DU POINT DE FUITE PRINCIPAL
Le point de fuite principal P ( que quelques auteurs ont nommé faussement point de vue) , est toujours sur l’horizon en face de l’œil du spectateur; ainsi , lorsqu’on regarde devant soi, la li<>uie droite, qui de l’œil va frapper perpendiculairement sur l'horizon, donne le point de fuite principal. Je le nomme point de fuite principal y parce qu’il est ordinairement le point de fuite des principaux édifices d’un tableau; et lorsqu’on dessine d’après nature, il sert presque toujours de guide pour le placement des points de fuite des différents objets; dans ce cas le point de fuite principal s’obtient exactement; lorsqu’on coifipose , il se trouve ou se place à volonté.
Principe. Toutes les lignes qui vont se réunir au point de . fuite principal font angle droit avec les lignes horizontales;
exemple : Une ligne horizontale étant donnée^ on propose d’en mener une fuyante qui fasse angle droit avec elle.
Fig. 22 et 23. Soit AB la ligne donnée. Du point A mener une ligne AC tendant au point de fuite principal P; cette ligne fera angle droit avec AB. Dans les deux figures on opère de même; seulement dans la figure 22 on mène la ligne de A en P, et dans la figure 23, on la mène de P passant par A, c’est* à-dire que , dans la première de ces figures , elle s’éloigne de nous, et que dans la seconde elle s’en rapproche.
Fig. 24. Lorsque la première ligne donnée ne tend pas au point de fuite principal, ou bien qu’elle n’est pas horizontale, elle tend à un point sur l’horizon qu’on nomme point accidentel; si l’on veut mener une autre ligne devant faire angle droit avec elle, elle devra tendre à un autre point accidentel. Cette figure représente des fabriques vues accidentellement.
Ainsi, je récapitule la direction des lignes formant angle droit et placées horizontalement : 1° si l’une est horizontale, l’autre tendra au point de fuite principal; 2° si l’une tend à un point accidentel, l’autre tiendra à un autre point'accidentel.
Il n’y a qu’un seul point de fuite principal dans un tableau, mais il peut y avoir une infinité de points accidentels.
Le point de fuite principal peut être placé au centre, ou à toute autre place dans le tableau , tout-à-fait sur le coté et même dehors , toujours s’entend sur la ligne d’horizon. J’ai réuni ces exemples différents planche 2, figures 25, 26 et 27. F Le point de fuite principal est au milieu, les deux rangs d’édifices semblent fuir de même ; les grandeurs correspondantes apparaissent égales. 2° Le point de fuite principal est plus de côté, mais de manière à laisser apercevoir les deux rangées d’édifices fuyants. Alors la rangée la plus près du point de fuite apparaît la plus étroite , quoiqu’étant de même grandeur que celle qui lui correspond. 3° Le point de fuite principal est tout-à-fait sur le côté du tableau et ne laisse apercevoir qu’un rang fuyant d’édifice , etc.
Pour obtenir la hauteur apparente de figures humaines placées aux dioers plans d’un tableau.
Fig. 24. Soit donnée la figure DI, qui est placée aujpoint D ; de ce point mener une ligne horizontale jusqu’au bord du ta-
bleau, ce qui donne le point D'; prendre la grandeur de la figure DI et la reporter en la couchant de D' en 1' ; ensuite, faire passer une ligne du point F, rencontre de Thorizon avec le bord du tableau, et par le point 1' ; on a alors deux lignes, Fr et FD’, qui sont parallèles fuyantes puisqu’elles se réunissent à un point de l’horizon; donc, toutes les lignes horizontales contenues entre elles seront de la même grandeur perspective que la ligne D'F, c’est-à-dire égales à la grandeur de la figure donnée. Les lignes parallèles fuyantes D'F, FF forment une échelle fuyante.
Pour placer une figure humaine a un point donné K ^ et trouver sa grandeur apparente.
Du point K, mener une ligne horizontale jusques et comprise dans l’échelle fuyante, ce qui donne la grandeur K', J'. Cette grandeur sera celle demandée, car elle est perspectivement égale à la hauteur de la figure donnée. Donc, prendre la grandeur K' J' et la reporter de K eu J ; opérer de même pour toutes les figures.
Remarque. Je suppose toujours que les figures humaines ont cinq pieds; je les détermine de cette grandeur, sauf à les augmenter ou à les diminer ensuite, suivant le besoin. Les lignes horizontales comprises dans l’écheile fuyante représentent donc des grandeurs de cinq pieds; elles servent à obtenir la grandeur de tous les objets qui entrent dans la composition.