‹ Les regrets, avec une introd., des notes et un indexChapitre 26 sur 32 · CLXX · texte numérisé non relu

CLXX

Ce n'est pas sans propoz qu'en vous le ciel a mis Tant de beautez d'esprit, et de beautez de face, Tant de royal honneur, et de royale grâce, Et que plus que cela vous est encor' promis.

Ce n'est pas sans propoz que les Destins amis, Pour rabaisser l'orgueil de l'Espagnole audace. Soit par droit d'alliance, ou soit par droit de race, Vous ont par leurs arrestz trois grans peuples soubmis.

Hz veulent que par vous la France, et l'Angleterre Changent en longue paix l'héréditaire guerre. Qui a de père en filz si longuement duré:

Ils veulent que par vous la belle vierge Astrée

En ce Siècle de fer reface encor' entrée.

Et qu'on renvoyé encor' le beau Siècle doré.

Muse, qui autrefois chantas la verde Olive, Empenne tes deux flancs d'une plume nouvelle. Et te guindant au ciel avecques plus haulte aile. Vole où est d'Apollon la belle plante vive.

Laisse (mon cher souci) la paternelle rive. Et portant désormais une charge plus belle. Adore ce hault nom, dont la gloire immortelle De nostre pôle arctiqu' à l'autre pôle arrive. /

Loue l'esprit divin, le courage indontable,

La courtoise doulceur, la bonté charitable.

Qui soustient la grandeur, et la gloire de France.

Et dy, ceste Princesse et si grande et si bonne Porte dessus son chef de France la couronne :('i) Mais dy cela si hault, qu'on l'entende à Florence.

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