IV PU K FACE
rompu par de continuels éclats de rire. Endn, la liesogne faiti» en une heure de temps, nous appelons notre liot^», nous lisons et nous expli({uons notre code, et notre bourgeois, tout enchante' do devenir un personnage» nou^ conjure de lui remettre ce papier, en nous assurant qu'il en tirerait Ikdu parti. Nous aurions bien voulu nous arréti»r un jour pour assister à cette assemblée et voir ces prémices de démocratie, mais nous étions press('*s. (^e qu'il y a de plaisant, c'est qu'arrivant à Paris, nous vîmes bienl<^t dans les papiers publics que l'assemblée de Montreuil avait iini son élection la première, et qu'on donnait de grands éloges à Tordre qu'elle avait su établir.
Ce petit fait n'est pas si insignijiant qu'il paraît d'alwrd : il montre bien l'insouciance ou l'ignorance de l'administration qui, en ordonnant une chose aussi insolite (]u'une élection populaire, n'avait pas pensé à accompagner la loi d'un mode réglementaire qui prévînt la confusion et les disputas (1).
De inèino à Paris, dans les assemblées de sections pour la noininalion des élecleiirs :
Quoiqu'il y eut des ordres pour n'admettre que les babitans delà section, cet ordre fut très peu suivi... Après les premiers momens, on laissa psusser tous ceux qui se présentaient en habit décent. Dans plusieurs sections, on eut de la peine à réunir un nombre suffisant de personnes... J'étais à la section des Filles Sainl-Tlioinas. . . Pendant longtemps, il n'y avait pas deux cents individus. L'embarras de se mettre en action était extrême ; le bruit était aiïreux. Tout le monde était debout, tous parlaient à la fois ; les plus grands efforts du président n'obtenaient pas deux minutes de silence. Il y eut bien d'autres diflicultéssur la manièi'e de prendre les sullrages et de les compter. J'avais recueilli plusieurs traits curieux de cette enfan4*e de la démocratie, mais ils sont à peu près effacés de ma mémoire ; ils revenaient tous à lempressement des
(1; Souveoirs sur Mirabeau et sur les (ieu.r premicres assemblées législatives, pnr Kticnne Diimonl (Ho (àoiiève;, ouvrage posthunn», publié pur M. J.-L. Diival, innnbre du (lonseil roproscntalif <lu canton de Genève ; i vol. in-8% 18îi, Paris, Gosselin et Bossaniçe, p. i»y-3l.