Maison de plaisance construite au xvnc siècle
Celle dernière ne resta pas longtemps à Turin, où les habitudes un peu austères de la Cour ne devaient pas lui plaire. D'après le journal manuscrit de Charles-Félix de Savoie, alors duc de Genevois, l'accueil reçu par Madame et sa suite dut être froid. Le prince, dans ses curieux récits écrits au jour le jour, noie ses impressions sur les princes émigrés et ses jugements ne semblent pas empreints de beaucoup d'indulgence.
La légèreté du comte d'Artois, les incartades de quelques-uns de ses compagnons, et les manières, les façons et les habitudes des familiers de Trianon avaient quelque peu effarouché Victor- Amédée III et sa cour. « Nos gens vont être détraqués 1 », s'était écrié le roi de Sardaigne avec inquiétude. Et, de fait, les mœurs et les usages de Turin ne ressemblaient que de fort loin à ceux de Versailles! Sous la plume de Charles-Félix, on voit défiler successivement les émigrés de la première heure, le comte d'Artois, les Condé, les jeunes ducs d'Angoulème et de Berry, Mesdames, la comtesse d'Artois et enfin la comtesse de Provence. C'est seulement pour ces deux dernières, qui sont ses sœurs aînées, que Charles-Félix se départit de sas jugements quelque peu sévères.