcet, Garât et quantité d'autres que j'ai connus, avaient précisément la même opinion. « Comment, lui dit un jour Duroverai, feignant de Tétonnement, l'Angleterre est perdue ! Depuis quand avez-vous cette nouvelle, et par quelle latitude s'est-elle perdue ? »
Mais ni Brissot, ni Dupont, ni Condorcet, ni Garât, ni Sieyôs n'en voulaient démordre. Ils niaient 1 histoire, ils niaient rexpérience, eux qui les premiers et pour la première fois, à les en croire, apportaient au monde, avec la Révolution, l'évangile des temps nouveaux où tout serait nouveau ou renouvelé. Sieyôs surtout était terrible, quand il avait un plan : « Ardent et actif dans son parti, il fait plus faire qu'il ne fait luimême... Girardin disait de lui quil est àunparli ee que la taupe est au r/azon : il le laboure et le soulève ». Or, a cette heure et sur ce sujet, il avait son plan : « C était lui qu'on pouvait regarder comme le vrai meneur du Tiers-Etat, quoiqu'il se montrât moins que personne ; mais son écrit sur les Moyens cT exécution, etc., avait tracé la marche de l'Assemblée y> (2).
(t) Souvenirs sur Mirabeau, p. 165.
(2) Ibid., p. 65-66.