‹ Les regrets, avec une introd., des notes et un indexChapitre 7 sur 32 · XXIX. -Mju*. "*AoYi^a*^ ti ijB · texte numérisé non relu

XXIX. -Mju*. "*AoYi^a*^ ti ijB

Je hay plus que la mort un jeune casanier, ■■ Qui ne sort jamais hors, sinon aux jours de feste, Et craignant plus le jour qu'une sauvage beste, Se fait en sa maison luy mesmes prisonnier.

Mais je ne puis aymer un vieillard voyager. Qui court deçà delà, et jamais ne s'arreste, Ains des pieds moins léger, que léger de la teste. Ne séjourne jamais non plus qu'un messager.

L'un sans se travailler en seureté demeure, "*;

L'autre qui n'a repos jusques à temps qu'il meure, Traverse nuict et jour mille lieux dangereux :

L'un passe, riche et sot, heureusement sa vie, '■

L'autre plus souffreteux qu'un pauvre qui mendie, S'acquiert en voyageant un sçavoir malheureux. ^

Quiconques (mon Bailleul) fait longuement séjour Soubs un ciel incogneu, et quiconques endure D'aller de port en port cherchant son adventure, Et peult vivre estranger dessoubs un autre jour:

Qui peult mettre en oubly de ses parents l'amour, L'amour de sa maistresse et l'amour que nature Nous fait porter au lieu de nostre nourriture, Et voyage tousjours sans penser au retour:

Il est fils d'un rocher, ou d'une ourse cruelle,

Et digne que jadis ait succé la mamelle

D'une tygre inhumaine (^^): encor ne voit-on point

Que les fierts animaux en leurs forts ne retournent. Et ceulx qui parmy nous domestiques séjournent, Tousjours de la maison le doulx désir les poingt.

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Heureux qui comme Ulysse, a fait un beau voyage, Ou comme cestuy là qui conquit la toison, Et puis est retourné, plein d'usage et raison. Vivre entre ses parents le reste de son aage!

Quand revoiray-je, hélas, de mon petit village Fumer la cheminée (^^), et en quelle saison Revoiray-je le clos de ma pauvre maison, Qui m'est une province, et beaucoup d'avantage?

Plus me plaist le séjour qu'on basty mes ayeux. Que des palais Romains le front audacieux, Plus que le marbre dur me plaist l'ardoise fine :

Plus mon Loyre Gaulois, que le Tibre Latin, Plus mon petit Lyre, que le mont Palatin, Et plus que l'air marin la doulceqr angevine.

LES REGRETS DE JOACHIM DU BELLA't 43

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Je me feray sçavant en la philosophie, En la mathématique, et médicine aussi : Je me feray légiste, et d'un plus hault soucy Apprendray les secrets de la théologie :

Du lut et du pinceau j'ébatteray ma vie. De l'escrime et du bal. Je discourois ainsi, <

Et me vantois en moy d'apprendre tout cecy, Quand je changeay la France au séjour d'Italie.

O beaux discours humains ! je suis venu si loing, Pour m'enrichir d'ennuy, de vieillesse, et de seing. Et perdre en voyageant le meilleur de rrion aage.

Ainsi le marinier souvent pour tout trésor Rapporte des harencs en lieu de lingots d'or, Aiant fait, comme moy, un malheureux voyage.

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